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Reims, le coup de la panne

Après un début de saison réussi, le Stade de Reims s'est embourbé dans une spirale de défaites. Cinq revers qui deviendront six si les hommes d'Olivier Guégan ne réagissent pas contre Montpellier. Historiquement, de telles méformes signifient toujours relégation en fin de saison.

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Mi-octobre, alors que son équipe était 7e de Ligue 1, Olivier Guégan ne s'enflammait par pour autant dans nos colonnes : « Ce premier quart de championnat est plutôt positif, mais il reste beaucoup de boulot. » Un mois plus tard, le contexte a totalement changé avec un Stade de Reims qui reste sur cinq défaites de rang en Ligue 1 – six, si on ajoute l'élimination en Coupe de la Ligue – et voit la zone rouge se rapprocher à grands pas. Si le coach avait anticipé les difficultés – « Il y aura des moments plus compliqués, mais il faudra les minimiser et faire en sorte qu'ils durent le moins possible » –, il n'avait sûrement pas imaginé une telle ampleur. Même si toutes les défaites n'ont pas découlé du même contenu : surclassé par Saint-Étienne le 31 octobre, Reims a perdu ses autres rencontres sur un but d'écart avec à chaque fois l'impression que la chance aurait pu basculer du bon côté.

Bolton Wanderers 2010-2011, le seul contre-exemple


Contre Montpellier, samedi, l'enjeu va être tout autant de stopper l'hémorragie que de récupérer un minimum de confiance. Car statistiquement, la situation rémoise pourrait effrayer les supporters les plus sensibles : les séries supérieures à trois revers de rang sont rares dans le football de haut niveau, mais quand elles se produisent, elles débouchent sur une relégation. Bien sûr, Reims est encore loin des 12 matchs du Grenoble de 2009-2010 – qui avait ouvert son championnat sur ce calvaire – ou de celui de Sunderland qui avait achevé son séjour en Premier League en 2002-2003 avec 15 défaites. Sans forcément toucher du doigt de tels extrêmes, la dernière équipe de Ligue 1 à avoir enchaîné cinq défaites consécutives – Évian la saison passée – a en définitive pris l'ascenseur dans le mauvais sens. Un seul contre-exemple existe : Bolton Wanderers saison 2010-2011 qui avait terminé sa saison sur cinq déconvenues, mais assuré une 14e place en Premier League. Une méforme payée l'année suivante avec une 18e place et une descente en Championship.


Le constat vaut autant pour Troyes que pour Reims, les deux équipes étant engluées dans une spirale de défaites : sauf réaction prochaine, ce sera la Ligue 2 et ses matchs du vendredi. Mais pour les Champenois, une descente en fin de saison aurait de vraies allures de gâchis au vu des progrès affichés par le club depuis plusieurs années : trois maintiens consécutifs et relativement sereins en Ligue 1, un centre de formation qui commence à donner de vrais résultats via le titre de champion de France U19 et l'éclosion de quelques joueurs en pro, et une santé économique qui pousse les dirigeants à voir plus haut, si possible vers le top 10. À Auguste-Delaune, l'heure est venue de prier pour un miracle, mais aussi d'en appeler au soutien populaire pour redresser la barre.

Le 12e homme en renfort ?


Dans une enquête récente, L'Union faisait d'ailleurs état de la ferveur limitée autour de l'équipe rémoise, Léo, secrétaire des Ultrems, expliquant qu'à Reims, « les gens se déplacent pour voir les grosses équipes, pas pour soutenir la leur. Ce sont des consommateurs, qui se rendent au stade comme d’autres vont boire une bière à une terrasse du centre-ville » . Selon le président du Groupement officiel des supporters stadistes, Daniel Wargnier, cette tendance serait malheureusement dans l'ADN locale : « À Delaune, il y a plus de spectateurs que de supporters, et ils ne viennent que pour les grandes affiches. C’est à se demander si Reims est une ville de sport. De mes souvenirs, à l’époque de Kopa et Piantoni, on faisait déjà de piètres affluences. » Le Stade de Reims ne joue plus l'Europe aujourd'hui, mais n'en aurait pas moins besoin d'un 12e homme pour se sortir du marasme sportif.

Par Nicolas Jucha
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