1. // C3 – GR. I – Celtic/Rennes

Rennes et garce

S’il s’impose ce soir au Celtic Park de Glasgow, le Stade Rennais peut encore espérer jouer la qualif’ dans son groupe de la mort de Ligue Europa. Vu la petite forme actuelle de leurs adversaires écossais, c’est largement possible. A condition que les Bretons le veuillent vraiment. Et ça ne semble même pas être sûr, c’est là le problème.

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Pour ses supporters, le Stade Rennais est une maîtresse complexe. Belle comme un cœur certains jours, elle peut sans raison se montrer sous son plus mauvais jour le lendemain. Elle aimerait être aimée et populaire, mais ne fait pas grand-chose pour. Parfois gracieuse, parfois affreuse, elle s’est fait une spécialité de ne pas savoir vraiment où elle en est, de vivoter sans projet ni but précis. Un bon classement en L1 ? Elle a beau être mignonne, elle ne drague pas encore assez bien pour damer le pion à la concurrence. Une coupe nationale ? Elle plante lamentablement son premier rendez-vous de la saison, incapable de conclure face à de pourtant tendres Manceaux en Coupe de la Ligue. Un beau parcours européen ? Elle fait la timide, séduit un peu, mais pèche par inexpérience : une défaite imméritée à Udine en entame, une belle prestation et une belle ambiance – une fois n’est pas coutume – Route de Lorient face à l’Atletico, puis un décevant résultat nul face au Celtic, encore à domicile.

Des Bhoys largués

Pourtant le Celtic est prenable, largement même. En Écosse, 12 points séparent déjà l’ennemi Rangers, tranquillement installé en tête, des Bhoys verts et blancs. Même le modeste Hibernian FC est parvenu à s’intercaler sur le podium, honte suprême ! Autant dire que le prochain match de Scottish Premier League dimanche entre Motherwell et Celtic revêt une grande importance. Question d’honneur. Une défaite et ce pourrait carrément être la porte pour l’entraîneur Neil Lennon. Le volcanique Nord-Irlandais aime polémiquer – contre les arbitres notamment – et ne fait rien pour calmer les tensions exacerbées entre supporters des deux rivaux de Glasgow. C’est peut-être pour ça que l’ex-milieu de terrain et capitaine du Celtic a longtemps joui d’une bonne cote auprès des fans. Mais sportivement, il ne parvient pas à faire gagner les siens, hormis la Coupe nationale au printemps dernier. Trop peu.

Des Bretons en nombre

Les Rennais auront donc l’avantage d’affronter une équipe pas forcément concernée à 100% par ce match de semaine (d’autant que de nombreux absents sont à signaler), dans un stade probablement en partie hostile à ses propres joueurs et dirigeants. Un Celtic Park où, c’est à signaler, seront présents quelques 600 supporters bretons, pourtant pas réputés comme étant les plus enclins à se déplacer pour encourager les leurs. L’idée de profiter de cette rencontre pour aller dire coucou aux cousins écossais et partager avec eux l’amour de la bonne bière et du crachin n’est sûrement pas étrangère au phénomène… Sur le terrain, Fred Antonetti a lui aussi décidé de voyager en nombre, en faisant appel à un groupe élargi de 23 joueurs. Sans John Boye et Yacine Brahimi, aux soins (ça commence à devenir une habitude pour ce dernier), ni Stéphane Dalmat, écarté, mais avec – ô miracle ! – Onyekachi Apam. C’est la première apparition dans le groupe pro du défenseur nigérian, arrivé blessé en Bretagne en provenance de Nice il y a un an et demi. Romain Danzé et Jires Kembo font également leur retour.

La mettre au fond

Le technicien corse a donc de belles cartes en main pour composer une équipe compétitive. Reste à savoir s’il va jouer le jeu. Vu l’équipe de départ alignée lors du match « aller » (composée aux 2/3 de remplaçants habituels), on peut se le demander. Il faudra pourtant absolument s’imposer ce soir pour continuer d’espérer, avant la réception d’Udinese et un déplacement à Madrid contre l’Atletico. Et même si les espoirs de qualif’ sont minces, au moins les Rennais peuvent-ils profiter de ce voyage de prestige en terre celte pour tenter de retrouver leur aisance offensive de début de saison, actuellement disparue : six buts seulement ont été inscrits lors des huit derniers matchs disputés, toutes compétitions confondues, soit autant qu’en 90 minutes lors du carton réussi juste avant, le 21 septembre à Bonal face à Sochaux (score final 6-2). Le flirt d’été peine décidément à passer l’automne.

Par Régis Delanoë
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