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Real-City, un amical qui n’en portait que le nom

Uppercut, étranglement, balayette… Rarement un match de football aura autant ressemblé à un ring de boxe que ce Real Madrid-Manchester City de 1979. Une rencontre amicale qui commence en chamaillerie et qui se termine en pugilat. Hardcore.

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Avant d’ouvrir ses finances aux pétro-dollars du Golfe, Manchester City répond à tous les critères du club populaire. Autrement dit, ses finances se trouvent souvent dans le rouge, ses performances sportives sont plus qu’aléatoires, et son jeu respire un football rustre. À la fin de l’année 1979, c’est en tout cas le constat que fait le Real Madrid, alors entraîné par Vujadin Boškov pour qui « le football est le football » . En prévision d’un affrontement en quarts de finale de la Coupe d’Europe contre le Celtic de Glasgow ou Nottingham Forest, le coach yougoslave presse Luis de Carlos, président merengue, à trouver un adversaire britannique contre lequel disputer un match amical. Le choix se porte donc sur Manchester City, « un adversaire pas trop cher à déplacer à Madrid, ni trop fort ni trop mauvais » . Dans les faits, les Citizens, vainqueurs de la Coupe des vainqueurs de coupe en 1970, se traînent difficilement dans un championnat anglais dont ils occupent le quatrième strapontin. Pourtant, ce match amical se transforme en pugilat de violence qui fait, aujourd’hui encore, date dans les têtes des vieux supporters madridistas.

Otamendi, le faux indispensable

Robinson : « J’étais si heureux, mais… »


« L’été précédent, j’étais allé à Majorque en vacances, mais ce voyage était mon premier pour jouer au football en Espagne. Et au Bernabéu ! J’étais ému, surtout que mon père n’arrêtait pas de me rabâcher dans mon enfance qu’il n’y avait qu’un seul endroit où l’on jouait un meilleur football qu’en Angleterre : au Santiago-Bernabéu. À Preston, j’ai eu Bobby Charlton en manager et Nobby Stiles en entraîneur, les deux me parlaient avec des étoiles dans les yeux du Real. Je suis arrivé au stade en pensant aux fantasmes de Di Stéfano, Puskás, Gento… Dans le vestiaire, j’étais si heureux que je m’imaginais m’asseoir à la même place que Bobby Charlton un jour. Mais… » Lorsque Michael Robinson, ancien international irlandais, aujourd’hui connu pour ses commentaires sur Canal Plus Espagne, évoque ses souvenirs de cette rencontre, sa voix tressaille. Lui, alors toute jeune recrue mancunienne, s’imagine l’antre merengue comme La Mecque du football champagne, mais en ressort lessivé par une violence inouïe. Pourtant, les passements de jambe et les roulettes de Juanito suivent le coup d’envoi et réchauffent les cœurs madrilènes, frigorifiés par une pluie harassante.

L’ouverture du score de Santillana dès la 6e minute marque le début des hostilités. Floués par un hors-jeu non signalé - amical oblige, les arbitres sont tous madrilènes -, les Anglais passent d’abord leurs nerfs sur l’homme en noir, Lamo Castillo. Alors, quand les Castillans poursuivent leur entreprise d’humiliation par des gestes chambreurs, le simple haussement de ton british se transforme en taquets physiques : « Nous avions des joueurs avec beaucoup de caractère. Et ces gestes, ça ne leur a pas plu du tout » , dixit Robinson. Malgré une égalisation effective à la suite d'un coup de casque, les échauffourées ne perdent pas en intensité. Bien au contraire, les coups pleuvent et Vujadin Boškov, « un entraîneur qui te pardonnait tout, sauf de ne pas mettre le pied » , selon Isidro, défenseur alors titulaire, décide de faire sortir ses deux offensifs les plus tranchants, Cunningham et Juanito, auteur d’un doublé, avant la pause. La suite, la chronique du quotidien ABC la relate : « Ce qui se déroule dans le second acte est honteux. Les gifles fusent de partout sans que personne ne sache qui donne le premier coup de boxe. »

Boškov : « Une chose est un match dur, une autre ce qu’il s’est passé »


Dangereux pyromane, l’arbitre ne fait qu’attiser les braises. « De tous les coups que j’ai vus, presque la moitié sont intervenus durant ce match » , précise Robinson, qui poursuit : « J’ai reçu tellement de coups que je voyais mal. Stiles, une grosse brute, me disait à moitié en blaguant qu’il n’y allait pas en voulant me faire mal, c’était juste qu’il ne voyait pas à cause de la pluie. Vers la fin du match, on s’est parlé comme on pouvait entre joueurs des deux équipes. Le dialogue était plus ou moins : "Qu’est-ce qu’on fout ici ?" "On va se rentrer dedans jusqu’à la fin !" » Des paroles de poètes qui se traduisent par une tentative d’étranglement de Benito sur Booth, des agressions, coude en avant, sur corner, et des tacles au niveau des genoux. « La boucherie sur le terrain » , comme le commente le compte-rendu d’El Pais, échaude les esprits dans les tribunes. Quand l’entraîneur des Citizens, Malcolm Allison, excite le public, celui-ci lui répond en lui envoyant bouteilles et autres objets sous la main. Finalement, après deux expulsions dans chaque camp et un étrange 9 contre 9, le Real s’impose 5-2 et, miraculeusement, n’enregistre aucun blessé grave. Mieux, la leçon est apprise, les Madridistas battant le Celtic en quarts de la Coupe d’Europe.



Par Robin Delorme
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Dans cet article

souzadeoliveira Niveau : Ligue 2
City ou le Real en finale qu'est-ce que ça peut me faire mal au fion.

Pourquoi ? Pourquoi ce vautrage dramatique en quarts, hachetag regrets éternels
"Floués par un hors-jeu non signalé - amical oblige, les arbitres sont tous madrilènes -, les Anglais passent d’abord leurs nerfs sur l’homme en noir, Lamo Castillo."

On se demande pourquoi ils finissent à 9 contre 9 si l'arbitre est tellement partial.

Puis, juste après la vraie raison de la violence : "Alors, quand les Castillans poursuivent leur entreprise d’humiliation par des gestes chambreurs, le simple haussement de ton british se transforme en taquets physiques : « Nous avions des joueurs avec beaucoup de caractère. Et ces gestes, ça ne leur a pas plu du tout » , dixit Robinson."

Bref, à quoi rime le sous-entendu sur l'arbitre? On a tous compris que les anglais étaient un peu limités techniquement et ont réagi comme des bourrins en se sentant humiliés sur le terrain. On peut d'ailleurs pas dire que ça ait beaucoup changé, les anglais sont toujours très limités techniquement et aiment le côté bourrin. Heureusement pour les spectateurs, leurs équipes n'ont quasiment plus d'anglais.
ChristopheDussart Niveau : District
Heureusement qu'il y a moins d'anglais parce se passer de la classe, de la justesse technique et de la délicatesse défensive d'Otamendi eut été fort dommage.

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