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  2. // Brésil/Corée du Nord

Qui peut sauver le football-samba ?

Que les amateurs de jogo bonito aillent voir ailleurs : le Brésil n'est pas là pour faire dans la dentelle. Pourtant, même si Ronaldinho, Pato et les gamins de Santos manquent à l'appel, Dunga a tout de même de quoi mettre un peu de folie dans le jeu.

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Dunga est le symbole absolu du foot horrible pratiqué par la triste Seleção de 1990 et 1994. Et même si ça a marché avec un quatrième titre mondial remporté aux États-Unis, beaucoup de Brésiliens le détestent parce qu'ils voient en lui le bourreau du futebol-arte qui a émerveillé le globe lors des coupes du monde 1982 et 1986. Tout le monde a été déçu, mais personne n'a vraiment été étonné quand il a décidé de laisser sur le carreau les artistes Ronaldinho, Pato ou Diego et les jeunes prodiges de Santos Neymar et Paulo Henrique Ganso.

Une équipe de bourrins contre la Corée du Nord ?


Júlio César dans les bois, la charnière Lúcio-Juan et Maicon dans le couloir droit : rien à dire, c'est du béton armé. A la rigueur, la seule fantaisie derrière, c'est sûrement le choix de Michel Bastos, au poste de latéral gauche, alors qu'à Lyon, il évolue un cran plus haut. Même si son apport offensif est intéressant, il est d'ailleurs régulièrement critiqué par la presse brésilienne pour ses erreurs de placement.


Au milieu, le duo de bouchers Gilberto Silva-Felipe Melo se fera un malin plaisir de découper en finesse les tibias adverses. L'animation offensive sera confiée à Kaká, dont l'état de forme demeure plus que préoccupant, après une saison galère qui l'a vu passer plus de temps à l'infirmerie que sur le pré au Real Madrid. Il devrait être épaulé par Elano, qui n'a rien d'un créateur dans l'âme. Devant, Luis Fabiano compte plus sur sa puissance que sur sa technique pour la mettre au fond. Au final, parmi les titulaires, il ne reste que Robinho et ses pedaladas (passements de jambes à répétition) pour amuser la galerie.

Dani Alves et Ramires en pleine bourre


Pourtant, malgré les apparences, la Seleção a tout de même de quoi ambiancer un peu en Afsud. Et pour mettre un peu de folie dans le système apparemment ultra-rigide de Dunga, il suffit de jeter un œil sur le banc de touche. En amical contre la Tanzanie lundi dernier, deux joueurs ont fait une entrée fracassante en deuxième mi-temps : Ramires et Daniel Alves. A peine entré sur le terrain, le joueur de Benfica, cadet de la Seleção (23 ans), arrive lancé au milieu de terrain et prend l'intervalle à la manière d'un trois-quarts de rugby avant de crucifier le gardien d'une frappe croisée du gauche à l'entrée de la surface. Avec l'ailier de poche du Barça, il cause plus de dégâts dans la défense adverse que tout le reste de l'équipe en première mi-temps. En fin de match, Dani se fend même d'un caviar pour la tête de Ramires au second poteau, histoire de bien semer le doute dans l'esprit de Dunga.

Ces deux entrées providentielles pour la vivacité du jeu brésilien sont dues à des options tactiques plutôt osées, qui laissent entrevoir quelques lueurs d'espoir pour les nostalgiques du jogo bonito. Latéral droit en club, Daniel Alves ne remplace pas Maicon, pourtant titulaire du poste. Dunga préfère placer le Barcelonais un cran plus haut, ce qui n'empêche pas son compère intériste de continuer à placer quelques montées offensives létales, les deux joueurs se relayant à merveille dans la couverture du couloir. Ramires, plutôt considéré comme un joueur offensif, est entré à la place de Felipe Melo, ce qui constitue en soi une petite révolution...


L'équipe a terminé le match contre la Tanzanie dans une configuration bien plus light, avec Josué et Ramires devant la défense, Kaká et Daniel Alves à la baguette, et Robinho accompagné de l'ancien Lyonnais Nilmar, histoire d'insuffler encore plus de vitesse en attaque.

Comme on sait qu'au Brésil, l'équipe titulaire au premier match finit souvent par changer au fil de la compétition (Raí et Giovanni en ont fait les frais en 1994 et en 1998), on peut espérer du changement dès le deuxième match, le 20 juin contre la Côte d'Ivoire. Surtout si Felipe Melo continue de livrer des prestations aussi désastreuses que lors des derniers matchs amicaux, en droite ligne avec la saison pourrie qu'il vient de réaliser avec la Juve.



Louis Génot, à Rio de Janeiro

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