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Ramos-Schieber, chemins croisés

L'un était un des plus grands espoirs chez les jeunes allemands, l'autre est venu presque comme un anonyme au Hertha Berlin et semblait plus apte à jouer les bons buteurs en club moyen qu'à être un top-player. Pourtant, deux ans après leurs transferts croisés, c'est bien dans un rôle proche de celui convoité par l'autre que Schieber et Ramos se plaisent le mieux.

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Le 1er juillet 2014, Adrián Ramos s'engage officiellement avec le Borussia Dortmund. Deux jours plus tard, Julian Schieber fait le chemin inverse et rejoint le Hertha Berlin. Les deux joueurs font la même taille (à un centimètre près), possèdent un même profil de chasseur de buts profitant de son physique, mais ont des parcours opposés en matière de clubs. Basiquement : quand l'un vient à Dortmund, l'autre part au Hertha. Et tout rentre alors dans l'ordre des choses, avec le temps. Si Schieber n'a pas réussi à être un remplaçant crédible à Lewandowski, le Colombien se révèle une sacrée belle pioche dans un registre moins attendu. En fait, Ramos s'éclate comme joker quand Schieber se fait une réputation honorable de renard des dernières minutes, à défaut d'être un joueur de premier plan.

Ramos chipe la place de Schieber


Pourtant, Schieber est au départ l'une des plus grandes promesses de ces dernières années au poste de buteur. Chez les U19 du VfB Stuttgart, puis en réserve, Julian Schieber fait péter une moyenne assez intéressante en matière de buts par match : 22 réalisations en 37 matchs en U19, puis 13 en 23 au niveau supérieur. Alors, évidemment, il intègre vite l'équipe première. Et Jürgen Klopp pense à lui comme suppléant parfait de Lewandowski. « Quand Jürgen Klopp m'a appelé personnellement, je me suis senti flatté. » Toutefois, la sauce ne prend pas au BvB. Schieber n'a que trop peu l'occasion d'être à la pointe des offensives de Dortmund. « Je ne considère pas aujourd'hui que ça soit une honte de ne pas être parvenu à prendre la place de Robert Lewandowski ? Qui peut cela ? Je n'ai jamais vu dans ma carrière de joueur aussi fort. Mentalement et physiquement, il est impressionnant. Il n'était jamais blessé et toujours performant » , résume Schieber début 2015 au Tagesspiegel. À l'inverse, Ramos débarque en Europe plus discrètement, pour à peine plus d'un million d'euros. Il bénéficie surtout d'un certain effet de surprise, en plus du temps de se mettre dans le rôle du joueur qui va au front. Un an après son arrivée, le Hertha descend en deuxième division. Les temps sont difficiles. Adrián Ramos apprend. Ses quinze buts pour la remontée du Hertha lui permettent néanmoins d'afficher plus de confiance au moment de défendre la place des Berlinois parmi l'élite. Le club continue de faire l'ascenseur et lui tient la distance. Il confirme surtout son statut en 2013/2014 en tenant le rythme du duo Mandžukić-Lewandowski, alors en pleine baston pour le titre de Torschutzenkönig. Sa meilleure saison. C'est ce qui attire le Borussia Dortmund, dans la contrainte de remplacer son Polonais.

Schieber a la Hertha


Deux ans plus tard, les joueurs n'ont pas changé de club. Leur rôle cependant a bien évolué, en bien des deux côtés. En préparation, Thomas Tuchel a même fait d'Adrián Ramos un ailier droit. Un choix inattendu, improbable même compte tenu du profil du grand Colombien à l'époque où il jouait au Hertha. Une preuve que le Colombien est désormais un autre type de joueur, travailleur et au service du collectif. Ramos est même devenu clairement le joker idéal pour un club comme Dortmund, toujours concentré à défaut de pouvoir prendre la place d'un buteur en pleine bourre. À chaque apparition, quel que soit le poste, Ramos est à fond. Il court, il va au duel, et s'améliore techniquement. Pour Tuchel, il n'était pas question de le laisser partir l'été dernier. Côté Schieber, excepté la longue blessure qui l'a tenu hors des terrains pendant de longs mois (et pratiquement toute la saison 2015/2016), le joueur a retrouvé l'efficacité de ses débuts, jusqu'à planter un coup de poignard dans le dos du BvB en décembre 2014, laissant Jürgen Klopp au fond du classement de la Bundesliga. Pas grave. Car si Immobile a été un échec, le replacement d'Aubameyang et l'arrivée de Thomas Tuchel ont fait le boulot. Depuis la prise en main par TT, Ramos a finalement réussi là où Schieber n'y arrivait pas. Si le BvB est aussi dangereux offensivement, c'est aussi parce que Ramos poursuit le travail des autres en fin de rencontre. Mais le Hertha n'a pas perdu au change, bien au contraire. Schieber affiche actuellement le meilleur ratio de sa carrière professionnelle dans un club, en débutant même sa saison par deux buts en seize minutes (sur deux matchs). Avec leurs coachs, ils sont devenus des jokers tenaces. Alors attention. Ce vendredi soir, à tout moment, Tuchel et Dardai peuvent rebattre les cartes. Et changer la donne dans les dernières minutes.



Par Côme Tessier
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