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Rayo Vallecano, un monde parfait

Le Rayo reçoit le Real pour un derby totalement déséquilibré. Il faut beaucoup d’imagination pour voir les Merengues abandonner 3 points cet après-midi. Ça tombe bien car à Vallecas on n’a pas de pétrole mais on a des idées.

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Dans un monde parfait Scarlett Johanson passerait pour dîner et le Rayo serait leader de Liga. Mais Sandoval, le coach de Vallecas est un type simple, de la trempe de ceux qui rêvent mais pas trop fort. Chez ces gens-là le réalisme est obstinément optimiste : « Les secondes phases de mes équipes sont toujours excellentes » prévient-il. A Vallecas pour s’enivrer, il suffit d’oublier les matchs aller, de lever les yeux et de regarder le classement accroché dans le vestiaire du rayon rouge. Ce qui compte c’est la deuxième partie du championnat: « Nous sommes deuxième derrière le Real parce que nous n’avons perdu qu’un match sur les quatre joués. Si nous parvenons à nous maintenir dans les 10 premiers de ce classement, nous sommes sauvés » . Les chiffres mentent aussi bien que les actrices américaines. Certes le Rayo est 8ème (en vrai) à deux points de la Champions. Mais le Rayo est aussi à 7 points de Santander, premier relégable. Alors quand, à l’heure du café (ou de la sieste, c’est selon), le Real débarque au stade municipal pour la première fois depuis 2003, les balcons avec vue des immeubles voisins font le plein.

Les 14.000 personnes du stade de Vallecas ne sont pas venues voir Ronaldo, Kaka et Casillas. Ici la star s’appelle Michu (11 buts). Le joueur débarqué du Celta Vigo cet été est une grande gigue à la dégaine de Samy, milieu offensif reconverti en buteur par Sandoval. 191 centimètres d’envie, 25 ans d’obstination, 22 matchs en première division faits de percée dans les défenses adverses, de coups de tête et de but du genou. C’est Sandoval qui a fait de la tige un des meilleurs attaquants espagnol du moment: « Il me dit toujours de m’incorporer en attaque : ‘Si tu es dans la surface, le marquage des défenseurs est trop facile. (…) si en revanche tu déboules dans la surface, les défenseurs ne peuvent pas te suivre’. Mon principal atout est le facteur surprise » . Le grand blond avait fait peur à Bernabeu avec un but dans la première minute. Le Real avait mis 30 minutes à s’en remettre pour finalement en passer 5 autres (score final 6-2). Le héros blond s’en sortira quand même avec un doublé à Bernabeu. Un génie on vous dit.

Un derby à trois

Comme Getafe sert de base arrière au Real, le Rayo est le protégé de l’Atlético de Madrid. Toujours sous administration judiciaire, Vallecas peut payer les salaires de ses joueurs mais pas grand chose d’autre. Alors quand il s’agit de renforcer un Rayo à la peine pendant l’hiver c’est le voisin qui file un coup de main. Les Colchoneros passent leurs restes au voisin d’à côté et prêtent Joël (gardien), Pullido (défense centrale) et surtout Diego Costa (attaquant). L’avant-centre brésilien revient de 6 mois d’indisponibilité et en 3 matchs en a déjà fait tomber plus d’une : 4 buts dont un doublé la semaine dernière au Levante. Les trois jokers sont titulaires cet après-midi. Mais au Rayo ces trois-là ne sont pas les seuls à porter plus d’une rayure rouge sur la poitrine. Il y aussi Pacheco (prêté par l’Atleti), Perea et Movilla (ex de l’Atleti), puis surtout Lass (attention ce gamin est un crack) et Casado qui feront leurs valises pour le quartier de Manzanares la saison prochaine. Rayo + Atletico Vs Real. Madrid vient d’inventer le derby à trois.

Dans un monde parfait ce match serait équilibré et le Rayo se débarrasserait du Real sur sa pelouse pour la première fois depuis 1997. Pourtant le Real et ses dix points d’avance sur le Barça a la dalle. La pelouse cramée par le froid, le soleil dans les yeux et le plus petit terrain de première division (100x65m) sont à peine quelques raisons pour le Mou de froncer les sourcils. Les dimensions favorisent un jeu direct et la pression sur les défenseurs. Du coup, le Rayo joue mieux à l’extérieur qu’à domicile (4 victoires à domicile, 5 à l’extérieur). Ce Rayo plutôt taquin et son jeu participatif est l’une des équipes préférées des Espagnols. Même le Mou est sous le charme: « La qualité de leur jeu est meilleure à l’extérieur, ils ont un football plus élaboré, plus construit et chez eux, sans doute pour les dimensions du terrain ou les conditions de la pelouse, le jeu est plus direct. Le Rayo est une équipe qui n’a peur de personne. Ils jouent pour gagner et pour moi c’est une satisfaction parce que j’aime bien cette équipe et Sandoval. Ils font du bon boulot » . Mais le monde est cruel et le Real continuera sa marche glorieuse jusqu’au titre. Tant pis pour le Rayo. Tant pis pour Scarlett.

Par Thibaud Leplat, à Madrid
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