Rentrée littéraire sur le terrain

Pendant que tous les chroniqueurs vous gavent avec le dernier Jonathan Franzen ou les plagiats de Macé-Scaron (comme pour Thierry Henry, honteux celui qui se fait prendre), les amateurs de foot peuvent malgré tout dénicher, au milieu du déluge de parutions de la rentrée, de quoi bouquiner en buvant leur bière en tribune H (rouge ou bleu) à la mi-temps de Psg-Brest un certain 11 septembre 2011.

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Commençons par une infidélité, avec le début de l'autre Coupe du monde, celle du football-rugby, et conseillons la lecture de l'ouvrage collectif (sous la direction de Patrick Clastres et Paul Dietschy) “Le rugby, une histoire entre village et monde” (Nouveau Monde éditions). Ne serait-ce que pour le papier du journaliste Elvis (!) Lucchese, abordant avec érudition les liens incestueux entre l'ovalie et le fascisme en Italie (et par exemple l'implication de certains joueurs dans les années de plomb et du terrorisme “noir”).

Revenons à nos moutons et commençons par rattraper un oubli, en rendant un petit hommage appuyé au “Donqui Foot” (Don Quichotte) d'Hubert Artus (malgré la préface d'Abd Al Malik), « dictionnaire rock, historique et politique » à vocation d'éducation populaire. Les amateurs de contre-culture devraient également d'ailleurs trouver leur bonheur dans l'excellent premier numéro de la revue “Schnock” (éditions Le Tengo), cultivant la nostalgie de la France des années 70 avec des faux-airs de feu “Antijour”. Le tout servi avec dandysme avec en plat principal un copieux dossier sur Jean-Pierre Marielle, l'homme des répliques classées au patrimoine national. Illustration : « Ce mec dans son bled il mangeait des racines, ici c'est champagne et compagnie : alors comment veux-tu qu'il joue au foot ? » (1975). A noter aussi la politique fiction de Tristan Garcia, avec de l'Ajax d'Amsterdam dedans...

Pour les fan d'histoire “sérieuse”, sans être forcément trop universitaire, il reste encore sûrement en circulation deux ou trois exemplaires de la “La presse et le sport sous l'occupation” (Pas de l'oiseau) par Jacques Seray, panorama assez complet d'où ressort parfaitement l'aversion de Vichy face à ce football trop urbain et “métèque”. Toujours dans la veine patrimoniale, parmi les ouvrages à la gloire d'un club, petit avantage au recueil sur l'“USVA VAFC - Histoire du football professionnel à Valenciennes” (Allan Sutton) de Gilbert Hocq, rien que pour goûter cette merveilleuse citation de Peter O'Dowd, star chèrement recrutée en 1935 à l'occasion de la montée en première division et qui expliqua ensuite : « Déjà désabusé la saison dernière à Chelsea, j'ai atteint le sommet du dégoût en France et ma carrière de footballeur est terminée. J'ai un commerce à Londres que gère actuellement mon épouse. Je vais remiser les souliers à crampons pour vendre des cigarettes » . T'en penses quoi Joe Cole ?
Enfin toujours pour nos amis de la tribune H, nul doute que la lecture
De “Paris sous tension” (La Fabrique) d'Eric Hazan, splendide odyssée
élégiaque dans le Paname révolutionnaire et gavroche, leur fera verser une petite larme sur la fin d'une époque.

Et aussi...

“Les grands stades. Au cœur des enjeux économiques et sociaux entre collectivités publiques et clubs professionnels” (éd. L'harmattan), très intéressant, instructif et presque indispensable, mais pas franchement le plus accessible.

Et à venir incessamment sous peu, “Laurent Blanc, le bon le bête ou le
méchant” (éditions du rocher) de Benjamin Danet et “La face cachée de
Franck Ribéry” (éditions du moment) de Gilles Verdez.

Nicolas Kssis-Martov

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