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Redevenir Mamadou Sakho

Il a galéré, a pris des coups, s’est accroché, puis a fini par revenir grâce à ses tripes. Après un peu plus de dix mois de silence, Mamadou Sakho, devenu un jour footballeur par obligation, ressort depuis quelques semaines son cœur sur la table à Crystal Palace où il est déjà devenu un héros. Comme une autre brique dans le mur que s’est construit depuis toujours le titi parisien.

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La lumière se rallume, la fête est terminée. Sam Allardyce connaît trop ce genre de situations pour se laisser avoir par les dangers de la satisfaction. L’an passé, à la même période, l’homme avait déjà un foulard de sauveur serré autour de la tête et pointait alors à la dix-huitième place de Premier League avec Sunderland. Puis, comme souvent, Big Sam a réussi la mission qui lui avait été donnée le premier jour : sauver un club de la descente. S’il est aujourd’hui sur le banc de Crystal Palace, c’est avant tout de nouveau pour ça, mais aussi parce qu’il a fait quelques conneries qui lui ont coûté la fin prématurée de son aventure de sélectionneur national il y a maintenant quelques mois. Et, là encore, Allardyce résiste. Plus de trois mois après son atterrissage, Palace respire mieux, pointe actuellement à quatre points de la zone rouge et reste surtout sur quatre succès consécutifs en Premier League. Cependant, pas question de souffler.


Samedi, les Eagles ont pourtant claqué une performance XXL en s’imposant à Stamford Bridge face à Chelsea (2-1), champion annoncé depuis plusieurs semaines, toujours leader avec sept points d’avance sur Tottenham et qui n’avait surtout plus perdu depuis le 4 janvier dernier. Mais Allardyce a été clair : « Il n’y aura aucune fête aujourd’hui. Les gars doivent rentrer chez eux et se préparer pour le déplacement à Southampton mercredi soir. Oui, notre performance a été extraordinaire, mais rien n’est fini. » Se satisfaire n’est pas dans les habitudes du général de Dudley. Reste que derrière cet exploit – une victoire construite sur l’idée de destruction de l’adversaire – se cachent plusieurs héros : Wayne Hennessey, la doublette Zaha-Benteke et une ligne défensive monstrueuse dont le porte-étendard est une gueule connue. Oui, Mamadou Sakho est de retour, et s’il en est là, c’est avant tout par fierté plus que par revanche. Le Français est trop pudique pour exploser de joie, alors il faut tendre l’oreille.

Le saut du cœur


La scène s’est jouée samedi sur les coups de 18h. Après ses obligations médiatiques, Sam Allardyce rejoint le vestiaire visiteur de Stamford Bridge. Ce qu’il va entendre confirme ses impressions. Autour de la table, l’ensemble des joueurs du groupe. Ils chantent et ils chantent pour un homme : Mamadou Sakho. Ils chantent car, tout simplement, l’international français a été héroïque pendant toute la bataille, qu’il a tenu Diego Costa, qu’il a su enfiler un costume de dernier rempart dans les dernières foulées, mais aussi qu’il a donné l’exemple à une défense bousculée par les blessures (Tomkins, Dann). Au bout, un nouveau succès, le quatrième de rang depuis que Sakho est titulaire. « Mamad’ s’est intégré de façon exceptionnelle au groupe et à l’environnement du club. Il a travaillé extrêmement dur pour retrouver sa forme et il est en train de montrer quel défenseur de qualité il est. Le saut qualitatif qu’il nous a fait faire sur ses premiers matchs est incroyable » , lâchait Allardyce il y a quelques jours. Il suffisait d’écouter les supporters de Palace face à Chelsea samedi pour comprendre que l’ancien Parisien est déjà devenu un homme à part. Comme partout avant. Tout simplement car, au-delà de ses qualités naturelles, Sakho « joue avec le cœur » et ne fera jamais semblant. Le Parc l’a aimé pour ça, Anfield aussi. Et s’il vient d’atteindre le bout d’un tunnel de dix mois, entre une suspension pour un contrôle antidopage positif, des embrouilles avec Klopp et une mise au placard à Liverpool, c’est aussi pour ça. Car Mamadou Sakho ne triche pas et qu’il n’est pas là par choix, mais par nécessité.

Colosse en mission


Oui, Sakho n’est pas le défenseur le plus élégant du monde, pas le plus équilibré, pas toujours le plus rassurant, mais défendre est avant tout un état d’esprit, une science du combat et du placement. Ce qui lui arrive aujourd’hui est plus profond que ça, plus important. Peut-être qu’il faut réécouter les mots de son ancienne prof d’arts plastiques pour mesurer ce retour : « Quand on lui prenait son ballon, on jouait un peu avec sa vie. » Aimer Mamadou Sakho, c’est certainement aimer autant le joueur que l’homme. Celui qu’il est devenu grâce à l’accompagnement de ses anciens formateurs, celui qui se définit comme un ancien « nomade de Paris » , celui à qui on ne peut « acheter le plaisir de jouer au foot » , celui qui avoue souvent avoir « appris à donner » grâce au football, qui a galéré et grandi dans la rue, mais aussi celui qui est avant tout devenu professionnel pour aider sa famille, amputée d’un père en mars 2004. Le colosse est en mission et l’a toujours été, ce qui se retrouve sur un terrain où chaque ballon est joué comme si c’était le dernier. Un élément qui est indispensable dans une lutte pour le maintien, au point d’avoir rapidement pris la place du chouchou de Selhurst Park, Damien Delaney, et de Scott Dann aussi. Il faut se satisfaire de son retour comme celui d’un sourire qui nous rappelle que le foot peut être beau dans sa simplicité. Sakho, c’est avant tout ça : de la propreté sans fioriture. Faire le ménage peut donc être chouette, au point de gratter une place dans les meilleurs joueurs du mois de mars. La fête vient de reprendre.



Par Maxime Brigand
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