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« Renato e golo ! »

Après Ruben Neves, Gélson Martins et le tube de l’été Gonçalo Guedes, le foot portugais vient d’assister à l’éclosion d’un nouveau joueur prometteur, Renato Sanches. Enfant de la street avec la dose d’insolence qui va avec sur le terrain, le milieu relayeur n’a eu aucun mal à s’imposer chez les seniors quand Rui Vitória a décidé de le lancer dans le grand bain. Reste maintenant à confirmer. Et gagner en intelligence tactique.

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« Benfica a le meilleur centre de formation du monde. » Jorge Mendes a le don d’exagérer quand il s’agit de défendre ses intérêts. Il sait très bien que ce qu’il dit est un mensonge. En revanche, ce que l’on peut lui accorder, c’est que l’academia benfiquista est progressivement en train de s’imposer comme étant l’une des meilleures d’Europe. Sur le plan national, il n’est plus scandaleux de dire qu’elle est au moins à la hauteur de celle du voisin sportinguista. Il n’y a qu’à voir les joueurs qui en sont récemment sortis pour s’en convaincre. Bernardo Silva, André Gomes, João Cancelo, Ivan Cavaleiro ou encore Gonçalo Guedes sont autant d’éléments prometteurs qui contribuent au prestige de Benfica. Mieux, la dernière pépite sortie du centre de formation encarnado laisse entendre que cette vague d’éclosions massives n’est pas près de se terminer.

Elle, ou plutôt il, s’appelle Renato Sanches et est en train de se faire une place au chaud dans le onze de départ de Rui Vitória. En matière de précocité, il est aux Lisboètes ce que Ruben Neves est au rival du Nord. Plus jeune joueur du siècle à jouer un match de Ligue des champions pour Benfica, plus jeune buteur du siècle à l’Estádio da Luz – et de fort belle manière – contre l’Académica, le banlieusard n’en finit plus de faire tomber les records, à tel point que beaucoup s’emballent. Sa force, sa folle explosivité, ses remontées de balle à la Willian, ainsi que l’irrévérence du footballeur de rue qu’il a été en font d’ores et déjà un joueur atypique et les observateurs du foot lusitanien lui prédisent un avenir radieux. N’empêche que le plus dur reste à venir pour Sanches. Sur les trois seuls milieux de terrain benfiquista plus précoces que lui, il n’y a eu qu’un Maniche pour un Hugo Leal et un Manuel Fernandes. Attention à ne pas se tromper de chemin.

Acheté par Benfica pour 750 euros et 25 ballons… imaginaires


Le droit chemin, Renato a justement failli le perdre de vue à de nombreuses reprises. Très fort dès son plus jeune âge, « le gamin aux tresses » - comme on l’appelle encore – a longtemps hésité entre faire fructifier son talent et traîner avec les grands du quartier qui alignaient phrases et punchlines dans les rues du quartier de la Musgueira, à quelques encablures de l’aéroport de Lisbonne. Entre la fumette, le rap et les avions, c’est finalement le football qui l’emporte. Un homme se vante d’avoir réussi à garder le môme sous contrôle. Il s’agit d’Antonio Quadros, président des Aguias da Musgueira, premier club de Renato Sanches. « Il était vilain. Je l’avais toujours à l’œil. Parfois, je le réprimandais et le retenais d’arrêter le foot  » , confiait-il à la Radio Renascença en novembre dernier.


Comme beaucoup de petits au-dessus de la moyenne, l’actuel relayeur du SLB commence en attaque et enfile but sur but. À 9 ans, il est déjà trop grand pour son petit quartier. En 2006, un émissaire de Benfica se pointe devant Quadros et pose 750 euros, à quoi il promet d’ajouter 25 ballons neufs directement fournis par Benfica. Le dirigeant de la Musgueira accepte le deal, mais attend toujours son sac de ballons. « J’ai relancé plusieurs fois Luis Filipe Vieira, le président de Benfica, sans succès. On ne demande pas grand-chose. Juste du matériel pour les entraînements. » Déçu mais pas rancunier, le premier mentor de la nouvelle star portugaise ne regrette pas de l’avoir cédé si tôt à son club de cœur. « Je suis surpris de voir à quel point il a évolué sur le plan du jeu, bien sûr, mais surtout au niveau disciplinaire. Il a été totalement modifié. »

« Il ne faut pas s’attendre à ce qu’il ait la maturité d’un Xavi  »


À Benfica, on affirme au contraire qu’il n’a jamais vraiment changé, qu’il est toujours resté ce petit gamin de cité, qu’il n’a jamais perdu sa haute estime de lui-même. « Quand il a commencé à s’entraîner avec les seniors, je lui ai demandé pour quand était sa grande première. Il a répondu modestement qu’il ne savait pas, avant de me dire : "Quand j’y serai, je n’en sortirai plus" » , se marre João Tralhao, premier coach de Renato Sanches chez les Encarnados, dans les colonnes de l'Expresso. « Il apportait quelque chose de différent, même à ses camarades. C’était un vrai patron. Quand on déjeunait, il envoyait certains de ses coéquipiers lui chercher à boire et à manger pour se marrer. Le pire, c’est que certains le faisaient vraiment.  » Sur le terrain aussi, il apporte autre chose. De la force, de la vitesse et de l’agressivité. Autant de caractéristiques rares chez les petits Portugais de dix ans qui déplaisent aux parents qui assistent aux matchs sur le bord du terrain. « C’est une brute  » , disaient-ils. Ce n’est pas faux. Le Lisboète en est lui-même conscient.


Peut-être un peu trop, d’après José Pedro Teixeira, un scout de Benfica. « Bien sûr qu’il a des qualités physiques extraordinaires, mais s’il pense que le jeu ne lui demande que de faire appel à elles, il court droit à l’échec. Et il l’a déjà fait à plusieurs reprises chez les pros. Il a enthousiasmé le public, mais au bout du compte, il a passé beaucoup de temps à récupérer ses propres balles perdues plutôt que celles de ses collègues.  » Une manière de dire que le gamin aux tresses est loin d’être un produit fini, et que, bien qu’il soit taillé pour le très haut niveau, il doit encore bosser dur pour atteindre la référence à son poste. « Il ne faut pas s’attendre à ce qu’il ait la maturité de Xavi. Il manque encore d’intelligence tactique. Mais il ira loin  » , ponctue Teixeira. En attendant, il plaît déjà à Diego Simeone qui n’a pas tari d’éloges à son sujet après le match retour à la Luz en Ligue des champions. En voilà un qui ne filera sûrement pas à l’AS Monaco pour 15 petits millions d’euros.


Par William Pereira
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