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Real Charming Club

Kylian Mbappé aurait reçu un coup de fil de Zinédine Zidane qui aurait fini de le convaincre que ce serait le Real Madrid ou rien. Après Raphaël Varane, pendant son bac, le prodige de Monaco est le second joueur hexagonal à craquer sous les petites attentions de la Maison-Blanche. Car le club le plus titré d'Europe n'est pas le plus attractif par hasard. Au-delà du prestige ou de l'argent, il a su cultiver une culture et des valeurs à même de séduire tout joueur professionnel, ou presque.

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L'anecdote est difficile à vérifier, ce qui la rend d'autant plus éclatante, presque mythique. Elle se passe lors d'une soirée feutrée, peut-être pour le trophée du meilleur joueur FIFA de l'année, ou une œuvre de charité à l'hiver 2000-2001. Florentino Pérez, président du Real, serait à la table de Zinédine Zidane. Meilleur joueur du monde, mais sous les couleurs de la Juventus. Une anomalie pour le patron de la Maison-Blanche, qu'il s'efforce de gommer avec calme. Un petit mot, sur un coin de serviette : « Aimeriez-vous jouer au Real Madrid ? » Un peu comme un gentleman d'un autre siècle qui demanderait à la beauté qu'il convoite « puis-je vous faire la cour ? » Un simple « oui » du joueur français fait basculer l'histoire du foot, avec un grand H. Un transfert record à 75 millions d'euros – désormais battu –, une reprise de volée du gauche restée dans les annales, puis des déclarations d'amour régulières à l'égard de sa conquête. Même quand elle est trop âgée pour continuer à danser sur le rectangle vert. Si Zinédine Zidane est désormais un entraîneur presque autant admiré que le joueur qu'il fut, le grand mérite en revient à Florentino Pérez. Qui a su l'attirer au Real, l'y garder, l'y choyer, avant de le préparer progressivement pour une nouvelle fonction.

La réputation d'abord


Parce que le président du Real Madrid a su voir plus loin que le footballeur de génie. Il a vu un homme unique au destin prodigieux. À l'image de ce qu'il a su construire en bientôt deux décennies dans la capitale espagnole : un alliage d'excellence impitoyable et de patience bienveillante, d'impératif du résultat et de respect des valeurs clés aux yeux des supporters. « La formule gagnante du Real Madrid sur et en dehors du terrain, du choix des joueurs jusqu'à la gestion financière, est basée sur un alignement de la stratégie du club sur la culture et les valeurs de sa base de supporters » , estime Steven G. Mandis. Auteur du livre The Real Madrid Way: How Values Created the Most Successful Sports Team on the Planet, il est évident pour lui que l'obtention de la douzième Ligue des champions du club résulte en grande partie de la défense des valeurs du peuple merengue. D'ailleurs quand l'auteur rencontre l'actuel président madrilène pour l'un des premiers de leurs multiples entretiens, l'homme d'affaires annonce rapidement la couleur. Les résultats, oui, mais surtout « une grande réputation » . Florentino Pérez ne connaît alors pas grand-chose au football, mais il a réalisé le concept majeur du foot business et s'apprête à faire du Real une marque globale.

L'anomalie Mourinho


« Courir après les joueurs les plus talentueux – donc les plus chers – peut être une recette à victoires, mais aussi à désastres financiers, comme pour le Real Madrid de la fin des années 1990. La direction actuelle du Real Madrid croit que le club existe pour servir sa communauté. Ils ont compris que les supporters s'attachaient plus aux raisons d'être de l'équipe, à sa manière de gagner, avec qui, qu'au simple fait de gagner » , souligne Mandis. D'où les déboires de José Mourinho, sifflé par Bernabéu bien qu'il ait su briser l'hégémonie du Barça de Pep Guardiola en Liga, et même pousser l'actuel manager de Manchester City à l'usure mentale. Au Real Madrid, il faut donc gagner, mais comme un « señorio » , avec élégance, honnêteté et donc sans contestation possible. Pour le maillot immaculé, avec la manière, et aussi les joueurs dignes de le faire. « Le pourquoi et le comment créent une communauté et une identité, cela inspire une passion extraordinaire et de la loyauté, lesquelles amènent à des succès marketing et commerciaux impressionnants. Tout en attirant et permettant de payer les meilleurs joueurs du monde, sans renier les valeurs attendues par les supporters. Et tout cela – les valeurs et la culture du club – procure un environnement puissant qui permet à ces joueurs de travailler ensemble pour gagner des trophées. »

« Les joueurs réalisent qu'ils sont égaux face à l'institution Real Madrid »


Dans la réussite actuelle du Real, mais aussi sa capacité à encaisser les échecs et les fins de cycle, il y a la vision managériale de Pérez, moderne, et la capacité du club à maintenir ses traditions les plus vitales. « Les capitaines sont désignés par ancienneté, donc ils sont imprégnés des valeurs du club, les joueurs issus du centre de formation sont valorisés et représentent un pourcentage significatif de l'équipe. Et les joueurs ont tous le même contrat – à l'exception du salaire – et les mêmes obligations, les mêmes casiers. Tout cela pour s'assurer que les joueurs réalisent qu'ils sont égaux face à l'institution Real Madrid, ainsi renforcée » , décrypte Steven G. Mandis. En définitive, la Maison-Blanche a instauré un cercle vertueux qu'il est bien difficile d'imaginer se rompre à court terme. Dans celui-ci, le coup de fil de Zinédine Zidane à Kylian Mbappé est bien moins un acte anodin qu'une vraie signature propre à faire la différence face aux autres courtisans du jeune buteur. Car à la lumière de ces petites attentions, le Real Madrid se donne un visage plus humain, plus adapté à son actionnariat. « Être la propriété de 92 000 supporters qui votent pour un président tous les quatre ans, c'est très différent d'un milliardaire qui comble les pertes et traite le club comme un actif. » Un mode de fonctionnement archaïque sous certains aspects, que Florentino Pérez a su, à sa manière, optimiser et magnifier. « Florentino et son équipe, comme tous bons hommes d'affaires, ont reconnu qu'ils avaient besoin d'une mission claire et de valeurs clairement exprimées, comme la plupart des entreprises. Mais le génie dans tout ça, c'est d'avoir reconnu que la mission et les valeurs devaient venir des socios. Le rôle des managers consistent à donner aux supporters ce qu'ils veulent, quand la plupart des milliardaires font ce qu'ils veulent de leur club, ou imaginent que seule la victoire compte. » Et c'est visiblement parce que la victoire ne suffit pas au Real Madrid que la plupart des joueurs professionnels rêvent d'y gagner des titres. Difficile de donner tort à Mbappé.



Par Nicolas Jucha Propos de Steven G. Mandis recueillis par NJ
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