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Rohff : « Les buts de Zlatan viennent d’un autre monde »

En chiffres, Rohff, c'est 20 ans de carrière et plus d'un million et demi d'albums vendus. Pas rassasié pour autant, le MC de Vitry-sur-Seine a récemment sorti l’album P.D.R.G. Un nouvel opus où les références au ballon rond sont encore une fois légion...

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Comment est née ta passion pour le ballon rond ?
En regardant Diego Armando Maradona ! Tous les oncles et les tontons suivaient ses matchs à la télé. On essayait de faire comme lui, des jongles, des petites feintes, des gestes pour impressionner les potes. Je me souviens que, parfois, on passait même des après-midis entiers à seulement faire des jongles. Comme beaucoup de mecs, j’ai grandi en jouant au foot au quartier. Il fallait simplement trouver de la place pour se faire des passes. Après, il y a eu aussi de belles générations que j’ai appréciées avec Van Basten, Romario, Rivaldo, tous ces joueurs qui ont suivi. Avant de venir en France, on jouait au foot aux Comores avec des ballons rembourrés de papier. Ça m’a permis déjà de jouer technique.

Depuis T.D.S.I et ton célèbre « c’est du direct, droit au but comme Trezeguet  » , tu n’as cessé album après album de faire des références au football dans tes textes. Le ballon rond, c’est clairement une de tes sources d’inspiration, non ?
Parce que je suis avant tout un grand sportif. J’aime cela et j’en fais trois-quatre fois par semaine. Tout ce que je pratique comme sport est en relation directe avec l’idée de performer le rap. Quand je fais une phase, une belle punchline ou lâche un bon flow, c’est digne, je ne sais pas, d’un ciseau ou d’un retourné acrobatique comme celui réalisé par Zlatan Ibrahimović lors du match face à l’Angleterre qui est au passage le but le plus spectaculaire que j’aie jamais vu. On a déjà vu des mecs traverser tout le terrain, dribbler toute l’équipe, il n’y a pas de souci. Maradona, Messi ou encore Ronaldinho l’ont déjà fait. Mais ce retourné acrobatique-là… Sentir à l’instinct, anticiper ce que le gardien va faire puis partir dans le sens inverse et sauter au bon endroit, avec le timing qu’il faut, le mec plane ! Il a un Ipad dans le pied ou les crampons, putain. C’est un truc de dingue le mec. Même les plus grands, tels que Zidane, ont reconnu que c’était exceptionnel ce qu’il a fait.

Depuis tout jeune, tu supportes le Paris Saint-Germain. Quels sont tes premiers souvenirs avec le club de la capitale ?
Je suis supporter du PSG depuis tout jeune, depuis toujours. Je n’ai pas attendu les Qataris pour les supporter, je te le dis. Je le dis dans le deuxième couplet de « Paris » , l’un de mes grands classiques, « on supportera le PSG même relégué » . Mes premiers souvenirs, c’étaient à l’époque du Racing où c’était un peu la guerre entre les deux. Puis il y a eu les années avec Weah, Ginola, Rai, Ronaldinho… Tellement de joueurs qui sont passés. On appartient à une génération qui, déjà, a les yeux ouverts et un certain vécu.

As-tu l’occasion de te rendre parfois au Parc des Princes ?
Ça m’arrive. J’ai ma petite place au VIP. J’aimerais bien être avec tout le monde, mais c’est un peu galère (rires).

Quel regard portes-tu sur l’ambiance qui y règne actuellement ?
On va dire que le Parc s’est quelque peu embourgeoisé (rires). Mais on va s’y faire, on va s’y faire, qu’est-ce que tu veux que je te dise. Il faut veiller à ce que tout le monde puisse regarder le spectacle en toute sécurité. Sans qu’il y ait des mecs qui font les malins, gâchent le spectacle et mettent en avant leur côté raciste. Je pense que ce n’est pas une si mauvaise idée que ça. Même si, effectivement, ça paraît moins authentique qu’auparavant. Mais on est là avant tout pour le sport, pour supporter l’équipe. On est tous ensemble dans le même stade. Ça fait plaisir de voir des enfants, des familles. C’est le but de jeu. Paris, c’est une capitale. Cette belle équipe qu’on a désormais, il la fallait pour représenter la Ville Lumière. C’est logique.

L’hymne du club de la capitale n’a pas fait l’unanimité auprès des supporters. Si tu devais leur conseiller un de tes morceaux avant une rencontre, ce serait lequel ?
Mon titre « Paris » , évidemment. Puis, quand tu vas dans des soirées pas forcément branchées hip-hop, ils passent mon morceau. Quand Ibra a gagné le titre de meilleur joueur de Ligue 1 l’année dernière, ils l’ont mis. Le refrain du morceau est connu. Il est puissant, il donne envie et je le trouve vraiment parisien. Certains joueurs m’ont confié qu’il leur arrivait de l’écouter dans le vestiaire. J’aurais vraiment été heureux de pouvoir le chanter en direct du Parc. J’espère que ça arrivera un jour. Je serai fier en tout cas.

Dans ton nouvel album, l’un des titres s’intitule Zlatana. C’est un hommage rendu au fantasque suédois ?
C’est clair que ça lui rend hommage d’une certaine façon. Disons que j’ai pris son prénom et que je l’ai féminisé. Il a inscrit beaucoup de buts avec des ailes de pigeon, le morceau part de là. Mais le thème de la musique aborde les meufs, les michtos qui prennent les mecs pour des pigeons. Zlatan marque des buts en ailes de pigeon alors que la Zlatana, elle, plume les pigeons (rires) ! Ce n’est pas pareil que la Starfuckeuze. La Starfuckeuze, c’est gentil, c’est mignon à côté de la Zlatana. Elle est plus là pour se montrer, plus naïve, plus là pour les stars. Elle t’épuise physiquement alors que la Zlatan t’épuise financièrement !

Le succès du PSG tranche avec celui de l'équipe de France, jugée comme arrogante et encore boudée par beaucoup…
Les joueurs que je regarde, ce sont ceux qui se prennent en main, travaillent, font attention à leur hygiène de vie pour ne pas se blesser, restent discrets et cherchent à être performants. J’aime les joueurs qui font preuve d’humilité et ne se prennent pas pour ce qu’ils ne sont pas encore. Ce n’est pas parce qu’ils marquent un ou deux buts et que ça passe sur Téléfoot qu’il faut aller en boîte le soir-même. On s’en bat les couilles de ça. Quand tu es sportif, c’est déjà une chance de pouvoir être arrivé à un tel niveau. Tant que tu n’as pas soulevé la Champions League ou la Coupe du monde, reste tranquille. C’est mieux de rester humble.

Comment as-tu d’ailleurs vécu la qualification pour le Mondial 2014 ?
J’étais devant la télé. Alors écoute, j’étais content mais je me disais : « J’espère que ce n’était pas un coup de chance  » . L’équipe a montré que lorsqu’elle voulait manger le ballon et ne pas laisser jouer l’adversaire, tout était possible. Benzema marque hors-jeu, mais je lui accorde quand même puisqu’on lui avait refusé un premier qui ne l’était pas. Mais le but est quand même bien hors-jeu hein… (rires).

Dans K-sos Musik, tu lâches : «  J’fais pas de commentaires, j’lève des coupes, fuck Arsène Wenger  » . Sous-entends-tu par là que l’histoire ne retient que les équipes efficaces qui gagnent des trophées, plutôt celles qui pratiquent du beau jeu mais ne remportent pas de titres ?
T’as tout fouillé dans mon album ! (rires). Mais c’est exactement ça. Le football, ça reste un sport de compétition sans relâche. Et les résultats, à terme, l’emportent sur tout. Même sur ta façon de jouer. Ce qui compte, c’est de figurer en haut du tableau et de gagner des coupes. Quand t’es à la tête d’une équipe durant plusieurs années et que tu gagnes rien puis qu’on te voit plus en train de faire des commentaires, tu devrais peut-être faire davantage ça. C’est peut-être ta vocation. Après, je respecte le monsieur, l’âge qu’il a. Ce n’est qu’une phase de rap. C’était aussi une façon de dire : « Moi, je ne parle pas, je fais  » . Des mecs comme Alex Ferguson ou Mourinho qui ont des carrières incroyables se sont fait taper sur les doigts après des défaites alors qu’ils ont gagné des titres. Puis t’as un gars qui gagne rien, fait des commentaires parce qu’on l’apprécie et que c’est l’ancien. À un moment donné, il faut rendre à César ce qui appartient à César, non, franchement ?

Comme dans le rap, d’aucuns affirment que le football était mieux avant. Tu partages cette opinion ?
On va dire qu’avant, il y avait une meilleure mentalité, des mecs qui allaient vraiment au charbon. Je trouve, aussi qu’il y avait plus de phénomènes. Mais, surtout, que les footballeurs avaient une meilleure éducation auparavant. Ça se plaint trop, ça rouspète trop aujourd’hui. Il y a tout de même des jeunes comme Blaise Matuidi qui font plaisir. Le mec est humble, court comme un lion sur le terrain, se bat, a six poumons. Et quand il s’exprime, il communique très bien. C’est un joueur que je suis beaucoup.

Lors des matchs, le public est un élément essentiel et fondamental. Vois-tu des similitudes entre un public rap et un public foot ?
Oui, les deux apprécient ceux qui font la différence. Ceux qui ont un bon comportement digne de leurs performances, ceux qui arrivent à être à la hauteur du joueur qu’ils sont. Par exemple, je suis proche de mes fans. Je sens une vraie cohésion dans mon public. Ceux qui snobent leurs fans dans le rap ne sont pas solides. Ce sont des faibles qui aiment bien faire croire n’importe quoi à n’importe qui. C’est devenu faux-cul, tout pour le paraître. Je n’ai pas été élevé pour ça, je n’ai pas été programmé pour ça. Si je le balade dans la rue à Paris et que quelqu’un veut prendre une photo, il n’y a pas de souci.

Tu dis, dans ton nouvel opus, être «  fou comme Picasso  » . Est-ce qu’il y a un joueur complètement barré qui t’a marqué ?
Fou, c’est un mot injuste pour moi. Mais un mec qui était caractériel et avait de la personnalité, c’était Cantona. Si j’avais le caractère d’un joueur, ce serait le sien. Le mec est encore respecté aujourd’hui à Manchester United.

Et Mario Balotelli, avec lequel tu as récemment fait une vidéo où il te tape au ping-pong…
Mario ne se prend pas la tête. Le gars est un bon-vivant, vrai, il aime bien plaisanter. C’est un bonhomme, il ne se laisse pas faire et on sent qu’il croit en lui. Et c’est un vrai bosseur, plutôt mature pour un mec de son âge contrairement à ce que l’on pourrait croire. Quant au ping-pong, c’est vrai qu’il a gagné, je ne vais pas faire le mito. Il m’a dit : « Je suis sûr que tu leur as fait croire que t’avais gagné !  » . Mais je lui ai répondu que j’avais dit la vérité. Attends, aussi, ça faisait deux ans que je n’avais pas joué… On a commencé à jouer puis je vois qu’il ne rate aucun coup droit, aucun revers. Il a fallu que j’ajuste mon jeu donc ça a pris un peu de temps. Lui, il a commencé direct à m’allumer ! J’ai appelé sa meuf et sa cousine pour leur demander quand est-ce qu’il avait joué la dernière fois. Et elles m’ont dit qu’il avait joué quelques heures avant et hier, alors qu’il me disait que ça faisait longtemps. Il a gagné sept sets mais j’en ai quand même gagné quatre. Ça va, je n’ai pas été trop ridicule…

Tu as le titre de Padre du Rap Game. Mais, dans le football, qui est actuellement le patron ?
Je suis un grand fan d’Ibra. C’est le joueur qui me fait le plus kiffer parce que ses buts viennent d’un autre monde. Sur un coup franc, il t’allume sur le côté ou te l’envoie dans la lucarne. Dans la surface, il te réalise une aile de pigeon improbable. Il te met encore récemment un triplé il n’y a pas longtemps… Après, le plus compétitif dernièrement, c’est Cristiano Ronaldo qui est impressionnant techniquement. Il mérite son Ballon d'or. Mais Franck (Ribéry) le mérite également. Je le connais et après le parcours difficile qu’il a eu parce qu’il été maudit pour moi Franck, je lui donnerais rien que pour la dernière saison de folie qu’il fait. Un autre joueur que je regarde beaucoup, c’est Luis Suárez à Liverpool. Lui, je sens qu’il va faire quelque chose… Je le soupçonne d’avoir un Ballon d'or très prochainement.

Enfin, puisque tu t’y connais bien en punchlines, quel est le meilleur joueur français dans ce registre ?
Patrice Évra ! (rires). Il a battu Domenech, Pierre Ménès, il les a tous battus. À chaque fois qu’il prend la parole, il fait délirer. Il est culotté.

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Retrouvez le Hors Série « Best of Culture » de So Foot, en kiosque dès le 20 décembre.

Par Romain Duchâteau
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