Rodriguez : « Putain, c'était magnifique! »

Aujourd'hui commerçant dans sa ville natale de Bastia, Bruno Rodriguez a un jour été l'heureux buteur du Paris Saint-Germain. Mais de ses six buts avec le PSG, le Corse n'en retient qu'un. Celui contre l'OM un soir de mai 1999. Avant le 36ème « classique » du nom dimanche, l'ex-attaquant revient sur son Paris-Marseille.

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En quoi ce n'est pas un match comme les autres ?


C'est tout le pays qui attend ce match. Il y a juste cette rivalité sportive et cette rivalité au niveau des villes. C'est la capitale contre le Sud. C'est les deux clubs phares du championnat. C'est tout ce qu'il y a autour qui rend ce match si particulier, car le match en lui-même, ça reste un match de football.

Quand on est joueur, comment ressent-on que c'est un match différent ?


Par la presse, l'engouement qu'il y a autour. On sent une attente particulière vis-à-vis de ce match. Les dirigeants nous rappellent que c'est un match particulier pour les supporters, pour tout l'extra-club en lui-même, pour les villes. On ne nous dit rien de particulier, simplement de gagner ce match. L'engagement se fait naturellement.

Un classique, c'est plus du plaisir ou plus de stress ?


En ce qui me concerne, je n'avais pas de stress. Après, on se dit qu'il va être regardé par beaucoup plus de monde. C'est sûr qu'il y a ce truc en plus de se montrer vis-à-vis de toute la France, de l'Europe. Rien que pour cela, on est sur-motivés.

Sur-motivés signifie-t-il aussi plus d'animosité sur le terrain ?


Honnêtement, je pense pas. Quand j'y étais, j'ai pas ressenti ce truc. C'est clair qu'il y avait plus d'engagement. Dès qu'il y avait un petit accrochage, ça prenait plus d'ampleur car il y avait tous ces supporters. Ça criait beaucoup plus. Mais non je ne pense pas qu'il y ait de l'animosité entre les joueurs.

« Les gens m'en reparlent »

En 1999, vous marquez dans les dernières minutes le but du 2-1 lors du classique qui prive l'OM du titre de champion. Quelles sensations vous ont envahi quand vous donnez le but de la victoire dans un Parc des Princes plein à craquer ?


J'étais plus qu'heureux. Je ne pourrais pas expliquer ce sentiment. Parce que moi j'avais une telle fierté depuis tout petit de jouer au Paris Saint-Germain et au Parc des Princes. Après une dizaine d'années sans que le club puisse battre Marseille au Parc, ça m'a fait une joie intérieure que je ne pourrais pas vous exprimer. Mais c'est sûr que quand je monte sur la capitale, les gens m'en reparlent et ça me fait énormément plaisir.

Quand vous y repensez, vous avez des frissons ?


Oui je repense justement à ce match-là. Quand le classique approche, j'y repense. Je me dis ‘Moi j'ai participé à ça'. J'en parle à mon fils, mes enfants. C'est une fierté d'autant plus que mon père est marseillais (Rires).

Vous vous souvenez précisément du but ?


Je m'en souviens comme si c'était maintenant. C'est l'un des plus beaux moments de ma carrière sportive. C'est tout à l'instinct. Je reçois ce ballon entre les deux défenseurs. Je vais fixer Porato. Je fais une feinte de frappe puis un crochet large. Et j'ai plus qu'à la pousser au fond. C'était le seul geste à faire. Mais l'action en elle-même, j'ai pas pensé : « Non, putain et si je marque ? Qu'est-ce que je vais faire ? Mais si je rate, qu'est-ce qui va se passer ? » . Non ! Après que le ballon a franchi la ligne en revanche, c'est un état un peu second. Je sais même pas où j'ai couru. Honnêtement, j'étais tellement dans ce trip là de me dire : « Non, ça y est, je l'ai fait. On l'a fait. On a gagné » . Putain, c'était magnifique.

« Je me fais une infiltration car je veux absolument jouer ce match »

Vous étiez remplaçant. Saviez-vous que vous alliez entrer en jeu ?


Là aussi c'est une histoire. Au départ, j'étais titulaire. Puis dans la semaine, je me suis fait une entorse à la cheville. On va au vert à Clairefontaine je crois. Et je me fais une infiltration car je voulais absolument jouer ce match. Et le coach me dit à ce moment-là : « Bruno, tu es dans le groupe. Tu vas entrer mais tu ne seras pas titulaire » . J'avais un peu les boules.

Vous êtes sur le banc. Marseille mène 1 à 0. Qu'est-ce que vous vous dites ?


On était malmenés. Après il y Marco qui marque, mais je sentais qu'on allait faire quelque chose car on avait un groupe de qualité.

Comment ça se fête une victoire lors d'un PSG-OM ?


Moi vous savez, je suis très famille. C'est vrai qu'on avait à cœur de gagner ce match pour les supporters. On avait passé une saison très difficile et on s'était dit qu'on leur devait bien ça. On a tout fait pour qu'il y ait cette communion avec le public. Avec la saison qu'on a passée, ils ne nous ont quand même pas lâchés. On se devait gagner ce match et on l'a fait. Après, en ce qui me concerne, je ne sortais pas, je ne fréquentais pas les boîtes de nuit et tout ce qui s'en suit. Je suis rentré tranquillement avec ma femme et ma fille. Car mon fils n'était pas là encore.

A l'époque, vous célébriez vos buts en montrant un t-shirt avec la photo de votre enfant. Vous l'avez gardé ?


Bien sûr. Je l'ai encore et je dors encore avec.

Est-ce que ce sont des matchs qui manquent quand on ne les joue plus ?


Oui, car ça reste un match très particulier. On fait ce sport et ce métier –car ça devient un métier à force– pour ressentir ces moments-là.

Un Lens-Lille, c'est comparable ?


Non, ça n'a rien à voir. Enfin pour moi, ça n'a rien à voir. Moi je suis pour Paris bien sûr. Je reste supporter numéro 1 du Paris Saint-Germain donc c'est différent.

En tant que supporter, vous attendez ce match plus qu'un autre ?


Non. De Paris, j'attends du beau jeu et qu'ils soient à leur place, c'est-à-dire en haut du classement. La saison ne va pas se jouer sur ce match.

Votre pronostic pour ce week-end ?


Je dirais un gros 1-0 pour Paris. Ça me suffirait. Marseille revient bien, notamment avec son match en Coupe d'Europe. Mais honnêtement je suis optimiste...

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