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Real, un mercato pour quoi ?

Qu’offre-t-on à un homme qui a tout ? Depuis le clap de fin de la saison passée, Florentino Pérez et ses conseillers s’activent pour trouver réponse à cette interrogation, et renforcer l’armada de Zidane. Une tâche périlleuse tant l’effectif merengue à l’équilibre enfin trouvé regorge de richesses.

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Quinze jours d’insistance pour rien. En substance, les lecteurs de Marca et aficionados du Real Madrid se répètent en boucle ce refrain depuis le 21 juillet dernier au soir. Alors que le quotidien le plus lu d’Espagne n'a cessé de répéter deux semaines durant que le prodige portugais des Chés est sur le point de s’engager avec la Casa Blanca, le FC Barcelone officialise le recrutement d’André Gomes à la nuit tombée. Un pied de nez terrible pour le journal pro-merengue qui, dès le lendemain, tente de cacher son raté : « Au dernier moment, la direction madridista a décidé de ne pas signer André Gomes, puisque dans le même temps James Rodríguez a indiqué vouloir rester au Real Madrid. » L’argument, aussi invérifiable soit-il, n’en délivre pas moins une vérité que confirme un effectif madrilène inchangé. Avec le seul rachat d’Álvaro Morata, parti gagner en maturité du côté de Turin, le Real Madrid vit un été paisible, entre la quiétude canadienne de sa pré-saison et le calme plat dans un mercato qu’il a pour habitude d’agiter. Et rien n’annonce que d’ici un mois, le Santiago Bernabéu n’héberge une présentation de Galactico en grande pompe.

Morata, entre exigence sportive et considération politique


Lorsqu’avec un communiqué laconique au beau milieu de l’Euro la direction merengue annonce le rapatriement d’Álvaro Morata en terre madrilène, la nouvelle n’agite pas les abords du Bernabéu. Quelques semaines et une reprise plus tard, la loge d’honneur du stade madrilène reste sans vie. Amorphe, elle ne prend pas le temps de présenter le canterano aux supporters blancs et affirme un peu plus une nouvelle tendance du club quant au marché des transferts. Car habitué aux shows démesurés de bienvenue aux stars Cristiano Ronaldo, Gareth Bale ou James Rodríguez, l’antre de Chamartin profite de cette pause estivale pour se refaire une santé et une pelouse. Les finances madridistas, elles, se confondent avec un trésor de guerre. Et pour cause, les quelque 30 millions d’euros virés sur le compte de la Juventus Turin ne forment qu’une broutille du budget alloué au recrutement par la Junta Directiva de Florentino Pérez. Le retour de Morat - « un homme de la maison » , dixit Zinédine Zidane -, répond à des exigences sportives, puisque c'est une doublure de luxe pour Benzema, autant que des considérations politiques, pour satisfaire les socios locaux.


Annoncé autant qu’attendu, ce transfert estampillé Fabrica ouvre désormais une période d’incertitude d’ici à la fin de l’été. Une première dans les deux mandats de Florentino Pérez, gourou de la politique de Galacticos et garant du manque de stabilité du club. Justement, ce soudain effacement médiatique fait du bien à une Maison-Blanche qui ne sait plus sur quel pied danser. Entre une Undécima remportée face au voisin colchonero et une Liga passée dans le rétroviseur de l’ennemi blaugrana, le Madridismo sort d’un exercice autant schizophrénique qu’heureux. Les premiers mois du double Z sous la guérite du Bernabéu apportent certes un climat apaisé, loin des demandes de démission d’une partie de l’aficion envers son président, mais n’offrent aucune vision du club sur le long terme. La stabilité souhaitée par le Marseillais - « il faut l’avouer, il est très difficile de changer quelque chose dans cet effectif » - renvoie également à la difficulté d’améliorer un groupe dont tous les postes sont doublés par des internationaux confirmés, Morata apportant le zeste de concurrence bénéfique à la BBC.

Préparateur physique plutôt que Galactique ?


Inédit, le calme qui entoure le Santiago Bernabéu interloque la presse pro-madridista. Prompts à dégainer des unes quotidiennes sur les possibles renforts blancs, les As et Marca sont déboussolés. À tel point que le moindre chuchotement de Robert Lewandowski ou la tenue vestimentaire blanche de Paul Pogba déclenchent une rumeur sans fondement. Les quelques paroles gracieuses de ZZ envers le Français de la Juve, a contrario, rappellent que le Real peut dégainer un Galactique pour des besoins marketing ou des envies passagères. Pour le moment, le Marseillais s’attèle à surveiller et superviser ses jeunes de pousses du Castilla ou de retour de prêts. Entre les Llorente et Asensio, les Ødegaard et Jesé, des choix devront être faits, des départs actés. Dans le sens des arrivées, c’est le staff technique qui ouvre ses portes. En attendant un chamboulement d’une équipe médicale contestée à l’intérieur même du vestiaire, c’est l’ancien préparateur sportif de l’OL, l’Italien Antonio Pintus, qui vient renforcer le physique si précaire des Madridistas la saison passée. Un renfort à moindre coût dont les bénéfices, eux, pourraient se chiffrer en trophées.

Par Robin Delorme
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