Rio Ferdinand, le rêve américain

Après douze années de romance, l'histoire entre Manchester United et l'immense Rio Ferdinand est sur le point de se terminer. Au contraire de la carrière du défenseur, qui pourrait bien rebondir cet été en MLS, afin de continuer à faire ce qu'il aime : du foot et du business.

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« J'ai décidé que le temps était venu pour partir. » C'est par cette simple déclaration, adressée au site internet du club, que Rio Ferdinand a annoncé qu'il ne porterait plus le maillot de Manchester United. « Les circonstances de mon départ ne sont pas celles que j'avais imaginées, mais je veux remercier mes coéquipiers, le staff et le club pour ces 12 années incroyables que je n'oublierai jamais. » Après 454 matchs, six titres de champions, deux League Cups, une Ligue des champions et un Mondial des clubs, le robuste défenseur central anglais, en fin de contrat avec les Red Devils cette saison, ne s'est pas vu proposer de prolongation par ses dirigeants. Il faut dire qu'à 35 ans, les jambes semblent plus lourdes que jamais. Autrefois immense, aujourd'hui décrié, Rio Ferdinand quitte le club par la petite porte, laissant les supporters reconnaissants, mais soulagés.

Direction la MLS

Si le club l'a maigrement remercié en un tweet pour son « service long et distingué » et lui a souhaité « bonne chance pour le futur » , ils sont bien peu aujourd'hui à s'insurger contre une telle décision. Régulièrement remplaçant sous David Moyes, déjà remis en cause sous Alex Ferguson, Rio Ferdinand n'est plus que la moitié du stoppeur qui fut un jour au sommet. Recruté à Leeds en 2002 contre 40 millions de livres, il devient alors le défenseur le plus cher de l'histoire du football. Et ne tarde pas à justifier son prix : dur sur l'homme, intraitable au duel et doté d'une bonne lecture du jeu, il multiplie les victoires et les trophées jusqu'à être nommé six fois dans l'équipe type de Premier League. Associé au roc Nemanja Vidić, il forme pendant plusieurs années la paire défensive la plus admirée de la planète, à même de conduire MU à trois finales de Champions League en quatre ans. Jusqu'au déclin, à partir de 2011, date à laquelle il ne sera plus appelé en sélection d'Angleterre, miné par l'âge et les blessures.

Après avoir participé à une vingtaine de matchs cette saison, toutes compétitions confondues, Rio a un temps pensé à une retraite bien méritée. Il semblerait cependant que sa passion du jeu n'ait pas totalement disparue. Après avoir signé un contrat de trois ans en tant qu'expert chez BT Sport, elle pourrait cet été, selon toute probabilité, le conduire en MLS, où l'attendent déjà ses compatriotes David Beckham et Jermain Defoe. À même de jouer encore longtemps à moindre niveau, le défenseur expérimenté est, à son grand soulagement, la cible de plusieurs écuries américaines : « Je suis en forme, en bonne santé et je veux continuer à jouer. (…) J'ai parlé à plusieurs anciens coéquipiers et ils m'ont tous conseillé de jouer aussi longtemps que je le pouvais. » Selon ESPN, le Spice Boy en aurait même fait sa priorité avec Frank Lampard si la création de son équipe à Miami se concrétise prochainement. L'année dernière, déjà, il avait déjà failli rejoindre le Chicago Fire, avant de rempiler pour une dernière saison au Théâtre des rêves. La possibilité d'un exil doré en Chine ou au Qatar a un temps été évoqué par la presse anglaise, mais le rêve américain de l'ancien défenseur de West Ham tient aussi de considérations beaucoup plus personnelles.

Une fortune de 44 millions d'euros

En effet, en plus d'être un grand footballeur, Rio Ferdinand a toujours été un business-man d'exception. Tandis que ses contrats avec des multinationales comme Nike et Mars lui rapportent au bas mot près d'un million d'euros par an, Rio Ferdinand gagnait cette saison un salaire de 6 millions de livres à l'année, soit 90 000 livres la semaine. Propriétaire du restaurant « Rosso » à Manchester et du label de musique White Chalk, estimé à une valeur de 600 000 livres, le natif de Peckham est un spécialiste quand il s'agit de faire fructifier sa fortune footballistique, évaluée l'année dernière à près de 44 millions d'euros, la seconde du Royaume-Uni derrière Wayne Rooney. Sa plus belle réussite économique à ce jour est d'avoir acheté un grand nombre d'actions chez « Scion Films Sale and Leaseback Sixth Llp ventures » , même si lui parle plus volontiers de son magazine internet #5, qu'il n'hésite pas à mettre en avant sur ses casquettes.

À 31 ans, le défenseur présidait déjà 10 directoires de sociétés diverses et variées, en plus de prendre part à de nombreuses campagnes de charité. On imagine ainsi aisément un emploi du temps chargé, que lui a sur la fin reproché son entraîneur Alex Ferguson. Pas assez concentré sur le football, il a progressivement perdu la confiance du coach écossais au profit de Nemanja Vidić et de… Chris Smalling. En septembre 2010, le journaliste anglais Jason Burst écrivait ainsi, dans les colonnes du Telegraph : « La perception générale, c'est que Ferdinand a perdu son implication au profit de ses nombreuses activités hors du terrain. Les dirigeants de Manchester ont la sensation qu'ils ne peuvent plus se reposer sur lui et cherchent une solution d'avenir. » Le joueur n'avait alors disputé que 13 matchs de Premier League dans l'année, la faute à une vilaine blessure au dos, avant de rebondir et de tenir son rang. Maintes fois vérifiée, son appétence pour le monde des affaires pourrait donc convaincre le vétéran de traverser l'Atlantique afin d'implanter sa marque et d'ouvrir de nouveaux marchés. Avec le maître David Beckham prêt à l'aider dans sa quête, il ne peut pas se rater.

Par Christophe Gleizes
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Dommage qu'il n'ait pu fêter son départ comme il se doit. Sacrée carrière, et la paire défensive formée avec Vidic, à leur summum, c'était un régal.
"Brazzers" ou "evil angel" ?
Même si on ne fait plus trop la différence , avec la couverture alternée , Ferdinand était plus un libéro qu'un stoppeur dans sa manière de jouer ( sa grande force , c'était plus d'anticiper et de couper les trajectoires que le marquage de l'attaquant adverse ).
Pour moi , le meilleur défenseur central de l'histoire de MU (avec Jaap Stam ).
il va se lancer dans la table basse
Gilles de la Kolo Tourette Niveau : CFA
Rio Grande,
mais maintenant Rio dégénère.
Un géant! Respect à lui, il a fait une très grande carrière à United. Pas facile quand on voit la pression qui l'attendait après le montant de son transfert.. à l'époque en plus!
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