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Relégation : les lois de la confusion

Cela pourrait être le titre d’un livre de Bret Easton Ellis un lendemain de cuite, mais ça reflète plutôt d’une Ligue 1 qui gravite vers le bas. Au matin de la dernière journée, huit équipes, qui se tiennent en quatre points, peuvent encore basculer vers les ténèbres. Demandez le programme…

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Un entraîneur français disait il y a peu que la Ligue 1 ne comporte pour de vrai que dix équipes, la première partie du classement ; et la Ligue 2, une dizaine aussi, les dix dernières du second étage du football hexagonal. Et au milieu, figurent une vingtaine d’escouades qui peuvent évoluer dans les deux divisions. On pourrait y rajouter quelques formations de National qui sur-jouent parfois au niveau de ce no man’s land (Quevilly, le Gazélec, Nîmes ou Niort, cette année), voire quelques exceptions de CFA. La formation dans toute sa splendeur : de la quantité en pagaille mais peu de top qualité. À travers ce resserrement (nivellement ?) des valeurs, on a pu voir, ces dix dernières années, quelques gargotes bien établies chuter par le fond en L2 (Nantes, Lens, Monaco…), d’autres en National, voire plus bas (Grenoble, Strasbourg, voire Metz cette saison). Certaines enfin, mais c’est plus habituel, alterner entre les deux, voire les trois premières divisions nationales (Caen, Sochaux, Valenciennes, Nancy, Sedan, Troyes et même Montpellier), sans compter Évian Thonon Gaillard et Bastia, montés en deux ans du National en L1. En sens contraire, Boulogne, Grenoble et Strasbourg ont connu comme une descente d’acide en accéléré, des feux de la rampe (et les droits TV afférents) à l’anonymat du troisième niveau, voire pire en CFA 2… Le classement du championnat de France ne dit pas autre chose au matin de la trente-huitième journée, comme souvent ces derniers temps. Huit équipes peuvent encore occuper les deux places restantes de la charrette. Attendu que le plus vieux résident – après le PSG, l’AJ Auxerre – du pensionnat de Ligue 1 ira faire joujou à l’étage inférieur l’an prochain. État des lieux.

12e : Valenciennes (40 points, -12) reçoit Caen
Un point suffit aux hommes de Daniel Sanchez (à moins d’une improbable raclée) qui jouent de surcroît contre un plus mal loti à domicile. Il faudrait également que Lorient prennne un point et que Sochaux (à cause de son goal average), Caen, Brest et Ajaccio l’emportent. Peu plausible. Risque de descente (RDD) : 1%.

13e : Nice (39 pts, -8) va à Lyon
Dans son malheur, l’OGCN a une chance, celle de rencontrer un Lyon démobilisé. Quoiqu’il arrive, le septuple champion de France est et restera quatrième. Pas l’ombre d’une petite prime de classement à faire miroiter. L’OL ne sera pas en Champions en septembre prochain pour la première fois depuis 1852. Une aubaine pour les Azuréens. RDD : 1 %

14e : Lorient (39 pts, -13) reçoit le PSG
Pour la première fois depuis longtemps, Lorient joue le maintien. À force de battre les cartes à son avantage à chaque intersaison, Gourcuff pensait peut-être s’en sortir sans grand dommage. Sa chance passera peut-être par un avantage rapide et conséquent de Montpellier à Auxerre. Dans ce cas-là, le PSG pourrait lever le pied. RDD : 3 %

15e : Sochaux (39 pts, -21) reçoit Marseille
Les Doubistes, engoncés dans la zone rouge depuis la mi-décembre, viennent juste d’en sortir. Au meilleur moment. Sauf si l’orgueil des Phocéens et le portefeuille de Margarita le veulent, histoire de dépasser Évian-TG pour la prime de classement, Sochaux a fait le plus dur. Sauf catastrophe, un point devrait suffire. RDD : 2 %

16e : Brest (38 pts, -8) va à Évian TG
La magie de la montée a disparu. La deuxième année est toujours plus difficile. Comme Dijon, Brest s’est englué dans des problèmes internes. Martins a remplacé Dupont. Pour quel bénéfice ? Celui du doute ? RDD : 8%

17e : Caen (38 pts, -18) va à Valenciennes
Le Stade Malherbe pourrait bien être à la place du mort, si d’aventure Ajaccio – et sa culture de la survie - prenait un point à Toulouse. Les Normands pourraient bien retourner en L2, habitués qu’ils sont à faire l’ascenseur. Une idée que doit haïr au plus profond de lui-même Franck Dumas. Le coach caennais va faire monter la température au Hainaut. RDD : 12, 5%

18e : Ajaccio (38 pts, -23) va à Toulouse
On appelle ça la prescience. L’avantage avec les certitudes au long cours, c’est qu’on peut s’y préparer. Auteur d’une entrée en besogne calamiteuse, l’ACA a appris depuis à combattre. En dépit d’un goal average calamiteux et malgré la motivation du Téfécé pour la Ligue Europa, on ne serait pas surpris qu’il se sauve avec un match nul. Condition sine qua non : que Caen et/ou Brest perdent… Le choix est simple d’un point de vue insulaire pour l’année prochaine : jouer la suprématie corse dans l’élite ou des derbys de feu contre le Gazélec, le club le plus populaire d’Ajaccio… RDD : 12,5%

19e : Dijon (36 pts, -20) va à Rennes
Le Petit Charolais ne sera resté qu’une saison en vente au Mc Do ? C’est possible, sinon probable. Après une première partie de saison honorable, les Bourguignons ont connu des ratés malgré Jovial, malgré Corgnet, malgré la venue de Kakuta cet hiver. Le petit tour de manège (comme Niort, Boulogne ou Arles-Avignon) semble tenir à d’innombrables dissensions intestines. Sous ses allures de showman italien, Patrice Carteron méritait mieux. Sauf miracle (victoire à Rennes, qui vise encore l’Europa, et conjonction des astres), Dijon sera en L2, l’an prochain. RDD : 60%.


Par Rico Rizzitelli
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