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  2. // Real/Ajax (2-0)

Real Madrid : du bon boulot

Deux clubs légendaires, mais une seule équipe sur la pelouse : le Real, sérieux et appliqué, à défaut d'être irrésistible. Du travail de pro. Signé José Mourinho.

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Pour saliver avant ce Real-Ajax, il fallait croire à la grandeur du passé et se faire myope devant les statistiques contemporaines. Neuf C1 d'un côté, quatre de l'autre, la rencontre de deux palmarès de ce calibre est une rareté. Ce Real-Ajax signait aussi les retrouvailles entre Stekelenburg et Casillas, les deux portiers de la finale de la Coupe du Monde. Sur le papier, ça en jette. La réalité du moment maintenant : la dernière participation des Hollandais à la Ligue des champions remonte à 2005. Le dernier quart de finale du Real à 2004.

Privé de son principal atout, Luis Suarez, suspendu (ça devient une habitude...), l'Ajax ne fait même pas semblant d'honorer la mémoire de Rinus Michel. Zéro pressing, un attentisme qui condamne les hommes de Martin Jol à subir les vagues merengues. Avec Higuain en pointe, supporté de gauche à droite par Ronaldo, Ozil, et Di Maria, le Real va pouvoir rôder ses automatismes offensifs. Comme l'exige Mourinho, qui a déjà déclaré la guerre à l'atrophie du jeu merengue dans l'axe, le terrain est occupé dans toute sa largeur. Ronaldo s'y plie et colle à sa ligne de touche. On le sent tout de même prompt à quitter le couloir pour mieux prendre la lumière. Sans surprise, la deuxième période se situera principalement dans l'axe. Sa complicité avec son latéral, Marcelo, frise le néant.

Lors des 20 premières minutes, la priorité au jeu sur les ailes est toutefois bien respectée, mais ça perce surtout au centre comme sur cette frappe d'Higuain sur la barre (19e). Ozil se trouve à la base des combinaisons les plus intéressantes. Au relais d'un une-deux avec Di Maria, il voit l'Argentin faire le dribble de trop dans la surface (27e). Croqueur, l'ex du Benfica manque son enroulé dans un fauteuil, au terme d'un beau travail de Marcelo, enlaidi toutefois par l'approximation de son service qui cherchait Higuain (33e). Le laxisme défensif semblait condamner le Brésilien à l'arrivée de Mourinho, mais son profil de pur joueur de couloir séduit manifestement le Special One.

Brillant par intermittence, appliqué à la perte du ballon, le Real ouvre le score sur un chef d'œuvre de laideur : un corner de Xabi Alonso -associé à Khedira à la récup'- est touché par un crâne hollandais avant de retomber sur la cuisse d'Higuain, toujours au bon endroit au bon moment (31e). Qu'importe le flacon...

Auteur de seize buts en cinq journées en Hollande, l'Ajax se montre incapable de se créer la moindre opportunité. Cela en dit long sur l'état de l'institution et de son championnat, définitivement relégué dans la deuxième division européenne. Cela souligne aussi le premier apport tangible de Mourinho : l'application et l'implication de toute son équipe à la perte du ballon. A l'exception de Ronaldo... Malgré un réalisme offensif déficient, la récupération très haute sur le terrain permet aux Merengues d'attendre le but du break en toute sérénité.

Il tombera comme un fruit un peu trop mûr à la 73e minute : Di Maria lance Ozil d'une louche caviar, l'Allemand frappe, Stekelenburg renvoie l'objet à son émetteur, qui centre à l'aveugle... Le hasard n'étant pas loin d'être le meilleur passeur décisif d'Higuain, l'Argentin en profite pour signer un doublé. Loin des parties en montagnes russes ou en forme de course-poursuite qu'offraient les hommes de la Maison Blanche depuis trop longtemps en Ligue des champions, le Real offre une copie propre, sans rature, pour sa première sous le signe du Special One. Le Real de Mourinho n'a évidemment pas encore trouvé sa forme achevée, mais il porte déjà sa patte. Celle qui pourrait l'amener à renouer avec son passé légendaire.

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