Raul à Schalke 04 !

Surprise ! L'immense Raul Gonzalez Blanco a signé au club de Gelsenkirchen. On savait l'ex-Galactique sur le départ mais sa destination quasi baroque ne manque pas d'étonner. Tentative d'explication du transfert d'un astre âgé (33 ans) qui s'apparente quand même comme un sacré challenge...

Modififié
0 1
Raul, ce géant...

Samedi 24 avril 2010. Stade de la Romareda. Saragosse... Alors qu'il demandait à être remplacé sur blessure, Raul trouve la force de marquer le but de la victoire (2-1) en terre aragonaise. Ce sera son dernier but pour son club de toujours. Son 5ème et dernier d'une saison de Liga où il n'a joué que 30 matchs... dont 8 petites titularisations. Une saison blanche et sèche qui s'est achevée sur cette blessure contractée à Saragosse. Ce samedi 24 avril, convaincu que sa saison s'achevait pour cause d'indisponibilité d'un mois, il avait prononcé le mot émouvant et inattendu : « adios » ... Autre symbole : il avait emporté avec lui le ballon du match. C'est dans ce stade de la Romareda que Raul avait débuté sa carrière, son premier match pro pour le Real à 17 ans, le 29 octobre 1994, sous les ordres de son coach d'alors, Jorge Valdano. Encore un autre symbole ! Lui, le petit apprenti qui avait débuté gamin à l'Atletico Madrid, le club rival des Meringués, puis passé au Real parce que le président Jesus Gil y Gil avait sabré toutes les équipes de jeunes des Matelassiers. A Saragosse, le jeunot était parti pour une carrière de légende, avec entre autres, six fois la Liga et trois Ligues des champions. L'homme de tous les records : il a joué 741 matches et marqué 323 buts, soit l'un des plus fines gâchettes de ces 20 dernières années. Avec 228 buts en Liga, il demeure le troisième meilleur buteur de l'histoire, juste derrière Zarra (251) et Hugo Sanchez (234). S'il a été un des piliers de la Roja (1996-2006), avec 102 sélections et 44 buts (toujours record national de buts marqués), il n'aura pas connu les deux bonheurs suprêmes de gagner l'Euro 2008 et le Mondial 2010. En 2008, il fut mortifié de ne pas avoir pu infléchir la volonté de Aragonès qui ne le trouvait plus au niveau. Autre déception personnelle : il n'a jamais remporté le Ballon d'Or France Football. Une injustice terrifiante pour un génie de sa trempe qui l'aurait mérité plusieurs fois. En 2001 il finit 2ème derrière Owen. Le scandale atomique...

Voilà résumé en quelques mots le début et la fin de sa carrière au Real ainsi que son palmarès très succinctement déballé (il a gagné encore pas mal de titres). Mais comme sa carrière se poursuit, il n'est pas question de tout récapituler. Comme il n'est pas aujourd'hui aussi question de décrire le style très classieux de ce buteur redoutable et complet (gaucher.. et droitier et très fort de la tête), capable aussi d'un altruisme indiscutable. On le répète : Raul ne part pas à la retraite ! Alors revenons sur ce transfert en Allemagne. Il faut rappeler qu'il lui restait encore un an de contrat au Real et que son départ était quasiment « acté » . On avait parlé d'une piste au Red Bulls de New York, voire de Tottenham. En fait ce sera donc Schalke. Comment en est-on arrivé à là ? Tout simplement. La vérité c'est que l'an passé, avec l'arrivée des néo-Galactiques offensifs (Kaka, Cristiano Ronaldo, surtout, voire « un peu » Benzema, sans oublier Higuain), Raul avait été poussé sur la touche, relégué comme un ancien qu'on respecte mais qui appartiendrait désormais au passé. Ni Florentino Perez, soucieux de « rajeunir » l'image de la Maison Blanche, ni Pellegrini, chargé de faire évoluer prioritairement les nouvelles recrues, ne comptaient plus sur le héros madridiste N°1 de ces 20 dernières années... On se doutait qu'avec l'arrivée de José Mourinho, il n'entrerait pas non plus dans les plans du nouveau coach, plus soucieux de rebooster un Benzema sur lequel il a déclaré vouloir compter. Du coup, l'horizon était bouché pour la toute fin de sa carrière...

Seize années au club qui passaient un peu à l'as dans un vestiaire où sa voix autrefois prépondérante s'était faite plus discrète. La très grande classe de Raul fut que malgré qu'il pesait moins dans le vestiaire, qu'il était devenu simple remplaçant et souffrait en silence, il ne s'est jamais plaint de son sort. Il s'est plié à la discipline de groupe, se tenant prêt à jouer même des bouts de matchs sans un mot plus haut que l'autre. Le genre de comportement fidèle et pro qui n'a pas échappé au public de Bernabeu. Après Di Stefano et Zidane, Raul est le troisième Meringué de cœur, plébiscité par les socios du club. Parce que bien évidemment Raul quitte le Real par la grande porte. Il n'est d'ailleurs pas impossible que son Numéro 7 désormais mythique devrait être retiré... Raul s'en est donc allé, à 33 ans. Un contrat de deux ans rémunéré à hauteur de 6 millions d'euros par an.


Schalke 04, pourquoi ?

Alors ? Pourquoi donc l'Allemagne ? Pourquoi Schalke 04 ? Tout d'abord parce que le club de Gelsenkirchen a perdu son buteur attitré, Kevin Kuranyi (18 buts en 2009-10), parti au Dinamo Moscou. Comme le reste de l'attaque du club se résume en gros au Péruvien Farfan et au Brésilien Edu, le coach Felix Magath a voulu tenter un gros coup. Déjà, on notera cette incroyable mentalité allemande qui se moque de l'âge des joueurs : à 33 ans, on est « fini » en Espagne ou en France, ou ailleurs... Pas chez les Teutons ! Felix Magath y croit, comme il l'a claironné au journal allemand Bild : «  Raul va être une sensation. Il sera un joueur important pour nous et il donnera beaucoup à l'équipe » . On rappelle surtout que Schalke 04, dauphin du Bayern la saison passée, jouera la Ligue des Champions : Raul ne part donc pas dans la Ruhr pour une préretraite en demi teinte. Le challenge est bien réel et la motivation intacte. A Schalke, il retrouvera ce bon vieux Metzelder qui a quand même passé trois saisons chez les Meringués (2007-10) : l'ami Christoph lui servira sûrement de traducteur.

Plus sérieusement, la venue d'un Raul même objectivement « déclinant » est à la fois une surprise mais aussi un sacré coup d'éclat pour la Bundesliga. Pas un hasard, ni un coup d'épée dans l'eau. Déjà, Hambourg avait récupéré un autre géant européen sur la fin, Van Nistelrooy. Le Bayern avait engagé Ribéry, Van Bommel et surtout Robben. Hormis Van Boum-Boum, le club bavarois a tapé dans le haut de gamme en se donnant les moyens de redevenir compétitif à l'échelon continental. Il y a quelques années il aurait été impensable d'imaginer que même sur la fin, un Raul puisse atterrir à Schalke. Preuve de l'attractivité retrouvée de la Bundesliga. A la fin de la saison passée Rummenigge avait annoncé la couleur : «  Il est temps que les autres clubs allemands achètent des grands joueurs » . Le mouvement serait donc lancé : après un cycle de quelques années qui verra l'arrivée d'autres « grands joueurs » accessibles (donc un peu vieillissants) pour le marché allemand, l'Allemagne se montrera plus présente sur l'acquisition de cracks plus jeunes et plus talentueux. Un mouvement qui se réalisera d'autant mieux que le fair-play financier voulu par l'UEFA se mettra réellement en place : l'Allemagne redeviendrait hautement compétitive, comparé aux championnats plombés par les dettes colossales (Italie, Angleterre et Espagne)...

Voilà. Il est trop tôt pour dire si Raul sera un titulaire à part entière au moment où Schalke se positionne encore sur la venue d'un Hoarau (PSG), Misimovic (le meneur de Wolfsburg), voire de Pantelic (Ajax Amsterdam)... On devine que Magath a tenté là un super pari mais qu'il serait capable de réussir. Des considérations mercantiles ne sont pas exclure non plus : Raul devrait sûrement aussi faire vendre des maillots et attirer à lui la lumière médiatique d'un club encore très endetté. On verra bien... Reste qu'en Ligue des champions avec Shalke 04, Raul aura la possibilité, s'il joue, de battre le record de buts dans cette compétition détenu par l'Allemand Gerd Muller, 69 réalisations contre 67 pour Raul actuellement. C'est aussi à ce genre de défi qu'on reconnaît les très grands...

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Non mais sans déconner...
Appliquez-vous Mr. Ghemmour, ou à défaut faîtes-vous relire par des gens compétents et non des malvoyants...

Vocabulaire, grammaire, conjugaison, syntaxe... Vos fautes et lacunes font mal aux yeux...

La plus belle, pour le plaisir:
"La très grande classe de Raul fut que malgré qu'il pesait moins dans le vestiaire..."

C'est lamentable. Avez-vous une carte de presse???
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
0 1