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Retour sur terre pour Gignac

Arrivé comme dans un rêve au Mexique, le nuage sur lequel était posé André-Pierre Gignac s'est envolé. Dédé doit revenir à la réalité : la Concacaf Champions League et la ligue mexicaine. Le rêve s'appellera peut-être, ensuite, Mondial des Clubs.

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Voilà, c'est fini. A peine est-il arrivé qu'André-Pierre Gignac voit se refermer devant lui un chapitre qui avait tout pour être le plus exaltant de sa vie chez les Tigres. Et qui le sera peut-être, malgré un dénouement adverse au sein d'un Monumental noyé sous le déluge. Car, depuis un mois, le Français est passé d'El Loco à la vida loca, en se prenant de violents shoots d'adrénaline à une cadence infernale : de sa première en demi-finale aller à Porto Alegre, à l'entrée apocalyptique concoctée par les supporters de River Plate mercredi soir, en passant par son but au Volcan face à l'Internacional de Charles Aranguiz. Remporter la Libertadores, être l'homme qui ferait gagner le prestigieux trophée pour la première fois à un club mexicain, est une perspective qui n'a pas dû être neutre au moment de définir son futur pour André-Pierre Gignac. Mais comme avec Marseille la saison dernière, Dédé a côtoyé les cimes avant de déchanter. La Coupe de la Ligue reste le dernier trophée qu'il a pu lever.

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Face au marquage musclé de Jonathan Maidana, APG a souffert à l'aller comme au retour. Chaque football a ses caractéristiques, et Gignac n'a pas eu le temps de s'adapter à la rudesse argentine. Il aurait toutefois pu se muer en héros si Rafael Sobis n'avait pas gâché son service cinq étoiles au quart d'heure de jeu. Lancé de suite dans le grand bain, l'ex-Marseillais n'a pas eu le temps de prendre ses repères. En pleine période d'adaptation, l'ex-Marseillais va encore découvrir une nouvelle compétition dès dimanche. Il devrait faire ses débuts en LigaMX face aux Chivas, dans un championnat « plus lent que la Ligue 1 mais pas forcément facile » comme nous l'a déclaré l'ex-OL, César Delgado, passé par les Rayados Monterrey et Cruz Azul. Sur le très court terme, APG n'est pas parvenu à faire franchir un cap à son généreux nouvel employeur, même si son but en demi-finale a pesé lourdement dans la balance pour offrir la première finale de Copa Libertadores de son histoire aux Tigres. Reste qu'entre sa grosse prise française et cette finale au Monumental, le projet « d'internationalisation » des félins a bien avancé. Jamais l'on avait autant parlé des Tigres en dehors des frontières mexicaines.

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Gignac n'a pas changé la donne. « Pour le Mexique, la Libertadores est une mission impossible » a titré jeudi, le quotidien Record. « Il a manqué du savoir-faire dans la gestion du match, du caractère, de l'audace tactique, l'efficacité des recrues… ce sont pas des Tigres mais des poules (jeu de mot avec gallina, le surnom péjoratif des joueurs de River) » a taclé le media mexicain. Autrement dit, les Tigres, malgré leurs étrangers, Gignac, mais aussi Arevalo, Guzman, ou Sobis, ont récité le tragique scénario que répètent inlassablement les équipes mexicaines lors des matches décisifs. Sur le papier, les auriazules avaient pourtant tout d'un vainqueur de la Libertadores, mais ils n'ont pas su répondre au défi physique et tactique des hommes de Gallardo, dont le caractère en acier trempé pouvait rappeler celui de l'Atlético Madrid de Diego Simeone, lui aussi passé par le banc de River Plate (2007-2008). Au total, un seul tir cadré a été décompté pour les Tigres lors de la finale. Les Mexicains ont pourtant disposé à l'aller comme au retour des meilleurs opportunités, mais ont payé un mal endémique de leur football, celui de la passe de trop. Au terme de la rencontre, les fans de River s'en sont donnés cœur joie sur les réseaux sociaux en comparant la finale sans éclat de Gignac au passage éclair de Daniel Osvaldo par Boca, vendu à son arrivée, en février 2015, comme l'homme qui allait changer la face des Xeneizes, et déjà reparti sans gloire. 


Objectif : le Mondial des Clubs


Pour Gignac, comme pour les Tigres, le rêve de la Libertadores s'est envolé. A jamais ? Peut-être, car les félins ne reviendront pas batailler sur les terrains hostiles d'Amérique du sud avant 2017, au mieux. Pour participer à la Ligue des champions de la Concacaf, tournoi qui vient de débuter et dont le calendrier se chevauche avec celui de la Libertadores lors des premiers mois de 2016, les portes de la prochaine édition leur sont déjà fermées. Aussi faible soit son niveau, la Concachampion's constitue pourtant une priorité pour les Tigres, car son vainqueur reçoit un billet pour le Mondial des clubs. A défaut de pouvoir rivaliser, les Auriazules veulent au moins côtoyer le gotha. Mais avant de se projeter sur une hypothétique présence au Mondial des clubs, le Français aura trois championnats du Mexique, compétition qui s'étale sur six mois, à disputer. Le dernier tournoi court remporté par les félins remonte à 2011 (torneo apertura). Donner un quatrième titre de champion aux Tigres est le nouvel objectif pour Gignac. Bien moins exaltant que de remporter une Libertadores au Monumental.


Par Thomas Goubin, au Mexique
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