Rennes enfin roi ?

Toujours cité parmi les prétendants à la gagne, souvent décevant, parfois raillé, le Stade Rennais avance néanmoins avec la certitude qu'un jour ou l'autre, ça finira bien par payer. Le succès récent du LOSC peut donner de l'espoir aux Bretons.

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C'est à croire parfois que le Stade Rennais le fait vraiment exprès. Idéalement placés cet hiver pour jouer le podium voire même la gagne en Ligue 1, les éternels outsiders se sont pris un gadin monumental par la suite : 7 points inscrits lors des dix dernières journées, pour une peu envieuse dernière place du classement sur la période. Derrière “Arlavignon”, oui parfaitement. Pendant ce temps, Sochaux en prenait 16 de plus, pour prendre l'aspiration et arracher une inespérée 5e place, qui semblait pourtant être le minimum syndical à assurer côté Bretons trois mois auparavant.

Une fin de saison dégueulasse qui peut néanmoins s'expliquer par l'accumulation de blessures – essentiellement musculaires – qu'ont connues un grand nombre de joueurs clés de l'effectif, parmi lesquels le capitaine Kader Mangane, Stéphane Dalmat, Kévin Théophile-Catherine, Yacine Brahimi, Jirès Kembo Ekoko ou encore Alexander Tettey. Si on y ajoute la longue indisponibilité de Fabien Lemoine suite à son ablation du rein, l'absence de Sylvain Marveaux depuis novembre et celle de la recrue Onyekachi Apam durant l'ensemble de la saison, ça fait tout de même beaucoup. Trop, même, apparemment.

Gros calendrier en vue

Alors, simple malchance ou mal plus profond ? On serait tenté de donner une réponse de Normand à cette question en partageant les torts, mais il est clair tout de même que la préparation physique de l'effectif a été remise en cause. Ce d'autant plus que la saison écoulée n'était pourtant pas extrêmement chargée en matchs. Elle pourrait l'être bien plus en revanche lors de l'exercice à venir, en cas de qualification pour le tour principal de l'Europa Cup. Sixième place oblige, il faudra néanmoins passer par le 3e tour qualificatif les 28 juillet et 4 août, en plus des play-offs les 18 et 25 août, pour qu'à Rennes on espère occuper ses jeudis d'automne autrement qu'en se prenant la cuite traditionnelle Rue de la Soif.

Depuis la reprise le 27 juin, Antonetti et son staff soignent donc tout particulièrement le travail d'avant-saison. Interrogé par Ouest-France, le préparateur physique Nicolas Dyon a assuré avoir retenu la leçon et promet « plus de rigueur sur les tests musculaires pour éviter les déséquilibres » . S'il reconnaît ses torts, il pointe aussi du doigt le « projet de jeu » de l'équipe parmi les causes possibles de ces blessures à répétition. C'est un autre sujet sensible. La saison passée, le Stade Rennais s'est vite vu attribuer une étiquette de formation bourrine et peu séduisante. C'est à la fois vrai et réducteur.
Vrai à la vue des statistiques, car si l'équipe a terminé meilleure défense de L1, elle ne figure qu'au 13e rang des attaques (avec Montano et ses 9 petits buts meilleur buteur). Vrai aussi à la vue du jeu souvent produit cette saison, à la limite de l'indigence (souviens-toi Bordeaux-Rennes...). Pour une formation qui avait habitué le public à ambiancer le championnat dans le rôle de loser magnifique les saisons précédentes, ce fut d'autant plus décevant. C'est néanmoins réducteur, car si la défense rennaise joue des muscles – et après tout, c'est son job – l'animation offensive n'est le fait ni de costauds, ni de vicelards. A l'image de la pépite Yacine Brahimi, dont c'était la première saison en élite, la formation rennaise sait aussi produire de brillants techniciens. Les « vieux » Jérôme Leroy et, dans une moindre mesure, Stéphane Dalmat ont eux aussi parfois fait le spectacle. Parmi les prestations remarquables, on peut citer les réceptions du PSG et de Lens notamment. Enfin au classement du fair-play, on peut remarquer que les Rennais figurent à une honorable 12e place avec 56 jaunes et 6 rouges. C'est mieux que des formations comme Lyon, Bordeaux et surtout Montpellier, champions à l'envers de la spécialité (78 jaunes, 9 rouges).

Antonetti attendu au tournant

Au final, il semble bien qu'il ait manqué deux choses au team Pinault cette saison : un meilleur équilibre défense-attaque et un vrai buteur, comme à l'époque pas si lointaine du lama suisse Alex Frei. Antonetti le sait : pour sa troisième rentrée en Bretagne, il est attendu au tournant. Caution sang chaud dans un club réputé froid, le Joe Pesci Corse a parfois semblé agacé par la tournure prise par les événements, comme cette fuite spectaculaire de Gyan et Bangoura, deux de ses meilleurs éléments offensifs, au dernier jour du mercato il y a un an (sans compter le départ de Moussa Sow en fin de contrat...). Cette fois, pas question que ça se passe ainsi. Il a réclamé un minimum de départs à l'intersaison et cinq recrues, ses vœux sont en passe d'être exaucés.

Les clés de voute Mangane et M'Vila sont bien parties pour rester. La perte du gardien Nicolas Douchez a été compensée par l'arrivée du prometteur Benoît Costil, meilleur portier de L2 avec Sedan. La fin de contrat de Jérôme Leroy a coïncidé avec la venue de Julien Féret, originaire des Côtes d'Armor voisines. Et le très prometteur Burkinabé Jonathan Pitroipa vient de débarquer pour renforcer l'animation offensive. Trois arrivées qualitativement séduisantes sur le papier, auxquelles il faut ajouter les signatures de deux espoirs en attaque, Yacine Qasmi du PSG et Cheikh Fantamady Diarra, formé au centre Salif Keita.
Reste deux postes à combler. Celui de latéral gauche d'abord, où Théophile Catherine a longtemps dépanné, mais où manque un vrai spécialiste. Jérémy Morel a bien failli venir, mais une offre supérieure de l'OM l'a fait filer vers le sud. Depuis, quelques pistes sont sorties (Dabo Bong, El Kaddouri), mais il semble bien que ce soit Chris Mavinga qui tienne la corde (Liverpool, prêté à Genk cette saison). Dernier gros chantier, le plus difficile : la venue d'un buteur, pour épauler un Victor Hugo Montano esseulé et contesté. Ce dossier semble au point mort. Un dossier complexe, d'autant plus que le club s'est imposé une politique très rigoureuse en matière de salary cap (principale raison du départ de Moussa Sow l'an dernier d'ailleurs). Emmanuel Rivière a été approché, mais le Stéphanois semble donner sa préférence à Toulouse. Il faut se dépêcher, la saison débute dans moins de trois semaines déjà.

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J'ai rarement vu une équipe avec autant de blessés cette saison. Ils ont joué certain match avec 7 titulaires blessés sur 11, ca fait quand même beaucoup. Je suis persuadé que sans ces blessures ils auraient fini dans les 3 premiers. Il manque un buteur a cette équipe et Rennes peut finir dans les 3 premiers c'est sur.
c'est fou, mais Antonetti l'avait annoncé alors qu'ils étaient second, à une douzaine de matchs de la fin qu'ils n'avaient pas les armes pour finir dans le top 3. Réalisme ou manque d'ambition, parce que ça colle vraiment avec leur fin de championnat moisie
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