1. // CAN 2012
  2. // Finale
  3. // Zambie/Côte d'Ivoire

Renard: « Même si on gagne, on ne sera toujours pas les meilleurs »

Avec une équipe de "petits vélos" sans expérience mais les pneus gonflés à l'humilité, Hervé Renard est parvenu à qualifier les Chipolopolos zambiens pour la deuxième finale de la CAN de leur histoire. Et le sélectionneur français de la Zambie espère bien, ce soir à Libreville, que la génération Drogba continue de justifier sa réputation de "loser".

0 0
Est-ce que vous trouvez mérité que la Zambie soit en finale?
J'en sais rien, on a gagné quatre matchs, on est invaincu et malgré tout, on est resté humble. On sait qu'on n'est pas les meilleurs et même si on gagne cette finale, on ne sera toujours pas les meilleurs. Je trouve qu'on a bien bossé, notamment avec mon adjoint, qui est un type remarquable. J'ai lu à droite à gauche des ex-sélectionneurs africains écrire qu'on avait eu de la chance. Ça m'énerve. Je sais bien que beaucoup de personnes, avant les demi-finales, parlaient d'une finale "rêvée" entre le Ghana et la Côte d'Ivoire. Et bien, je suis désolé pour eux...

La Côte d'Ivoire que vous affrontez ce soir, est-elle plus forte que le Ghana que vous avez éliminé en demi-finale?
Pas forcément. On est capable de les bousculer, tout dépendra de la manière dont on joue. Ca va être compliqué si on est aussi médiocre que pendant les 45 premières minutes contre le Ghana. Le ballon nous brûlait les pieds, on s'en débarrassait trop rapidement alors que la possession est notre point fort. On a beaucoup de respect pour les Yaya, Drogba, Gervinho et ce ne sera pas un déshonneur de perdre contre cette équipe. Après, je remarque qu'ils sont favoris de toutes les CAN mais qu'ils n'ont rien gagné depuis 20 ans. Et dans le jeu, ils ne sont pas toujours flamboyants.

C'est justement la dernière chance de cette génération de joueurs ivoiriens de remporter quelque chose...
Je ne sais pas dans quel sens cela peut influer et d'ailleurs, ce n'est pas notre problème. Moi, je regarde le football zambien. On a terminé troisième du CHAN, atteint les quarts-de-finale de la CAN il y a deux ans en Angola: beaucoup de nations aimerait avoir cette régularité. On est arrivé dans cette CAN avec quatre titulaires absents, beaucoup de sélectionnés n'avaient jamais joué un match international. On voulait juste revenir à Libreville pour honorer les morts du crash de la sélection en 1993 (Ndlr: à l'occasion d'un match de qualification que la Zambie devait jouer au Sénégal en avril 1993, l'avion de la sélection s'était écrasé au large des côtes du Gabon, tuant 30 personnes dont 18 joueurs) . Le seul moyen, c'était d'atteindre la finale, là, on y est.

Dans ce contexte historique lourd, est-ce que vos jeunes joueurs ne risquent pas d'exploser, submergés par leurs émotions ?
J'espère pas. Pour l'instant, on a traversé cette compétition comme des gens normaux, il n'y a pas de stars. Et puis, on ne subit pas cette pression des politiques comme dans d'autre pays. La Zambie est un endroit particulier. Déjà, on a un président qui n'intervient pas. Quand les responsables politiques veulent nous rencontrer, j'ai la chance qu'ils me demandent l'autorisation au préalable. Personne ne s'incruste et on respecte mon travail.

Vous avez souvent exprimé votre attachement à la Zambie. Si vous leur apportez ce titre, vous allez sûrement recevoir des propositions qui vont vous amener à quitter cette sélection?
Ce n'est pas évident. J'ai beaucoup de chance de travailler avec Kalusha Bwalya, le président de la fédération, qui me fait totalement confiance. Et puis je suis quelqu'un de pas facile. Je préfère mourir avec mes idées que de m'humilier avec celles des autres. Donc, s'il y a des gens qui pensent à moi pour reprendre une sélection ou un club, dites leur une chose: ne perdez pas votre temps à m'appeler si vous avez l'intention de faire l'équipe à ma place.


Propos recueillis par Joachim Barbier
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Aucun commentaire sur cet article.
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
0 0