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  2. // Atletico/Fulham (2-1 ap)

Requiem for a dream

Tout le monde fait un rêve. Mais tout le monde se réveille à un moment ou un autre. 23h10, le réveil de Fulham sonne, et Forlan donne l'avantage à l'Atletico. Réveil brutal pour les Cottagers, mais défaite pas forcément illogique. La presse anglaise aura au moins aimé l'histoire.

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Personne n'attendait Fulham à ce stade la compétition, pas même les Anglais, qui pensaient plutôt rêver d'Europe à travers les parcours d'un Chelsea, d'un Manchester, d'un Arsenal ou d'un Liverpool. Mais tour à tour, les grosses écuries de Premier League se sont crashées en Champion's league.

Pour le Sun, la « story of the season » en Angleterre était bien le parcours de Fulham en Europa league, histoire dans laquelle « les frères d'armes d'Hodgson » ont rendu fier « tout un pays » . Le parcours n'aura pas été simple : éliminations du tenant du titre, le Shakhtar Donetsk, de deux repêchés de la Champion's league, (la Juve et Wolfsburg) et de l'équipe qui souhaitait plus que tout gagner cette Europa league, Hambourg, ville-théâtre de la finale du tournoi.


En début de saison, les bookmakers anglais avaient émis la cote de victoire de Fulham en Europa league à 500 contre 1. Autant dire que la perspective d'une finale contre l'éternel loser, l'Atletico Madrid, commençait sérieusement à faire saliver les parieurs inconscients de juillet 2009.


Mais la belle histoire a pris fin hier soir. Les joueurs de Fulham pourront au moins se dire que cette épopée européenne 2010 leur aura fait gagner un nouveau titre, celui de héros : « Le conte de fées connaît une fin malheureuse pour les héros du Fulham d'Hodgson » titre le Times, « le parcours épique de Hodgson finit dans les larmes après que le destin se soit refusé aux Cottagers » titre The Independent, « Diego Forlan abasourdit les héros de Roy, le cœur des Cottagers est cassé par l'ultime combat » titre le Daily Mail, « les courageux de Hodgson sont tombés » pour le Sun, ou encore « les héros du Fulham de Roy Hodgson sont restés fiers dans la défaite contre l'Atletico Madrid » pour le Guardian. Oui, si tous les canards britons nageaient en plein rêve avec cette finale inattendue et distribuaient les qualificatifs de consolation, après la fiction, où tout semblait sourire au club anglais, place aujourd'hui à la réalité et à un douloureux épilogue, parfaitement résumé dans les colonnes du Times : « La romance a été fréquemment le visiteur de Craven Cottage mais l'immortalité s'en est allée hier soir » . En effet, qui a dit qu'un roman se finit toujours bien pour les héros ?


Le bourreau des Londoniens porte un nom : Forlan. Critiqué lors de son passage à Manchester, l'Uruguayen n'avait pas franchement marqué la Premier League de son empreinte. Mais pour cette Europa League 2010, il aura tout de même sorti, en calant quelques pions bien sentis, deux clubs anglais de la compétition : Liverpool en demi-finale, et, grâce à un doublé, Fulham, mercredi soir en finale. « Un Forlan chirurgical anéantit dans les derniers mètres le rêve européen de Fulham » soupire The Independent, « Diego Forlan fait voler en éclats le rêve européen de Fulham lors de la dernière haie » regrette le Times tandis que le Daily Mail se mouille un peu plus dans son analyse - « Forlan : United met fin au rêve européen de Fulham » . Comprenez par là que, sans le départ de Forlan de Manchester vers l'Espagne, Fulham aurait peut-être pu soulever le trophée. Ou comment couper les cheveux en quatre, avec une théorie un peu tirée par les cheveux.


Le réveil est donc bien difficile : Fulham ne jouera pas de compétition continentale la saison prochaine, devra retrouver la routine de sa Premier League et pourrait aussi perdre son principal atout, Roy Hodgson, élu entraîneur de l'année outre-Manche. N'y a-t-il pas une place à prendre à Liverpool, club plus ambitieux ? Réponse précise et nette du coach anglais dans le Mirror : « Je ne quitte pas Fulham » . On en reparlera cet été avec un peu plus de recul, une fois l'émotion digérée.

Par Ronan Boscher

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