Réveillère, une revanche sereine

Certains ont voulu le faire passer pour un bizut. Premier retoquage. D'autres ont voulu le faire passer pour un éclopé miraculé. Deuxième retoquage. Pas vexé mais presque, Anthony Réveillère a -quand même- répondu aux questions convenues, mercredi, lors d'un point presse. Un grand moment qui ne marquera pas l'Histoire.

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Il reprend un journaliste impoli en riant. Il gagne un point. Anthony Réveillère a cette image du mec sympa qu'on accorde aux malchanceux qui s'accrochent. Il ne fait partie ni des favoris, ni des détestés. Il fait son taf comme où on lui demande de le faire. Et c'est déjà pas mal.

Après l'équipe de France, ce sera au tour de l'OL de venir profiter de l'air tignard. Le défenseur lyonnais n'aurait donc, dans tous les cas, pas échappé à sa semaine en altitude. Mais la passer avec les Bleus lui confère une saveur plus sucrée. Il y a encore deux semaines, le défenseur faisait comme tout le monde : des pronostics. « C'est plus via la presse qu'on parlait de tel nom, tel nom, que tout le monde faisait un peu ses pronostics, justement, sur les sélections, sur les 30. Enfin, c'était plus sur les 23 à la base... Moi, c'était toujours dans un coin de ma tête donc après, on attendait. Il y a eu une belle saison de la part de l'Olympique Lyonnais, notamment en Ligue des Champions qui faisait que, bon, on pouvait croire à une place dans les 23 » , se rappelle-t-il.

Résultat des courses, il obtient une place. Dans les 24. Et c'est là que la saveur devient plus amère. Parce que si Raymond Domenech dit connaître le nom de celui qui repartira de Tignes oxygéné mais seul, il ne l'a pas encore révélé à l'intéressé. Du coup, les joueurs ont beau aller aussi vite qu'ils veulent sur leur tricycle autour du lac de Tignes, l'épée de Damoclès les suit partout et frôle les bonnets des pré-sélectionnés. Réveillère a fait ses calculs, évidemment : « Tout peut arriver. On est 24, il y en a un qui devra partir et ce sera douloureux. J'évite d'y penser » . De penser au fait qu'il pourrait bien passer, une deuxième fois, a rien d'une Coupe du Monde.

Mission : assurer

Bref, ce qui est sûr, c'est que Réveillère prend sa pré-sélection pour « une belle revanche. Et puis, dans un second temps, une belle récompense » . Dans les dents, « les mauvaises langues qui disaient qu'[il n'allait] pas retrouver [s]on niveau » , même si « à l'époque, [il] comprenai[t] un peu les sceptiques » .
Son challenge, maintenant, est de prouver qu'il n'est pas à Tignes une semaine plus tôt par hasard. « J'ai envie de me fondre dans le groupe, a-t-il dit, original. Je connais l'équipe de France, je connais la plupart des joueurs. C'est la Coupe du Monde, c'est vrai que ça fait un moment que je suis pas revenu. Maintenant, j'ai envie de savourer, de m'investir à 200%, de bien me préparer. C'est quelque chose que je vis très bien. Après, c'est peut-être dû aussi à mon expérience » .

A trente ans, le latéral droit tient aussi à rappeler qu'il n'est pas né de la dernière neige : « J'ai cinq sélections, j'ai connu aussi pas mal de convocations, notamment avant la Coupe du Monde 2006 » . Des convocations rendues infructueuses "Coupe-du-Mondialement" parlant à cause d'une jambe en mousse. Confessions : « Je me suis blessé en janvier, la reprise. J'avais rechuté au mois de février. Donc j'avais eu une fin de saison difficile et la Coupe du Monde, même si j'avais une chance parce que j'avais participé quand même pendant un an, un an et demi aux matches de qualif, j'avais un espoir. Et c'est vrai que le fait de s'être blessé à ce mauvais moment et puis d'avoir eu des difficultés à revenir en club, pour moi c'était un regret » .

Même s'il avait tourné la page à l'époque, pour vite passer à autre chose, Anthony Réveillère a pris l'annonce télévisée du messager Domenech comme une bénédiction. Une deuxième chance à ne pas laisser passer. Et si, pour ça, il doit aller dormir sur un glacier et enfourcher son vélo sous 4 degrés, il est d'accord : « Il y aura une préparation qui montera en puissance. C'est bien de faire d'autres activités que le football. Ça permet de couper un petit peu. (...) Ce stage va permettre de faire un point, savoir où tout le monde en est sur le plan physique » . A 22 jours du Mondial, c'est effectivement une bonne idée.

Noémie Pennacino

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