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  3. // Marseille/Saint-Étienne

Rien de bien 9 à Marseille

Quatre matchs sans victoire, trois petits buts inscrits et déjà, quelques questions. Après un début de saison canon, l’Olympique de Marseille est en panne sèche au moment d’accueillir une bonne équipe de Saint-Étienne au Vélodrome. Au centre des interrogations, le coaching d’Élie Baup et surtout le poste d’avant-centre, où rien n’a vraiment bougé depuis la saison dernière.

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Dans un football contemporain où l’on aime parler de « latéral moderne » , de défense à trois ou de rôle moins prépondérant de l’avant-centre, le concept de colonne vertébrale fonctionne toujours. À l’IRM, celle de l’Olympique de Marseille souffre d’une sacrée scoliose lombaire. Mandanda, Nkoulou, Romao/Imbula, jusqu’ici, tout va bien. C’est quand on se penche sur la pointe de l’attaque phocéenne que l’ostéopathe tire la gueule. Le cas André-Pierre Gignac est un cas d’école. À Marseille, cela fait trois ans qu’on l’étudie dans tous les sens, sans jamais vraiment trouver de solution. Auteur de trois buts lors des trois premières sorties de l’OM en Ligue 1, l’attaquant phocéen était parti sur des bases honorables. Blessé et absent ce soir face à Saint-Étienne, APG a montré, lors de ses dernières sorties, qu’il n’était pas totalement débarrassé de ses vieux démons. La faute au numéro 9 marseillais, évidemment, mais pas seulement. Certains cas de scoliose sont dus à des soucis neurologiques et sur le Vieux Port, c’est parfois le cerveau de l’OM, Élie Baup, qui inquiète les spécialistes.

Les limites de l’OM

Le rôle du numéro 9, donc. Véhiculée par les cyborgs Cristiano Ronaldo et Lionel Messi, ou encore par l’essor d’ailiers un peu fou, la doctrine contemporaine qui veut que le numéro neuf devienne une espèce en voie de disparition ne touche pas toute la planète foot. Ici bas, dans les méandres du championnat français qui court après Paris et Monaco, pas de trace de doublettes Van Persie – Rooney, Tévez – Llorente, Agüero – Negredo, ou encore de Cavani – Ibrahimović. Ici, c’est Marseille, royaume d’André-Pierre Gignac depuis 2010 et l’abdication du regretté Prince Niang. Arrivé de son fief de Toulouse, APG est, depuis le départ du troubadour Brandão, un leader tyrannique au sein d’une équipe qui se verrait bien en démocratie. Acheté à prix d’or, assez peu performant pour être critiqué, mais suffisamment orgueilleux pour rebondir systématiquement avant que le président ne dégaine le téléphone rouge, l’attaquant phocéen représente à lui seul l’un des soucis majeurs de l’Olympique de Marseille. Capable du meilleur comme du pire, celui qui a planté 35 buts depuis son arrivée sur le Vieux Port alterne entre tout et rien d’une journée à une autre. Tout, comme contre le Paris Saint-Germain la saison dernière. Tout, comme quand il sort l’OM de sa léthargie d’une frappe splendide ou quand il endort la défense d’Évian d’un vrai geste de numéro 9. Rien comme contre Arsenal où il a été plus souvent hors-jeu que dangereux. Rien comme lorsqu’il semble tellement inutile dans le jeu, là-bas, planqué sur son côté gauche, qu’on a l’impression que l’OM joue à dix.

En somme, André-Pierre Gignac est un buteur, mais pas un tueur. Mais comment lui reprocher ? Au vrai, s’il ne convainc pas à chacune de ses sorties, Gignac souffre tout simplement des carences offensives de l’OM. Difficiles à imaginer au vu du dispositif offensif que peut se permettre d’aligner Élie Baup, ces errements persistent depuis le début de la saison. Être capable de coucher les noms d’André Ayew, de Mathieu Valbuena, de Dimitri Payet et de Florian Thauvin sur une feuille de match est une chose. Avoir les capacités de faire de cela une machine de guerre en est une autre. Soyons clairs, si les joueurs cités ci-dessus ne sont pas les galactiques de Florentino Pérez, Marseille tient là parmi les tout meilleurs éléments offensifs de Ligue 1. Simplement, l’OM ne semble jamais jouer en équipe. La vraie bonne sortie du onze phocéen, convaincante sur le plan collectif, cette saison s’est soldée par une défaite, c’était face à Monaco. Là, on a vu les joueurs combiner. Mais depuis, la bande à Mandanda est retombée dans ses travers. Ceux des types menés par un entraîneur un peu frileux, plus à même de sortir le Costa Concordia des eaux comme la saison dernière, que de piloter le zodiaque proposé par Vincent Labrune cette saison.


L’heure de Khalifa ?

Ce soir, Élie Baup va avoir l’occasion de créer un peu. Remplacé par Jordan Ayew face à Bastia, André-Pierre Gignac sera indisponible ce soir face à Saint-Étienne. Auteur d’une entrée très intéressante face aux Corses, Saber Khalifa est pressenti pour prendre la place de l’international français. Cependant, comme Jordan Ayew, l’ancien joueur d’Évian n’est pas un « neuf pur » . Pas très grave à l’époque où APG pouvait être associé à Loïc Rémy en haut d’un 4-4-2, plus emmerdant lorsque l’on sait que Khalifa sera accompagné de deux joueurs qui prennent les couloirs. Toutefois, avec un peu de discipline et en faisant parler ses qualités d’appels et de vitesse, le Tunisien pourrait mettre un peu de pression sur Gignac. Encensés à juste titre pour leur mercato estival, les dirigeants phocéens ont peut-être péché dans ce domaine offensif, en recrutant des joueurs tranchants et polyvalents, mais aucun spécialiste pour donner vraiment du fil à retordre à Gignac. Touché aux adducteurs et absent ce soir, Brandão se marre bien. Depuis son départ de l’OM, il a ramassé une Coupe de la Ligue et a planté 18 buts. Personne n’a fait mieux à Marseille.

Par Swann Borsellino
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