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Roberto Donado-digne

Officiellement en faillite depuis trois semaines et en attente d'un repreneur, Parme tente de terminer la saison de la meilleure des manières. Le club peut compter sur son entraîneur qui offre une belle leçon de dignité.

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Parme n'est plus depuis le 19 mars dernier. Son destin dépendra des deux mandataires liquidateurs et des éventuels acheteurs intéressés. On en saura plus d'ici la semaine prochaine, lorsqu'une première enchère sera organisée. Reste qu'il y a une saison à finir dignement. Et de la dignité, staff et joueurs en ont à revendre dans cette affaire, ils donnent même une belle leçon à l'ensemble du football qui les a regardés couler sans vraiment réagir, les taxant de fausser le bon déroulement du championnat. En fin d'après-midi, c'est la Juventus qui vient au stade Ennio Tardini. Bon premier contre bon dernier. 57 points de différence entre les deux et un objectif : réduire cet écart à néant durant 90 minutes.

Un retour en grâce stoppé net


La saison passée fut celle de la réhabilitation pour Roberto Donadoni, qui avait connu jusque-là une trajectoire toute particulière. Propulsé peut-être trop tôt en 2006 à la tête d'une Squadra Azzurra tout juste sacrée championne du monde, il ne vantait alors que quelques petites expériences dans les divisions inférieures et n'avait obtenu des résultats honorables qu'avec Livourne. Bien trop peu pour se défaire de l'étiquette de pistonné. Son ancien pote du Milan Demetrio Albertini avait clairement pesé dans la décision de la Fédération. Les deux se retrouvent d'ailleurs aujourd'hui à Parme. L'ancien vice-président de la FIGC et candidat perdant à la présidence l'été dernier est venu donner un coup de main pour essayer de trouver un repreneur. La présence de Donadoni n'y est pas pour rien : « Albertini est un personnage tellement cristallin, qu'il ne peut que faire du bon travail  » , a déclaré le coach parmesan. Une très belle marque d'estime.

Pour en revenir à ce dernier, donc, une expérience mi-figue mi-raisin à la tête de la Nazionale, mais dont le bilan a été revu à la hausse avec le recul. En revanche, ses passages au Napoli et à Cagliari n'auront pas laissé de souvenirs particuliers. Ce retour en haut de l'affiche avec Parme était donc sa petite revanche personnelle, même si Donadoni ne mange pas de ce pain-là. Polyvalence tactique, une série de 17 matchs sans défaites l'an dernier, la bonne gestion de Cassano, trois joueurs dans les 23 Italiens au Mondial 2014... Et bien sûr, une qualif en Ligue Europa annulée pour les raisons que l'on connaît désormais. Son arrivée dans un top club n'était qu'une question de temps (le Milan ?). Toutefois, Roberto avait enfin trouvé son rythme de croisière et décidait de rester à Parme pour passer un palier supplémentaire. Évidemment, on ne lui avait rien dit sur la santé financière du club.

Force et honneur


Et puis le crack financier, l'incertitude, les salaires non versés depuis juillet dernier, les joueurs qui s'en vont... Les défaites s'accumulent, mais Donadoni reste en place. C'est que les différentes directions qui se succèdent ne peuvent se permettre de le dégager pour des raisons économiques. Lui ne démissionne pas, il ne laisse pas tout le monde en plan comme Ghirardi, Leonardi et Cassano, qui, dans son style caractéristique, l'a attaqué via… le compte Twitter de sa femme : « Je sais que tu as perdu l'occasion de t'en aller avant, et je comprends aussi ton attachement à l'argent, mais quelqu'un voudra bien de toi à un moment ou un autre. » Une provocation qui est passée à des kilomètres au-dessus de la touffe frisée de Donadoni, qui n'a de leçon de dignité à recevoir de personne. Surtout pas de la part d'un mec qui s'est embrouillé partout où il est passé.


Le Bergamasque ne s'est pas caché quand il fallait régler quelques notes de resto et donner des petits coups de pouce ici et là aux personnes les plus en galère. Il a cherché à garder un groupe compact qui le lui rend bien. Nul chez l'Inter le week-end dernier, victoire lors du match en retard contre l'Udinese cette semaine. Quatre points pris sur neuf depuis l'officialisation de la faillite. Parme agonise, mais n'est pas mort. Son capitaine est resté à bord du navire. Pas de Schettino ici, mais un bonhomme droit qui égratigne les institutions du football italien avec les mots justes sans tomber dans le vulgaire, alors que la tentation est grande. « Tant que l'arithmétique ne nous condamne pas, on a le devoir de lutter. » Donadoni le fait, avec les joueurs qui sont restés, une attaque Ghezzal-Coda contre l'Udinese mardi dernier, beaucoup de jeunes issus de la Primavera d'Hernán Crespo sur le banc de touche, mais des prestations qui suivent. « Cela fait quelques semaines que mes joueurs démontrent cet orgueil. Ils ont payé les nombreuses difficultés, maintenant il y a une ligne plus claire qui a apporté de la sérénité. » La Juve est prévenue, Parme luttera jusqu'au bout et ne tombera pas sans combattre.

Par Valentin Pauluzzi
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