1. // Livre de la semaine

Ribéry, côté face

Près d'un an et demi après l'affaire Zahia, et alors que le public commence à peine à solder l'épisode Knysna, Gilles Verdez et Matthieu Suc ont enquêté sur la figure du marasme bleu : Franck Ribéry.

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Le titre donne envie, et la jolie silhouette dessinée au dos ne cache rien de ce qui est promis. La vérité sera courte vêtue et plantureuse. Certes entre l'affaire Zahia et les livres qui se multiplient sur les frasques acrobatiques des héros en crampons, on se doute depuis belle lurette que derrière le brave Ch'ti « bogosse » se cache bien autre chose qu'une success story lumineuse et méritante. Et d'ailleurs, le principal intéressé, toujours volontaire pour occuper le premier plan médiatique à défaut des podiums, a décidé d'apporter son maladroit soutien à cette enquête « non autorisée » , en essayant d'en faire interdire la sortie. Preuve qu'il ne suffit pas de se payer les meilleurs avocats, encore faut-il les écouter. C'est au passage le principal enseignement de l'ouvrage de nos deux « confrères » , qui se révèlent plutôt tendres envers le natif de Boulogne-sur-mer.

Car le petit Franck, tout engoncé dans ses récurrents pétages de plombs et son égo sur-dimensionné, semble surtout et d'abord doué pour s'inventer des difficultés supplémentaires : gestion pour le moins douteuse de l'affaire Zahia alors qu'une ligne « low profil » aurait amplement suffi à le disculper en endiguant le gros du scandale et approche calamiteuse de la communication autour de sa rivalité avec Gourcuff, façon terreur de cours de recré qui cherche absolument à faire dire à son souffre-douleur devant l'instit' que ce n'est pas lui qui a piqué ses billes. Mais pas de révélation ni rien de probant. Des propos très mesurés et des sources souvent allusives (des proches de, des enquêteurs anonymes, des gens de l'entourage, et des journalistes jamais nommés). Les extraits des interrogatoires ne s'avèrent guère à la hauteur de la menace qui pèse sur les profanateurs du secret de l'instruction, sauf peut-être à flatter un certain voyeurisme du lecteur libidineux - Ribéry nie la partouze avec son beau-frère, seulement concède-t-il avoir fait l'amour dans la chambre à coté, comme quoi le respect se niche où il peut -. On est presque rassuré d'apprendre que ce n'est pas sur Zahia que l'attaquant du Bayern avait au départ jeté son dévolue , mais sur son autre « collègue » du voyage en Bavière. Karim Benzema est d'une certaine manière bien davantage égratigné, y compris dans son comportement envers les policiers, dont les propos sont reproduits un peu trop systématiquement comme paroles d'évangiles.

Toutefois, au-delà de ces basses considérations en-dessous de la ceinture, bref du vécu de jeunes footballeurs qui s'amusent comme des riches avec des envies de pauvres, le livre retrouve un second souffle. Il dresse ainsi le portrait d'un groupe, à travers le très « premier degré » Franck Ribéry, d'une génération creuse du foot français qui ne gagnera rien... hormis financièrement, notamment par son jeu pervers avec les agents, autres stars de cette histoire. Une « vague bleue » tristounette qui laissera surement, au contraire des Cantona ou Gignola, un souvenir calamiteux dans l'opinion. N'était-ce pas finalement là le véritable sujet, le drame quasi-shakespearien dont les déboires de « Krank Franck » exhibe aux yeux du public le pathétique théâtre, autant que les formes déjà refaites de la pink panther, du Zaman Café?


A lire : « La face cachée de Franck Ribéry » - Gilles Verdez & Matthieu Suc - Editions du moment.

Nicolas Kssis-Martov

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"Ribéry, côté face"...j'avoue avoir eu un haut-le-coeur en lisant ce titre et une certaine répulsion à vouloir continuer au delà de ces trois mots.

Mais bon, j'aime bien le : "du vécu de jeunes footballeurs qui s'amusent comme des riches avec des envies de pauvres", qui résume bien le scandale.

Et là, alors que je retrouve un semblant d'équilibre gastrique, l'adjectif shakespearien (ou quasi-shakespearien pour être précis), associé au nom de Ribéry, m'a provoqué une autre irrépressible nausée. Désolé.


Par contre Cantona, il n'y a qu'un "n". Quand même.
"Mais pas de révélation ni rien de probant."

Autrement dit, une énième pompe à fric...



"jeunes footballeurs qui s'amusent comme des riches avec des envies de pauvres"

Ça j'aime beaucoup par contre.
C'est écrit par Gilles Verdez? C'est à mettre à la poubelle direct alors.

Heureusement que Ribéry s'est encore fait remarquer grâce à ses avocats, sinon la pub autour du livre aurait été moins alléchante; en même temps lire un livre sur ce blaireau décérébré, ça me tente moyen, autant lire du Shakespeare tiens...
Gilles Verdez ? what the fuck ???

So foot, c'était mieux avant !
Depuis un certains temps, je me rends compte que l'expression clamant que les média façonne l'opinion est à prendre beaucoup plus au premier degré qu'attendu...

Vous pointez (à raison du reste) le côté déplorable du manque de sources dans le bouquin. Et vous, d'ou tirez vous que "le public commence à peine à solder l'épisode Knysna" ??

ça devient agaçant cette façon de dire ce que pense la France du foot en permanence chez la presse sportive!
Ah oui au fait son dernier fils s'appelle Seif el islam.
Le glaive de l'islam.
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