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Real-Atlético, comme d’habitude

Le derby madrilène ne promet pas grand chose d’autre qu’un déséquilibre insolent entre les deux voisins. Le Real est archi favori mais l’Atlético y croit quand même. Un peu.

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« Jouer bien, ouvert et joyeux ne sert à rien si à la fin on n’atteint pas l’objectif : la victoire. C’est ce que nous devons faire. Ne pas jouer ni joyeux, ni ouverts, ni jolis, ni sympas. Nous devons jouer un match fermé, dur, moche, sans qualité mais sans non plus passer pour les bonnes de sœur de la charité à Santiago-Bernabeu » Gregorio Manzano, le coach colchonero, n’en est pas à un blasphème prêt. Pour violer Santiago-Bernabeu, il va falloir être violent, costaud et déterminé. Tout le contraire d’un Matelassier. A Madrid, les Rouges et Blancs sont les voisins sympas qui vivent à l’ombre du géant d’à côté. Dans la ville du grand Real, être un colchonero c’est s’assurer une bonne dose de sympathie à l’heure du vermouth et quelques désillusions vers l’heure de la caña. La Mahou (bière officielle du club) sert à noyer l’insolence des Merengues, aristocrates du ballon mais infirmes de la passion. Être merengue est une exigence. Être Atlético est un sentiment. L’Atlético de Madrid est un club de génies incompris (Schuster, Futre, Aragonés), pas un quarteron de généraux en campagne, ni une bande de morveux assoiffés de chevilles adverses.

Pourtant quand Manzano montre les crocs, Mourinho voit des dents de lait. Après tout le pyromane des salles de presse c’est lui. Mettre la pression sur l’adversaire, il s’y connaît: « Pour moi tout ça c’est un peu comme aller au ciné. Si quelqu’un me dit qu’un film est mauvais, je ne vais pas acheter ma place. Encore moins si cette personne c’est le réalisateur du film lui-même. Maintenant en tant qu’entraîneur, je respecte la façon de jouer de tout le monde. Nous à Valence (la semaine dernière, victoire 3-2, ndrl), on a joué l’attaque mais à la fin il a fallu jouer tous derrière. A tous les coups [ aujourd’hui] celui qui domine c’est l’Atlético, on ne sait jamais. » Sauf qu’après 12 journées l’Atlético, pourtant bien parti en septembre, c’est 16 points, 17 buts marqués, 16 encaissés et une petite neuvième place. Le bloc rouge et blanc n’a donc pas de quoi effaroucher une nonne. Malgré Falcao (blessé) et avec Diego, Adrian, Turan, Felipe Luis ou Reyes, cet Atlético n’a peut-être pas encore assez pour jouer le titre, mais largement ce qu’il faut pour traîner sur le podium et jouer au ballon. Être rouge et blanc n’est pas nécessairement synonyme de malédiction. Quoique.

Un derby pour rien ?

Difficile pour les Matelassiers de faire semblant de ne pas être découragé devant l’immensité de la tâche. Jamais un derby n’a semblé aussi déséquilibré. Sur le plan financier avec ses 500 millions de budget annuels, le Real écrase un voisin pourtant pas trop mal logé (135 millions). Et puis les Rouges et Blancs le savent bien, les quartiers Nord de la ville et leurs façades toutes merengues sont irrespirables en ce moment. Le Real vient de battre le record de 11 victoires d’affilée de Guardiola. Voilà 12 victoire enfilées comme des canettes de Heineken et un Real hyper confiant après sa promenade contre Zagreb : 6 buts, 800 passes, 88% de passes réussies, 64% de possession. Côté matelas, la dernière victoire colchonera c’était au XXème siècle. Le 30 octobre 1999, la bande à Hasselbaink, Solari et Capdevilla violentait la clique des Ivan Campo, Roberto Carlos, Julio Cesar, Redondo, Raul, Guti, Helguera et Seedorf (victoire 3-1). Cette saison-là l’Atleti descend finalement en Segunda sous les sifflets. Depuis, plus rien d’autre que la honte et la déception. Mais les séries s’arrêtent toujours. Même Dallas.

Alors ce soir il faudra regarder ce derby madrilène parce qu’être Atletico c’est aimer les surprises et les coups de génie. Ruben Amón dans El Mundo donne la formule magique pour battre l’insupportable voisin: « Xabi Alonso reste bloqué dans un embouteillage, Ronaldo met ses chaussures à l’envers, Altintop est titulaire et Forlan et Agüero apparaissent sur la feuille de match » . Il y a peu de chance que ces miracles se produisent. Côté Mou le doute porte sur le côté de droit. Callejon – homme du match contre Zagreb, ou Di Maria ? Avec Kaka et Arbeloa à l’infirmerie, le reste est clair : Casillas/Marcelo-Ramos-Pepe-Lass/Khedira-Xabi Alonso/CR7-Ozil-Callejon (ou Di Maria)/Benzema. Côté rouge et blanc, Manzano doit faire sans Falcao, Tiago, Lopez et Silvio. L’Atlético ressemblera à ça : Courtois/Felipe Luis-Dominguez-Miranda-Perea/Gabi-M.Suarez/Turan-Diego-Reyes/Adrian. Les Colchoneros tenteront de survivre aux premières 5 minutes. Car le plan madridiste est simple : régler le problème rapidement. Pour les voisins c’est le contraire : résister, faire douter, tenir et puis surprendre en contre. Sinon ? Une défaite, comme d’habitude.

Par Thibaud Leplat, à Madrid
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