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Reviens Ti Franck !

La France a fait de Ribéry son leader. Aujourd'hui, Lascar Face cumule les mauvais choix sur et en dehors du terrain, et la France peut s'en mordre les doigts. En espérant pour elle qu'il ne soit pas trop tard.

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« Un jour, on a fait la betise de dire que c'était le cerveau de l'équipe, et depuis, il le croit » . Dans sa chronique publiée dans le quotidien La Dépêche du Midi, Just Fontaine n'y est pas allé de main morte avec Franck Ribéry. « Il en dribble sept, mais le huitième lui prend le ballon » . Le pire, c'est que ce bon vieux Just a raison. Ribéry fait n'importe quoi. Lors de la dernière Coupe du Monde, en 2006, il n'était encore qu'un tube de l'été. Une belle histoire, parfaite pour TF1 et les Footix, une fable comme la Phrance aime se les raconter. Une sorte de Valbuena du Nord, une pochette surprise aussi jouasse que balafrée. Une mascotte quoi. Ch'ti Franck. Pareil pour le joueur. Un accélérateur de particules, un dribbleur fou, un petit chiot lâché sur le pré à qui on donne un côté comme terrain de jeu. Côté droit, côté gauche, à l'époque, Ribéry s'en fout ; tout ce qu'il veut, c'est remuer la queue, courir et aller chercher la balle que lui lance Zidane. C'est bien, tout le monde est content. En 2006, Ribéry était encore Ti Franck, ça lui allait très bien. Et à nous aussi.

L'ami Ribéry est tout sauf un meneur de jeu, un cerveau, un joueur qui fait briller les autres, un catalyseur comme pouvait l'être Zidane ou devrait l'être Gourcuff. Ribéry, c'est un joujou sur son côté. Une friandise. Un mec qui percute bille en tête, n'importe quand et un peu n'importe comment. La tête la première, le gars prend des risques, c'est son rôle. Au pire, il perd des ballons, et le reste de l'équipe rattrape ses conneries ; au mieux, il crée des décalages, et le reste de l'équipe peut alors en profiter. C'est frais, un peu risqué mais divertissant, et surtout ça peut payer quand les grands sont bloqués, quand les blocs équipes s'annhilent. Là, Ribéry, tout ce qu'il apporte, c'est du bonus. Et ça peut être un sacré bonus, ça peut même être décisif. Mais en aucun cas il ne doit réfléchir. Son jeu, c'est d'y aller tout en bêtises, insouciance, animalité. Cours Forrest, cours.


Aujourd'hui, Ribéry est devenu le leader offensif des Bleus. Et ça ne va plus du tout. Si par leader, on entendait éventuellement joueur au plus gros volume de jeu, dans le sens où l'ailier est celui qui crée le plus de différences, passe encore. Mais si par leader, on entendait meneur, chef, cerveau, comme l'a dit Just, c'est une connerie, et puis alors, une belle. Ribéry, lui, a compris le message comme ça l'arrange. En clair, il fait sa star. Alors si en langage "franckribéry" faire sa star voulait dire montrer l'exemple, jouer pour les autres, cacher ses vices et accepter de se faire passer pour l'ami des poissons rouges (jurisprudence Yazid Zidane), passe encore. Mais en "franckribéry", faire sa star ça veut dire demander son transfert tous les six mois, simuler des blessures, bouder et se faire gauler quand on va aux putes. On a la star qu'on mérite. Et sur le terrain, son jeu n'a pas changé d'un iota. Ribéry n'est pas devenu meneur de jeu pour l'ombre d'un sou, et joue toujours aussi simplement (je prends la balle, je cours, je vois ce qui se passe après). Au moment-même où les Bleus ont le plus besoin de lui, ça tombe mal. Mais quelque part, c'est bien fait pour la France, qui se retrouve prise à son propre piège. Parce que franchement, quelle idée d'avoir fait de ce Ribéry un chef ? Mais encore plus bêtes que lui sont ceux qui ont voulu en faire un leader...

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