1. // France – Ligue 1 – 7e journée – Gazélec Ajaccio/Rennes

Revoilà Kader Mangane !

L'ancien capitaine du Stade rennais a incarné un temps, et pas toujours à raison, le football bourrin qui a fait la réputation du club breton il y a quelques saisons. Historique premier buteur de l'histoire des Corses en L1 le week-end dernier, Kader Mangane a fait son retour en France cet été et compte bien encore y imposer son style : beaucoup de muscles enrobant un très gros cœur.

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Mi-temps sifflée à Guingamp samedi dernier. Jimmy Briand, qui a offert l'ouverture du score à Privat pour l'EAG, et Kader Mangane, qui a égalisé pour les visiteurs ajacciens, rejoignent les vestiaires sur une franche accolade. Les deux loustics viennent de se livrer un beau duel, qui se poursuivra en seconde période et se terminera par la victoire 2-1 des Bretons, et ce match a été l'occasion pour eux de retrouvailles. Ils partagent une même belle expérience commune du temps du Stade rennais, avec une même grosse frustration qu'ils gardent comme un douloureux souvenir. Celui de n'avoir pas pu participer à la finale de la Coupe de France en 2009, remportée par le voisin guingampais alors en L2. Briand soignait une entorse au genou contracté lors d'un rassemblement de l'équipe de France, tandis que Mangane purgeait une longue suspension, suite à son tacle non maîtrisé qui avait occasionné la grave blessure de Jonathan Lacourt le 21 mars 2009 à l'occasion d'une rencontre entre Rennes et Valenciennes. « On avait déjà des problèmes d'unité au niveau de l'équipe à cette époque, et ces deux absences ont été forcément préjudiciables, estime encore aujourd'hui Guy Lacombe, alors entraîneur des Bretons. Jimmy et Kader faisaient partie des joueurs de base, sans eux ce n'était plus la même dynamique… »

« Des propos malveillants »


Regrets éternels de l'une des plus belles moustaches du football français, découvreur de talents qui avait décelé chez Mangane le potentiel d'un grand défenseur central, alors que le Sénégalais avait débuté en pro en Europe au poste de milieu récupérateur, d'abord en Suisse puis une saison à Lens, avant qu'il n'arrive à Rennes en 2008. « Oui, c'était une bonne idée de le replacer, dit l'actuel membre de la DTN sans fausse modestie. Bien sûr qu'il pouvait jouer en 6, même en 8, mais c'est à l'arrière qu'il est le plus précieux, car c'est un excellent relanceur et un garçon intelligent qui a vite appris les réflexes du poste, qu'il n'avait pas à la base. Il a bossé très dur. Son association avec Petter Hansson était excellente. » Et un brin rugueuse, au point parfois d'attirer les moqueries et de symboliser un temps ce que fut le Stade rennais de l'époque pour une bonne partie des observateurs de la L1 : une équipe de gros bourrins. Une caricature qui reste encore aujourd'hui à l'esprit de beaucoup malgré le changement de stratégie dans la politique du club. Et autant, il faut bien reconnaître qu'il y a malheureusement eu un avant et un après 21 mars 2009 pour la victime Lacourt, dont la carrière a été considérablement freinée par cette blessure, autant il est nécessaire de considérer que le bourreau d'un soir a aussi beaucoup perdu dans l'affaire, à commencer par de la confiance et de l'estime pour lui-même. Témoin des faits, Lacombe se souvient de son protégé, « très perturbé par tout ce qui a pu se dire sur lui alors. Il y a eu des propos malveillants sur son jeu, son physique, qui l'ont beaucoup touché. Il a manqué de retenue sur une intervention, et le pire, c'est que ça a été pour blesser l'un de ses meilleurs amis (Lacourt et Mangane se sont connus à Lens, ndlr) ! C'est incroyable une chose pareille, ça change une vie… »

« Envie de revenir en France »


S'il a par la suite réussi de belles choses à Rennes, au point d'hériter du brassard de capitaine laissé vacant par son ancien complice de la défense Peter Hansson, le grand gaillard sénégalais a semblé définitivement marqué par cet épisode et la suspension qui a suivi. « Il était à l'orée d'une grande carrière, c'est évident, juge encore Lacombe. Il avait la prestance, une belle personnalité… Mais c'était aussi un père de famille qui a fait ses choix. » Dont celui de mettre les siens à l'abri financièrement en acceptant un juteux contrat en Arabie saoudite en 2012, à l'invitation d'Antoine Kombouaré, éphémère coach d'Al-Hilal. La suite n'est pas très glorieuse : un échec en Premier League avec Sunderland en 2013 (alors qu'il avait failli signer à West Ham un an avant), une expérience mitigée en Turquie et un retour en L1 en catimini cet été, chez le petit promu ajaccien. « J'avais envie de revenir en France, tout simplement, commentait-il ces derniers jours dans un entretien accordé à 20 Minutes. Le Gazélec m'a ouvert ses portes (…), le challenge me tentait, et aujourd'hui, j'ai la chance de rejouer. Je viens d'enchaîner trois matchs, donc je ne peux qu'être content. » Content aussi, son ex-entraîneur à Rennes : « Je suis même ravi de son retour, j'aime beaucoup le joueur, mais j'aime surtout l'homme. Sa sagesse et son expérience sont des atouts incontestables pour aider son équipe à lutter. » Après tout, il n'est jamais trop tard pour reprendre le fil d'une carrière, même à 32 ans.

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Par Régis Delanoë
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Cheric Zghemmfour Niveau : CFA
Comment ça m'énerve tout les "records" ou "premières" inutiles.Premier buteur du Gazelec Ajaccio dans l'histoire de la Ligue 1...waw !

Premier buteur âgé de 17 ans,18 ans,20 ans,35 ans...premier buteur issu du continent océanien...premier buteur dans tel nouveau stade...premier buteur depuis le départ d'untel...mais bouclez-la.
Note : 2
ANNONCE

Si des ajacciens pouvaient prendre en otage Philippe Montanier et ne jamais le relâcher, le faire disparaitre dans le maquis ou les calanques de Piana, je sais pas.

On vous offre volontiers les trois points.

Merci de votre attention
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