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Rémi Garde, la mission impossible ?

Relégable depuis fin septembre, lanterne rouge depuis novembre, incapable de gagner un match en championnat depuis cet été, Aston Villa est largué au classement et paraît d’ores et déjà condamné à la relégation, malgré le changement d’entraîneur et l’arrivée sur le banc de Rémi Garde. L’expérience anglaise de l’ancien Lyonnais, revenu outre-Manche dans un championnat qu’il a connu en tant que joueur, a tout de la grosse galère…

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« Notre situation est très compliquée, et cela fait parfois faire des choses stupides. Tout le monde doit rester calme, prendre ses responsabilités, se regarder dans le miroir et se demander ce qu'il faut faire individuellement pour se sortir de cela. Je comprends que les supporters soient en colère. Il faut l'accepter, comme joueur, entraîneur. Tout le monde au club doit accepter la critique. » Il y avait comme de la résignation dans les propos de Rémi Garde après le piteux nul 1-1 concédé en FA Cup ce week-end sur la pelouse de Wycombe, terreur de League Two, la D4 anglaise. C’est bien la première fois que le technicien français fait vraiment tomber la façade optimiste qui était de rigueur depuis son arrivée au poste le 2 novembre dernier.


L’ancien entraîneur lyonnais a d’abord donné dans « l’incroyable honneur » d’avoir été nommé chez les Villans pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être, puis il a incité suiveurs et supporters à continuer de croire au maintien, même s’il était peut-être le seul à continuer d’y croire, ou à faire semblant de. «  J'ai une très bonne sensation (…). Je savais que ce serait difficile, mais maintenant, j'ai plein de confiance » , déclarait-il encore début janvier, contre toute logique, alors que les contre-performances continuent de s’enchaîner pour son équipe. Cette fois, s’est-il vraiment persuadé que la réussite de sa mission initiale, celle de maintenir le club en Premier League, était impossible ? Il a en tout cas laissé entrevoir l’idée que l’avenir pourrait s’inscrire à partir de l’été prochain en Championship, pour Aston Villa, mais aussi pour lui si ses dirigeants le souhaitent, eux qui ont signé le Français jusqu’en juin 2019…

Jordan Ayew et le difficile héritage de Benteke


À son corps défendant, la planche semblait déjà savonnée pour Rémi Garde, arrivé à la tête d’une formation moribonde qui s’était sauvée de peu au printemps dernier en terminant 17e de la Premier League et qui a ensuite perdu son seul vrai joueur fiable au plus haut niveau, l’attaquant Christian Benteke. Le Belge a été le meilleur buteur des Villans pendant trois saisons de suite, à peu près le seul à mettre des buts d’ailleurs. Trois recrues ont été choisies pour lui succéder et aucune ne donne vraiment satisfaction : ni Scott Sinclair (2 buts), ni Jordan Ayew (5 buts), ni Rudy Gestede (3 buts). Depuis novembre, Garde cherche à trouver la bonne association avec eux, mettant parfois les deux premiers en pointe, parfois sur une aile, sans que jamais ça ne fonctionne vraiment. 4-1-4-1, 4-3-1-2, 4-3-2-1… Il a tenté d’autres options que le 4-2-3-1 de son prédécesseur Tim Sherwood sans jamais parvenir à trouver la bonne combinaison pour l’instant.


Si Aston Villa paraît – définitivement ? – largué au classement avec seulement 8 points pris depuis le début de saison et 11 points de retard sur le premier non-relégable Swansea, il y a pourtant ce sentiment qu’il ne manque pas grand-chose pour que la spirale négative cesse. Après tout, la formation de Birmingham n’a concédé qu’une seule défaite par plus de deux buts d’écart : sur la pelouse d’Everton le 21 novembre. Un méchant revers qui avait mis en colère Rémi Garde et l’avait convaincu de sévir. Coupable d’être sorti en boîte après le match, le turbulent espoir Jack Grealish avait été mis à la disposition de l’équipe des jeunes pendant deux semaines. S’il a fait son retour depuis, le jeune ailier irlandais a néanmoins perdu sa place de titulaire… Garde ne semble d’ailleurs pas vraiment manquer d’autorité, lui qui avait aussi décidé d’interdire à ses nombreux joueurs francophones – une bonne demi-douzaine – de s’exprimer en français entre eux dans le vestiaire, pendant les entraînements et en match. Non, ce n’est pas d’autorité dont il semble manque, mais de repères. De talent à disposition aussi certainement : pas sûr que Jordan Ayew vaille les 12 millions d’euros investis pour le récupérer de Lorient, à titre d’exemple…

L’exemple de Leicester la saison dernière


La relégation de plus en plus probable d’Aston Villa réduirait à six le nombre de clubs qui ont vécu toutes les saisons de Premier League depuis sa création en 1992 : Arsenal, Chelsea, Tottenham, Manchester United, Liverpool et Tottenham. Villa pourrait aussi rejoindre Nottingham Forest au rang des seules formations vainqueurs de la C1 et n’évoluant pas en élite. Le club de Birmingham avait remporté cette Coupe des champions en 1982 aux dépens du Bayern, ce qui constitue le dernier titre majeur d’une institution du football anglais, sept fois vainqueur du championnat entre 1894 et 1981, sept fois vainqueur également de la FA Cup entre 1887 et 1957.


Depuis la mise en place de la Premier League et une belle deuxième place lors de la saison inaugurale en 1992/93, il aura fallu se contenter le plus souvent du ventre mou, de deux League Cup glanées en 1994 et 1995, puis de rares frissons, comme au printemps dernier avec une finale de FA Cup où les Villans se sont fait corriger 0-4 par Arsenal à Wembley. Leurs derniers espoirs reposent sur les compétences managériales d’un Français déjà un poil désabusé, qui pourrait néanmoins trouver matière à inspiration dans le parcours de Leicester la saison dernière : largué à mi-parcours, lanterne rouge jusqu'à la 32e, sauvé au printemps grâce à un money time épique, extraordinaire depuis. En cas de miracle, un supporter nommé Kenny Swaine a promis qu’il se ferait tatouer le visage de Rémi Garde sur ses fesses. Quand même, ça mérite d’être vu, un truc pareil…


Par Régis Delanoë
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Dans cet article

Michel Drucker Niveau : DHR
Grealish a choisi l'Angleterre il me semble.
Dans quelle galère tu t'es mis Rémi... C'était évident que reprendre cette équipe en pleine saison c'était mission impossible, comment veux-tu te sauver avec des Ayew, Sinclair, Lescott !
J'espère que ce futur échec ne vas pas tuer sa réputation, je suis convaincu que ça reste un bon coach. Il est en parti responsable de la bonne saison de l'OL l'année dernière (notamment avec le passage en 4-4-2 losange et l'intégration de Fekir à la fin de la saison précédente)
Le recrutement L1 en masse porte ses fruits. Le club ne se sauvera pas cette annee. Il frole depuis quelques temps la D2 mais cette annee semble la bonne malheureusement. Quelle idee de recruter des Ayew, des Veretout, des Geye etc a prix d or. Il valait peut etre mieux investir moins, voir autant sils ont les moyens, qur des joueurs meme venant de D2 mais ayant deja l habitude du maintien, des joutes anglaises, du rythme anglais etc.
"mais qu'allait il faire dans cette galère" Molière
Salut!! 3ans déjà que je fréquente le site de SoFoot, lisant tous les articles et commentaires avec attention et critiques positives et plus ou moins douces. A la longue, je me suis senti impliqué dans la communauté du site, ému face aux trolls, vannes, analyses ou plus récemment face au nouveau look de SoFoot web. Mais pour appartenir à une communauté, il faut être engagé. Alors aujourd'hui je fais le grand saut vers des grands moments ici.
Désolé pour le Hors-Sujet mais je voulais vous remercier de m'avoir indirectement encourager à m'inscrire..

En parlanr de l'article, je pense qu'Aston Villa, à l'image de la Fio, de Villarreal ou d'autres, gagnerait à repartir de zero en D2 pour mieux rebondir. Cà fait trop longtemps qu'ils ne vivent que pour survivre dans l'élite, sans projet à long terme
Stephane_Guivar'ch Niveau : DHR
Rémi Garde, la mission impossible ?

Oui.
J'ai pas compris pourquoi il a accepté Aston Villa déjà en perdition et alors qu'il clamait que sa famille ne le reconnaissait plus à cause de la pression que lui mettait le métier d'entraineur.
Il voulait prendre du temps pour se reposer, et finalement il prend une équipe presque foutue d'avance.
A croire que cet article lui a réussi ! 2e victoire de la saison, peut-être qu'il reste encore un petit espoir
Message posté par innerself
J'ai pas compris pourquoi il a accepté Aston Villa déjà en perdition et alors qu'il clamait que sa famille ne le reconnaissait plus à cause de la pression que lui mettait le métier d'entraineur.
Il voulait prendre du temps pour se reposer, et finalement il prend une équipe presque foutue d'avance.


Parce que quel que soit le club choisi par Garde, c'est quoi qu'il en soit moins de pression qu'avec le Parrain Aulas.
Brian Hainaut Niveau : Ligue 1
en Angleterre, la pression il va surtout la boire
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