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Ribéry : on l’aime, nous non plus…

Dilemme et paradoxe : la France du foot rechigne toujours à adorer le meilleur joueur français actuel. Et pourtant elle ne compte plus que sur lui pour qualifier les Bleus au Mondial 2014. Difficile rédemption pour Francky…

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Un passif qui ne passe pas…

Décidément, ça coince toujours... Questionnés par Le Parisien sur l’opportunité de confier le brassard de capitaine à Francky dans la petite rubrique « Voix express  » , quatre citoyens sur les cinq de ce radio trottoir s’y sont opposés plutôt vigoureusement (mercredi 4 septembre)… Et pourtant, Ribéry venait tout juste d’être sacré meilleur joueur UEFA 2013, assez largement devant Messi et Cristiano, après une saison quasi parfaite chargée de trophées. Une fierté nationale, en principe. Surtout que ce prix laisse envisager un possible succès au Ballon d'or, après nos Kopa, Platoche, JPP et Ziz. Eh, ben, nan ! Pour l’instant, ça ne passe toujours pas : même si son image s’est améliorée, on lui en veut toujours depuis que Lascarface 2010 a salement brouillé l’image de Ch’ti Franck 2006. En cause : Zahia, Knysna, movida, capitanat et Benzema... On passe sur l’affaire Zahia pour revisiter l’épisode insensé de son passage à Téléfoot au matin de la grève des Bleus en Afrique du Sud : Francky la joue perso et récuse toute jalousie envers celui qu’il appelle « Kourcuff  » (beau lapsus). Dans le livre Tout seul (bouquin pas mauvais), Raymond Domenech le contredira sèchement : « Ribéry n'aime pas Gourcuff, c'est certain. (...) Avant l'Uruguay, j'ai dit à Gourcuff : "Je t'ai confié les clés, à toi de jouer !" Le pire, c'est le regard de Franck Ribéry. Je me fais peut-être du cinéma, mais j'ai vu dans ses yeux la haine, le mépris ou la jalousie. (...) Il est semblable à Anelka et Henry : tout tourne autour de leur nombril. » Problème : la jalousie d’autrefois envers Gourcuff a laissé place à une autre forme de snobisme, celui pratiqué avec Benzema envers Giroud le beau gosse. Pas besoin d’être fin tacticien pour avoir observé que, sur le terrain, les deux compères ignoraient souvent le troisième sur le front de l’attaque. C’était flagrant avant l’Euro 2012… Ribéry est très pote avec Benzema. Une proximité malvenue avec celui qui ne marque plus et qui ne sourit jamais. Mêmes affinités amicales avec Nasri, autre mal-aimé chez les Bleus. Deux amitiés qui font tache aujourd’hui et nuisent malgré lui également à son image…

Il émerge encore de sa personne le souvenir de son désir féroce du brassard de capitaine revendiqué en 2009-2010 avec une insistance dévastatrice chez les Bleus : le capitanat, ou le tout pour ma gueule durant sa période melon XXL. On passe sur les beignes filées à Robben à la mi-temps d’une demie de C1 en avril 2012 (50 000 euros d’amende infligés par le Bayern)… Même son titre de meilleur joueur UEFA 2013 laisse un arrière-goût amer : qui a oublié ses très fortes velléités de départ au Real (pour aller faire la movida à Madrid) en 2009, alors qu’il avait signé pour quatre ans au Bayern en juin 2007 ? La grève de Knysna le fit sanctionner comme l’un des meneurs. Il prit trois matchs de suspension en Bleu. Le mea culpa public qu’il prononça à Clairefontaine à son retour chez les Bleus en mars 2011 n’emporta pas trop la conviction auprès de la France du foot. Une France du foot toujours un peu méfiante vis-à-vis de celui qui fit partie des « caïds » de Knysna, stigmatisés par Roselyne Bachelot. D’un point de vue sémantique, « caïd » renvoie aussi à « caïdat » . Or, Franck « Bilal Yussuf Mohamed » Ribéry est musulman, un truc qui passe aussi à tort ou à raison difficilement dans l’opinion française (cf. Racaille Football Club, de D. Riolo, à lire absolument)… Bref, encore un passif/passé qu’on voudrait oublier. Mais qui ne passe pas. Lisez l’interview édifiante de Jérémy Toulalan dans le France Football du mardi 13 août dernier : pour faire court, il explique son refus de revenir en Bleu à cause, entre autres, du comportement lâche de certains de ses ex-coéquipiers, dont quelques-uns actuellement toujours en Bleu ( « Sur Knysna, tout n’a pas été dit. Ce dont je suis sûr, c’est qu’il y a un mec qui a assumé, et c’est moi. J’ai dit ce que j’avais fait, mais les autres, on ne les a pas entendus. Personne… » ). Attention ! Jérémy n’accuse pas Ribéry. Il révèle simplement que les fantômes de Knysna hantent toujours Clairefontaine. Et inconsciemment, Ribéry (comme Évra) réveille malgré lui les spectres de l’Afrique du Sud 2010…

Les dangers du rôle du Sauveur…

Voilà. Francky demeure un mal-aimé atteint du « syndrome OL » . Rappelez-vous du débat : l’Olympique lyonnais, club mal-aimé du président mal-aimé Jean-Michel Aulas, pourrait-il un jour recueillir l’amour de la France du foot ? On avait parlé d’exploit européen indispensable, à l’instar des Verts 76, de l’OM 93 ou du PSG 96. L’exploit n’eut pas lieu (même la demie en C1 2010 a été oubliée) et l’OL est toujours mal-aimé… Du coup, la voie de la vraie rédemption est claire pour Ribéry : c’est à lui de qualifier les Bleus pour le Mondial 2014. Évidemment, il n’y parviendra pas tout seul. Mais c’est le prix de son rachat en France : un éventuel Ballon d'or ne le rachètera pas assez aux yeux de la France du foot si les Bleus ne se qualifient pas et qu’il ne prend pas une part active à cette entreprise. Plus personne ne croit plus en Benzema : le Sauveur de la Patrie, désormais c’est lui. Et là, danger ! C’est dans ce rôle jusque-là trop grand pour lui que Ribéry a toujours déraillé, qu’il s’est pris pour un autre en déjouant, en étant trop perso. Didier Deschamps l’a bien compris en ne le mettant jamais trop en évidence. Mais c’est bien Francky qui est au centre de toutes les attentions ces jours-ci à Clairefontaine, que ce soit en conf de presse (malgré sa « routourne  » ) ou bien au milieu de ses coéquipiers qui lui ont offert deux maillots bleus floqués n° 7 ( « Kaizer Franck » et «  Nous sommes tous Franck Ribéry » en bavarois !). Ce geste fort pour fêter son titre de joueur UEFA en dit long sur l’allégeance d’un groupe qui se repose désormais entièrement sur lui, qui attend l’étincelle de lui…


On attend donc l’exploit de Francky. On rêve de son duo infernal retrouvé avec Benz, aperçu lors du France-Estonie amical de juin 2010 (4-0), avant l’Euro : doublé de Francky et passe dèce à Karim ! Why not… Mais on le sait, le Ribéry du Bayern qui fait fantasmer la footosphère n’a rien à voir avec le Ribéry en Bleu. Pas la même équipe, pas la même classe. Francky sait mettre le feu dans son couloir (cf. contre l’Allemagne au SdF, contre l’Italie, 2-1, ou en Espagne et son centre pour Giroud, 1-1). Mais ça ne suffit pas. En fait, Ribéry est le symptôme d’une équipe de France malade. Malade de son manque de projet collectif et obligée de se reposer sur les exploits individuels d’un sauveur. Kopa, Platoche et Zidane sublimaient un collectif (plus ou moins talentueux selon les époques, mais homogène tactiquement) pour le porter au plus haut. Ce n’est pas le cas de Ribéry, qui ne peut pas combler à lui seul les insuffisances tactiques des Bleus actuels. Même au Bayern, c’est l’équilibre parfait d’un jeu de couloir monstrueux (Ribéry et Robben, le fameux « Robbery » ) dans un cadre collectif bien défini qui a mis Francky en valeur : outre le collectif fort, Robben est aussi important que Ribéry. Jusqu’au bout des qualifs, les Bleus auront besoin d’un grand Ribéry, meilleur joueur français actuel. On lui pardonnera même, sans doute, ses turpitudes passées. On l’aimera à nouveau… Et ce sera tant mieux pour lui. Mais ce sont peut-être les vertus du collectif retrouvé, plus que ses exploits personnels, qui feront oublier pour de bon tous les mauvais côtés de Lascarface. On lui souhaite qu’il se confonde au sein des Bleus comme Zidane l’était lors de l’Euro 2000 : star et leader sans trop le paraître…

PS : la Coupe du monde 2022 n’aura pas lieu au Qatar

par Chérif Ghemmour
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