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Reims - PSG : le derby de Fontaine

Justo a près de 80 piges, mais personne ne l'a oublié. D'une, parce qu'il possède toujours un record footballistique impossible à battre (13 caramels en une seule Coupe du monde, en 1958). De deux, parce que cet après-midi, son club de Reims – où il a joué pendant six ans – reçoit le PSG, dont il fut l'entraîneur pendant trois ans au début des années 70.

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À Reims pour remplacer Kopa..

C'est bête, mais sans son formidable exploit de 1958, Just Fontaine n'aurait pas la même aura. Pourquoi bête ? Parce que Justo était un très grand buteur. Un mec à l'ancienne. Un pur neuf à gouaille. En débarquant de Nice en 1956 pour remplacer Raymond Kopa, Fontaine ne sait pas qu'il va enfiler les buts comme des caramels avec le Stade de Reims. En six ans, il plante 145 buts en 152 matchs. Largement de quoi faire pour braquer trois championnats de France, une Coupe de France et une place en finale de C1 en 1959. Pourtant, Justo n'a jamais été vraiment considéré par les siens qui, à l'époque, n'avaient d'yeux que pour Kopa. Rien que pour sa folie de 1958 – record pour lequel il recevra en guise de récompense... un fusil – il doit avant tout remercier la chance. Titulaire en bleu suite à la blessure d'un collègue, Fontaine débarque en Suède sans godasse. Trop occupé à fêter son doublé « Coupe-championnat » avec le Stade de Reims, Fontaine ne se rend pas compte qu'une de ses chaussures a rendu de rendre l'âme. « On avait juste deux paires de chaussures à l'époque et pas de sponsor. Je me suis retrouvé sans rien. Heureusement, Stéphane Bruey, un de mes coéquipiers remplaçants faisait la même pointure que moi et m'a prêté ses chaussures. Six rencontres et treize buts plus tard, je lui ai rendu son bien  » , se souvient Justo dans une interview accordée à la FIFA. C'est oublier l'attaquant qu'il était.

Dans une époque où les grands gaillards jouaient derrière et les rapides sur les côtés, Fontaine, lui, squattait le front de l'attaque. Jambes de feu et bon jeu de tête. C'était ça, son combo. Pas assez costaud pour garder le ballon, il a préféré être un renard. Il aurait pu être énorme si la malchance ne s'était pas mêlée de sa carrière. On est en 1960 et l'attaquant de Reims passe du côté obscur : double fracture de la jambe contre Sochaux. Le début de la fin. « Il aimait le ballon, mais je l'ai toujours connu boiteux » , se souvient Michel Marella, joueur du PSG dans les années 70, quand Fontaine était son entraîneur. « Il n'arrivait plus à courir. Même s'il ne buvait pas une goutte d'alcool, il fumait le cigare et avait un bon coup de fourchette. Alors à l'entraînement, il regardait, il blaguait, il parlait, mais ne jouait jamais avec nous.  »

Fontaine entraîneur... Une folie qui s'est jouée à rien. 1967, Fontaine a pris sa retraite depuis cinq ans et vient de passer trois matchs sur le banc de l'équipe de France, sans succès. Un journaliste – Adolphe Dhrey – organise alors une petite soirée entre amis. Le but ? Mettre dans la même pièce des mecs capables de monter un club de football professionnel à Paris. Ainsi, Fontaine se retrouve à la table de Daniel Hechter et Francis Borelli. Tout part de là. Justo accepte d'être la caution technique d'un club qui n'existe pas encore. Il faudra attendre six ans avant que le deal ne prenne forme. Le temps pour toute la clique parisienne, le fameux gang des chemises roses, de monter leur projet. Alors qu'il ne devait que gérer le recrutement, Fontaine se retrouve avec l'équipe fanion dans les mains, en binôme avec Robert Vicot. Promu en D2 suite au forfait de Quevilly (à l'époque, il n'y avait que trois divisions), le jeune PSG n'a qu'un objectif : monter en première division.

... à Paris pour se faire monter le cœur

Même en deuxième division, Fontaine tente de mettre en place un beau jeu. « Il était comme ça, à toujours vouloir attaquer, étaye Michel Marella. On jouait notamment avec un milieu de terrain en ligne. C'était beau sur les phases offensives, mais terrible défensivement. Je me souviens d'un match contre Reims en Coupe de France où les types passent cinq fois notre milieu dans tout le match. Moralité, on a pris cinq buts, mais il aimait voir du spectacle sur son banc. » Le spectacle, c'est un peu le leitmotiv de ce PSG-là. En plein milieu de saison, Bernard Brochand, célèbre publiciste cannois, débarque au club et négocie le plus gros contrat de publicité de la D2 avec la marque Canada Dry. Pourtant, le PSG de Fontaine peine à imposer sa patte sur cette D2. « On était déjà une équipe de Coupe, débite Marella. C'est pour ça que le match de barrage contre Valenciennes, en fin de saison 1973/1974, nous convenait bien. Il fallait s'imposer dans un match aller-retour pour monter en première division. On perd le match aller là-bas deux buts à un. Pour le retour, Justo ne s'est pas emmerdé avec un long discours. Ça a duré dix secondes et ça a suffit.  »


Moralité, le 4 juin 1974, le PSG bat Valenciennes 4 buts à 2 avec un pion de Marella. C'est la folie. Sur son banc, Fontaine est comme un fou. Il saute de partout... et s'écroule, victime d'un malaise cardiaque. « Il a eu un coup de chaud, se remémore Marella. Il était sous pression, mine de rien. Si on ne montait pas, le club n'aurait jamais vraiment existé. Je le revois encore, la chemise ouverte, le visage plein de sueur, en train de chanter dans les vestiaires. Justo, c'était avant tout un mec près de ses joueurs. Il racontait toujours des blagues. Il faut prendre du recul quand même. On était une équipe quasiment d'amateurs. Lui, c'était le mec de la Suède 1958, du grand Stade de Reims. C'était fou. On était tous fans de lui. Un mec en or. Je n'ai jamais croisé un mec capable de dire du mal de lui. »


Une fois la santé retrouvée, Fontaine doit s'atteler à composer son équipe pour la première division. Dans son recrutement, il récupère un Algérien de Sedan pour 1,35 million de francs. Un certain Mustapha Dahleb. À Paris, on se met à rêver. Pourtant, on déchante vite. Le 9 août 1974, le PSG se rend à Reims et prend un set de tennis dans les gencives (6-1). Six buts de Carlos Bianchi. Défensivement, le club est à la rue. « Je me souviens d'un match à Lyon où l'on mène 4-0 à vingt minutes de la fin. On fait finalement match nul, 4 partout. Fontaine était tellement en colère qu'il a pété sa montre en tapant sur le banc de touche. C'est l'une des rares fois où je l'ai vu en colère » , raconte Marella.

Dans le même temps, Bernard Brochand a ramené RTL dans les valises du PSG. Et la radio est gourmande. Elle veut le titre de champion de France. Impossible. À partir de là, Fontaine est constamment sous la menace. Et même si le club se maintient dès sa première saison en D1, le mal est fait. Just Fontaine va encore tenir un an sur le banc de touche parisien. Le club stagne et l'idole de 1958 aimante de plus en plus les critiques. Hechter et Fontaine, pourtant amis, se déchirent. Fontaine est licencié et porte l'affaire devant les tribunaux : le club doit verser 550 000 francs à Justo après une longue procédure. Cette séparation est moche et signe la fin de l'histoire entre l'homme et le jeune club. À ce jour, Just Fontaine reste encore le seul entraîneur à avoir fait monter le club en première division. Respect.

par Mathieu Faure
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alvar_hanso Niveau : DHR
"Just Fontaine reste encore le seul entraîneur à avoir fait monter le club en première division. Respect."

Mouais,
1/comme le dit l'article, le club n'a disputé qu'une saison de D2 dans son histoire.
C'est pas comme s'il avait réussi là ou d'autres ont échoué.

2/Il n'était pas entraineur mais directeur technique (même si c'est lui qui faisait le 11). Vicot était entraineur. Il est communément admis qu'il y avait un binôme qui se partageait le "coaching".
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