1. //
  2. //
  3. // Roma/Inter

Ranieri a rencard avec son ex

Cet après-midi, Claudio Ranieri revient pour la première fois sur le terrain de son grand amour, l’AS Roma. Mais après deux saisons passées sur le banc des giallorossi, c’est en tant que technicien de l’Inter qu’il s’apprête à se présenter face à ses anciens tifosi. Nostalgie.

0 0
« Je suis romain, de Rome, et romanista  » . Voilà le genre de phrases que Claudio Ranieri aimait lâcher, lorsqu’il était assis sur le banc de l’AS Roma. Oui, car de telles qualités sont particulièrement importantes pour les tifosi de la Louve, très attachés à la romanité. Voilà peut-être pourquoi Luis Enrique a eu du mal, lors des premiers mois, à se faire accepter des supporters. Ranieri, lui, n’a jamais eu de problèmes à ce niveau-là. Surtout qu’avec le club de son cœur, il a obtenu des résultats exceptionnels, allant jusqu’à caresser le Scudetto au printemps 2010. Un Scudetto finalement remporté au finish par l’Inter. Et comme la vie est un cercle, Ranieri, le Romain, se retrouve aujourd’hui sur le banc interista.

Le retour au stadio Olimpico, en tant qu’adversaire, est donc un événement qu’il attend forcément avec impatience. Et anxiété. « Humainement parlant, c’est très beau de revenir ici. J’ai eu la chance d’entraîner la Roma, mais aujourd’hui je dois aller de l’avant » affirme-t-il, histoire de couper court à la mélancolie. Car même si Ranieri vient d’enchaîner une sacrée série à la tête de l’Inter (sept victoires consécutives en championnat), rien ne pourra égaler les 24 matches sans défaite de sa Roma et cette chevauchée effrénée vers le titre, anéantie un soir d’avril 2010 par un certain Giampaolo Pazzini, alors attaquant de la Sampdoria. Destin et ironie, encore, Pazzini est aujourd’hui sous les ordres de Ranieri, à l’Inter. Il ne manquerait plus que cela soit lui qui marque le but décisif, cet après-midi.

Ranieri > Luis Enrique

Néanmoins, impossible pour Ranieri d’oublier une relation si fusionnelle, qui s’est arrêtée en février dernier, après une rocambolesque défaite sur la pelouse du Genoa (4-3 après avoir mené 3-0). D’ailleurs, lorsqu’il s’agit d’évoquer son adversaire du jour, le technicien ne tarit par d’éloges. « La Roma a une mentalité différente par rapport aux autres équipes italiennes. Elle joue en attaque, elle veut le ballon. Elle a beaucoup progressé, on voit désormais sa philosophie, style Barcelone. Luis Enrique est en train de prouver que son équipe a une idée de jeu et des joueurs qui le suivent. Il réalise de bonnes choses, et ce sera encore mieux l’an prochain » assure-t-il. En fait, Ranieri a tendance à gonfler un peu la réalité. Car ce que réalise Luis Enrique, du moins sur le plan comptable, n’est pas franchement positif.

La comparaison est simple à faire. Sa Roma, après 20 rencontres (21 journées mais un match en moins), compte 31 points, et déjà sept défaites au compteur. L’an passé, à la même époque et avec Ranieri à sa tête, elle affichait 35 points, et ses résultats étaient pourtant jugés décevants. Alors certes, Luis Enrique a ramené avec lui sa philosophie de jeu, mais force est de constater que son équipe a du mal à être cohérente. Elle n’a battu aucune équipe qui la devance au classement (nuls contre la Juve et l’Inter, défaites contre le Milan AC, l’Udinese et la Lazio) et a même coulé, mercredi soir, sur la pelouse de Cagliari, ce qui a rendu fou de rage le technicien espagnol. « De cette manière, on n’ira nulle part » a-t-il affirmé juste après la rencontre. Jouer la transparence, admettre ses erreurs : voilà bien une stratégie de communication qui rappelle étrangement celle de son illustre prédécesseur.

Cœur de tifoso

A l’Inter, Ranieri a d’ailleurs ramené avec lui cette façon d’être et de faire. Lorsque son équipe perdait, au mois de novembre, il admettait. « Ce sera difficile, l’équipe est en grande difficulté » . Lorsqu’elle gagnait sans convaincre, il admettait aussi. « Si vous voulez du beau jeu, regardez plutôt le Barça » . Mercredi soir, après le nul 4-4 contre Palerme, il a été le premier à dire tout haut ce que tous les tifosi pensaient tout bas. « Ce match a été une véritable publicité pour le football. Mais bon, nous aurions préféré le gagner » . Oui, car aujourd’hui, l’Inter a besoin de points. Peu importe la manière, il faut des points pour tenir le rythme du quatuor de tête. Si certains, du côté d’Appiano Gentile, croient encore au Scudetto, les plus raisonnables ont compris que la troisième place qualificative pour la Ligue des Champions était devenue l’objectif principal. Et cette troisième position reste à porter de main. Cinq points, seulement, séparent en effet l’Inter de l’Udinese.

Alors cet après-midi, à 15h (le match était initialement prévu hier, mais a été reporté pour cause de neige), Ranieri n’a pas vraiment d’autres choix. Même si son cœur de tifoso est jaune et rouge, il doit venir s’imposer au stadio Olimpico. S’imposer pour reprendre une course qui a connu un petit coup d’arrêt, après la défaite de Lecce et le nul contre Palerme. Pour ce, il pourra compter sur Diego Milito, revenu en grâce depuis le début de l’année 2012 (huit buts lors des cinq derniers matches de championnat), mais pas sur Wesley Sneijder, encore et toujours blessé. Motta parti au PSG, c’est Palombo qui devrait le remplacer au milieu de terrain. En face, la Roma, elle, pourra comme toujours s’appuyer sur Franesco Totti, qui a toujours entretenu une relation amour/haine avec Ranieri, mais aussi sur le retour de Daniele De Rossi, absent lors de la défaite à Cagliari. En somme, un véritable diner de famille entre Romains.

Eric Maggiori
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Aucun commentaire sur cet article.
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
Article suivant
Valencia Futbol Club
0 0