Rétro - Ce jour-là - 19 décembre 1931

Par Marcelo Assaf, avec Thomas Goubin

René Borjas, mort pour son club

L'international uruguayen René « Tito » Borjas, idole des Montevideo Wanderers, avait l'amour du maillot. Le vrai. Au point de risquer sa peau, et de mourir un 19 décembre 1931, le jour du sacre des siens.

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Borjas, c'est celui en bas, au centre
Borjas, c'est celui en bas, au centre
Décembre 1931, le football uruguayen s'apprête à entrer dans l'ère professionnelle. Avant ce changement de paradigme, il reste un championnat à terminer. Les Montevideo Wanderers en sont les leaders. De manière inhabituelle, Peñarol et Nacional, qui écrasaient déjà le football vernaculaire, n'allaient pas s'adjuger un nouveau titre. Ce 19 décembre, les Wanderers se déplacent au Parque Rodó, antre du Defensor. Un succès, et ils seront déclarés champions.

Les vagabonds de Montevideo doivent toutefois faire sans leur star, René « Tito » Borjas, champion olympique en 1928 et auteur de 32 buts en 31 sélections, des matchs amicaux pour la plupart. Victime de préoccupantes douleurs à la poitrine, il a été mis au repos par son docteur depuis le début de la phase retour. À 34 ans, l'attaquant se meurt de ne pouvoir guider ses Wanderers vers leur premier titre depuis 1909. S'il ne jouit pas de la renommée internationale d'Hector Scarone, le double champion olympique et champion du monde recruté par l'Inter Milan, Tito était adulé par ses compatriotes.

Le favori des sondages

En 1928, un sondage est réalisé par Mundo Deportivo pour savoir qui devait occuper le poste d'avant-centre aux Jeux Olympiques. Borjas l'emporte devant deux idoles du Nacional, Pedro Cea et Pedro Petrone. Trois ans auparavant, le Nacional l'avait engagé pour effectuer une tournée en Europe, lors de laquelle il inscrit 17 buts en 15 matchs, dont deux face au FC Barcelone. Aux JO de 1928, le joueur des Wanderers ne marque pas, mais lors de la finale à rejouer face à l'Argentine, les deux buts uruguayens découlent de ses passes (score final, 2-1).

Grand dribbleur, doté d'une frappe puissante, Borjas formait, en club, un duo de feu avec Roberto Figueroa, lui aussi sacré à Amsterdam. Un duo qui sera reformé ce 19 décembre 1931. Car, trop désireux de participer à un match qui pourrait être celui du sacre, El Tito dribble la vigilance de sa famille, pour filer vers le Parque Rodó. Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point.

Mi-temps, arrêt cardiaque

Sur la pelouse du Defensor, les Wanderers dominent mais ne parviennent pas à faire frémir les filets. À la mi-temps, Borjas se sent mal. Il quitte le stade, accompagné du docteur du club. Victime d'un arrêt cardiaque, il décédera à l'hôpital. Malgré ces circonstances tragiques, la deuxième période sera jouée. C'est qu'au Gran Parque Central, le match du Nacional a déjà débuté, et une victoire d'El Bolso pourrait s'avérer fatale aux ambitions de titre des Vagabonds.

Endeuillés, les Wanderers vont finalement l'emporter sur le fil, en faisant trembler les filets à cinq minutes du coup de sifflet final. Avec Borjas, le club formateur d'Enzo Francescoli avait survolé la phase aller, sans lui, il sera sacré dans la douleur. Sur une façade du stade Centenario, temple du football celeste, une plaque en bronze rend hommage à René Borjas, mort pour la cause des Wanderers, à 34 ans.

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  • Message posté par LDouglas le 19/12/2012 à 16:24
      Note : 4  /

    Belle et tragique histoire. Ce genre d'article enrichi la culture footbalistique, ça fait du bien !!

  • Message posté par nicolino57 le 19/12/2012 à 16:33
      Note : 2 

    Morale de l'histoire : en football, il ne fait pas bon travailler pour le leader du championnat et se faire surnommer "Tito".

  • Message posté par Egypt le 19/12/2012 à 17:26
      Note : - 1 

    Faut être idiot quand même ! Foutre sa vie en l'air si jeune ans pour du foot, je comprends pas.

  • Message posté par Mortis le 19/12/2012 à 18:19
      

    " Foutre sa vie en l'air si jeune ans pour du foot, je comprends pas."

    On appelle ça la passion (à prononcer la "pachione", dédicace à Angel B.).


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