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Rencontre du troisième type

Pour la première fois depuis la mise en place du plan Leproux à l'été 2010, la direction du PSG a rencontré deux collectifs représentant les ultras parisiens. L'occasion de lever quelques incompréhensions, nées de plusieurs années d'opposition, et de renouer le dialogue tout en explorant les contours d'un éventuel retour des supporters actifs au Parc des Princes.

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Des années qu’ils attendaient un rendez-vous officiel avec la direction du Paris Saint-Germain. Jeudi dernier, le Collectif Ultra Paris (CUP) accompagné de l’Association de défense et d’assistance juridique des intérêts des supporters (ADAJIS) ont rencontré Jean-Claude Blanc et Frédéric Longuepée, respectivement directeur général et directeur général adjoint en charge des affaires commerciales du PSG, pour évoquer le cadre d'un éventuel retour des supporters actifs au Parc des Princes et en déplacement. Il faut dire que les sorties répétées durant l’été de Nasser Al-Khelaïfi, réclamant à haute voix dans les médias comme auprès du ministère de l'Intérieur un retour de l'ambiance au Parc des Princes, ont quelque peu mis la pression sur la direction du PSG.

L'inconnue des pouvoirs publics


Les deux parties avaient manifestement des choses à se dire, puisque la réunion, qui s'est tenue dans les bureaux du club au Parc des Princes, a duré près de deux heures. Si rien n'a encore été acté, les discussions ont permis d'évoquer certains points, saillants pour chacun des deux camps. Aux supporters de témoigner de la persistance d'annulations en cascade de billets opérées par le PSG lors des matchs en déplacement à Monaco ou à Caen ces dernières semaines, empêchant notamment l'accès au parcage visiteur ; au club de rappeler les impératifs de sécurité publique autour des matchs du PSG qui ne manqueraient pas d'escorter un éventuel retour de groupes de supporters au Parc des Princes. « On n'est pas dans une logique d'opposition, mais bien de concertation, fait valoir James, porte-parole d'ADAJIS et présent à cette réunion. Officialiser cette rencontre, c'est aussi une manière de crédibiliser notre discours de responsabilité auprès de nos membres. » De son côté, le PSG laisse entendre qu’il y a effectivement « une ouverture du club à un dialogue pour voir ce qui est faisable ou pas. L’éventualité d’un retour a été discuté, rien n’a toutefois encore été décidé » . Entre le rétablissement de certains droits pour les supporters et l'incontournable question de la sécurité, un sillon semble se dessiner pour un dialogue qui aille plus loin que les habituelles déclarations d'intention.

Mais si tous les interlocuteurs ont semblé reconnaître la bonne volonté manifestée par les deux parties, demeure toutefois une inconnue de taille : l'intégration des pouvoirs publics à cette boucle de discussion. « Sur le terrain, depuis un petit moment, il y a déjà des discussions avec les pouvoirs publics locaux pour organiser le déplacement de nos supporters dans un contre-parcage, comme à Rennes et à Reims l'année dernière, ou comme à Monaco et à Caen cette année, et les retours qu'ils nous font sont positifs » , explique James. Un sentiment confirmé par le préfet d'Ille-et-Vilaine qui avait accepté, en octobre 2015, de recevoir les ultras parisiens dans une tribune réservée du Roazhon Celtic Park. Dernièrement, le commissariat central de Caen, qui avait opté pour le même dispositif de concert avec les ultras parisiens, est même allé plus loin, considérant dans La Manche Libre, que les « supporters s'étaient comportés comme des anges » lors de la rencontre opposant Caen au PSG. Des exemples qui pourraient tendre à légitimer une évolution du discours et de la méthode des services du ministère de l'Intérieur et de la division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH) notamment. Selon nos informations, le club de la capitale aurait d'ailleurs entamé des démarches poussées auprès des pouvoirs publics afin d'envisager un retour des supporters actifs dans un cadre sécurisé. Une information que le PSG ne dément pas : « Les pouvoirs publics savent que le club est prêt à l’éventualité d’un retour des ultras au Parc, ils savent à quelles conditions ce retour pourrait être accepté par le club, il reste maintenant à attendre leur réponse » tout en reconnaissant que sans leur aval, « le dossier se compliquerait » .

« Que le PSG se conforme aux décisions de justice »


De leur côté, les supporters s'attendent désormais à une évolution du club sur la politique – inflexible parfois jusqu'à l'illégalité – de la billetterie. Début septembre, le club de la capitale a d’ailleurs été condamné par le tribunal du seizième arrondissement à verser 30 000 euros à quinze de ses supporters pour des annulations abusives de billets réalisées en 2014. « Dans un premier temps, on attend que le PSG se conforme aux décisions de justice » , indique maître Cyril Dubois, avocat de l’association ADAJIS qui était présent à la réunion de jeudi. « On a aussi voulu montrer, ajoute James, que sans ces annulations, on peut prévoir des réunions en amont et ainsi encadrer le déplacement de supporters dans un cadre établi à l’avance et sécurisé plutôt qu’une situation assez incontrôlable où chacun y va par ses propres moyens. »


Pour la première fois, Jean-Claude Blanc s'est emparé du dossier et s'est posé comme l'interlocuteur unique des ultras au club. Le directeur général a naturellement les coudées franches pour faire bouger les lignes. Reste maintenant à trouver un cadre et convaincre les pouvoirs publics. Dans le contexte sécuritaire actuel, ce n’est pas une mince affaire.

Par Anthony Cerveaux
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