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Regards sur Trapp

Pointé du doigt après ses bourdes face à Bordeaux et au Real Madrid, Kevin Trapp doit désormais prouver à tous que ces bévues n'étaient que des erreurs de parcours. Analyse avec Christophe Lollichon, entraîneur des gardiens de Chelsea.

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«  La grande Trapp  » , « À la Trapp  » , «  IrraTRAPPable » , « Il faut trapper Trapp » … Il a donc fallu une nouvelle erreur du gardien du PSG pour que les jeux de mots faciles et attendus liés au nom du portier refassent surface. Et encore, on peut s'estimer heureux que ce ne soit pas Kroos qui ait profité de la boulette de l'Allemand. On a ainsi échappé au « Trapp à Toni  » . Mais plus qu'aux journalistes, le but casquette encaissé en Ligue des champions face au Real Madrid, synonyme de défaite du PSG juste avant la trêve, a surtout donné du grain à moudre aux détracteurs de Kevin Trapp.

L'œil de l'expert


Car le comportement du goal sur le seul pion de cette rencontre de C1 pose sérieusement question. Qu'a voulu faire Kevin Trapp ? Comment peut-on commettre une telle erreur d'appréciation quand on est censé faire partie du gratin européen ? « Je me garderais bien d'émettre un jugement sur l'action, car l'interprétation qu'on a devant notre télé est tout à fait différente de celle du gardien pendant le fait de jeu, répond Christophe Lollichon, l'entraîneur des gardiens de Chelsea. Devant ma télé, je ne vois pas ce qui a pu le gêner. Notre vue face à l'écran est transversale. Mais le gardien, lui, a une vision bien plus restreinte sur le terrain. En tout cas, pour qu'il s'aventure comme ça en laissant un tel angle, il y a forcément eu quelque chose. »

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Si le gardien n'a pas vraiment expliqué son attitude en zone mixte, il a en revanche avoué ne pas avoir vu Nacho Fernández poursuivre sa course et s'être concentré uniquement sur le ballon. Un souci de vision globale qui concerne tous les portiers, selon l'expert des Blues : «  C'est très difficile d'être capable de réunir un maximum d'informations visuelles sans trop bouger la tête. C'est pour ça qu'on travaille là-dessus avec un expert à Chelsea, avec des exercices de gymnastique des yeux et d'acuité visuelle. On bosse aussi en prenant en compte les couleurs. Begović le fait, comme Petr (Čech) quand il était encore là.  »

L'œil terne


Forcément, une troisième boulette en deux mois de compétition (après les deux premières contre les Girondins de Bordeaux en septembre) fait mal au moral. Dans un club surexposé où il n'a pas encore tous ses repères, l'ancien de Francfort va devoir s'accrocher pour digérer et rebondir, avec l'aide de son entourage sportif. Et ce n'est certainement pas cette trêve internationale avec la sélection allemande (au centre de deux matchs amicaux concernés de près par des attentats ou des projets d'attentats) qui lui aura permis de revenir plus sereinement.

Lollichon, encore : « Si le groupe des gardiens vit en bonne harmonie, ça facilitera grandement sa récupération. L'esprit de groupe est très important. » Mais ce passage constitue aussi à la fois un test et un apprentissage pour évaluer ce que vaut Kevin Trapp psychologiquement parlant : « Qu'ils se nomment Buffon, Casillas, Čech ou Courtois, tous les gardiens font des erreurs. En revanche, ils sont super forts mentalement et ils parviennent à dépasser le contrecoup. Ils savent que ça fait partie du job. Il faut être solide et assumer » , explique encore Lollichon, avant de continuer sur le cas Trapp : «  On ne peut pas le juger sur deux matchs. Il va apprendre à gérer la pression. Mais il doit apprendre vite.  » Autrement dit, Laurent Blanc doit laisser du temps à son numéro un et toujours lui faire confiance dans les cages. En espérant que Sirigu continue à jouer le jeu et ne mise pas sur des mauvaises performances de son concurrent pour récupérer sa place.

L'œil du cyclone


L'éternel débat Sirigu/Trapp amène d'ailleurs à une interrogation plus large : les gardiens dits « modernes » , symbolisés par le trio allemand Neuer/Trapp/Ter Stegen, seraient-ils plus exposés aux risques et donc aux boulettes en participant bien davantage au jeu de leur équipe ? D'une certaine manière, et quand on les compare au sobre et sûr Sirigu scotché sur sa ligne de but, seraient-ils plus décisifs mais moins fiables ? Pas du tout, assure d'emblée Lollichon. « D'abord, il n'y pas que les Allemands qui jouent haut, c'est une légende. Et la vérité, c'est qu'on prend beaucoup moins de risques en jouant haut qu'en restant sur sa ligne. Car on ferme l'espace, on gère la profondeur et on limite donc les possibilités de l'équipe adverse. » Pour le Français, « la différence se trouve au niveau médiatique. Une boulette d'un gardien qui sort de son but fera davantage le buzz. Les gens, qui ne comprennent pas grand-chose au poste de gardien, vont directement assassiner le portier en lui reprochant de ne pas être resté sur sa ligne. Ce qui est une absurdité. » Et ce qui rassurera sans doute les Trappistes.

Par Florian Cadu
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Dans cet article

paul der krake Niveau : DHR
Remember Lama.
Lui aussi avait fait 2-3 bonnes grosses boulettes (ex: Real-PSG match aller 1993), ça n'empêche que c'était un super gardien.
Il faut juste que ça ne se reproduise pas trop souvent...

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