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Qui es-tu vraiment, Santiago Bernabéu ?

Ce dimanche, le Camp Nou s’apprête à recevoir un énième opus de la saga des Clásicos. Un duel qui n’en serait pas un sans Santiago Bernabéu, président et homme providentiel du Real Madrid. L’histoire d’un bel opportuniste.
Dictature et démocratisation.

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Non, Santiago Bernabéu n’est pas qu’un stade. Non, Santiago Bernabéu n’est pas un simple président lambda. Santiago Bernabéu est plus que ça. Plus que Di Stefano, Puskás, Raùl ou encore Zidane. Santiago Benabéu est le Real Madrid. Ou plutôt, le Real Madrid ne serait pas sans Santiago. La mémoire collective ne retient bien souvent que les titres. Sous l’égide de cet avocat de formation, la Maison Blanche en glanera beaucoup. Précisément, 6 Coupes des clubs champions, autant de Coupes d’Espagne (pas encore Copa del Rey) et 16 Liga. Le tout en 35 ans de direction. Mais l’aristocrate recèle également sa part d’ombre. Souvent qualifié de « proche du pouvoir franquiste » , le récit de sa vie est pourtant plus complexe. Pour exercer, voire même pour vivre, sous le commandement du Caudillo, les compromis étaient de mise. Santiago Bernabéu Yeste en a fait. Beaucoup. Trop, pour certains. La rançon de la gloire, sûrement. Entre légende urbaine et mythe madridista, la vérité se trouve forcément ailleurs. Alors, qui étais-tu vraiment, Santiago ?

Dictature et démocratisation

Né en 1895 non loin d’Albacete, Santiago Bernabéu ne connaîtra pas le besoin. Fils d’avocat, il fait partie d’une riche famille de propriétaires fonciers. Très tôt venu au football, il passe à partir de 1914 par toutes les équipes du FC Madrid – le dénominatif Real n’arrivant qu’en 1920, année où Alphonse XIII en devient le président. Lorsque la guerre civile éclate en 1936, il évite la prison républicaine en trouvant refuge au sein de l’ambassade de France. Oui, Santiago Bernabéu est un nationaliste. Il prend d’ailleurs part au conflit dans les rangs de l’armée franquiste et se retrouve propulsé en 1938 sur le front catalan. Quelques mois plus tard, la guerre prend fin. Les nationalistes, bientôt franquistes, accèdent au pouvoir. De son côté, Santiago revient à ses premiers amours footballistiques. En parallèle, il poursuit ses études de droit et devient fonctionnaire au ministère des finances. Une profession qui lui permet de se spécialiser dans l’économie du ballon rond. Son heure de gloire arrivera en 1943. Alors que la finale de la Copa del Generalísimo vient de se terminer sur un succès des Merengues, Franco ne goûte que très peu l’ambiance survoltée des deux finales – 3-0 à Barcelone, 11-1 à Madrid. Les présidents des deux clubs sont mis dehors. En septembre, Santiago est élu à la tête de la Maison Blanche.

L’idylle peut alors commencer. Sitôt sur le trône du Real, Santiago décide d’agrandir le rustre et ancien stade Chamartin. Le nouveau cocon madrilène peut dès lors contenir de 50 000 à 75 000 oisillons. Cette construction pharaonique pour l’époque sortit définitivement de terre en 1947. Bien que sympathisant du pouvoir en place, Bernabéu ne demanda pas l’aide du général Franco. « C’est grâce à un prêt et une souscription obligatoire auprès du Banco Mercantil e Industrial que le projet vit le jour » , raconte Paul Dietschy dans sa très complète Histoire du football. Adepte de la folie des grandeurs, le président décide de superposer un troisième étage aux deux déjà existants : en 1950, le gallinero – le poulailler – augmente la capacité du stade à 120 000 places. Avec une telle affluence, le Real Madrid connaît des recettes spectaculaires. En baissant considérablement le prix des places, Santiago permet à la Maison Blanche d’attirer un public populaire et hétérogène. Selon Ángel Bahamonde Magro, auteur du livre El Real Madrid en la historia de España, cette démocratisation s’est avérée payante dès 1948 : le Real comptait alors 42 000 socios, dont 5642 femmes et 4235 enfants. Le club meringue devient dès lors le club le plus riche de la scène européenne. En 1955, l’assemblée générale des socios décida, en partie pour flatter son ego, de rebaptiser le stade au nom de Santiago Bernabéu.

Décoré de la Légion d’honneur

L’Europe, justement, est le point fondamental du développement du Real Madrid. Fort de ses recettes aux guichets – 9 millions de pesetas en 1947, 39 millions en 1955 – la création d’une coupe européenne permettrait à Santiago Bernabéu de multiplier son chiffre d’affaires. Et donc de poursuivre sa politique d’achat de vedettes. Ainsi, avec des relations étroites avec le journal L’Équipe de Jacques Goddet, 13 autres fanions européens s’unirent pour former la première édition de la Coupe des clubs champions européens. Grâce aux achats de joueurs comme l’Argentin Di Stefano, le Hongrois Puskás, l’Uruguayen Santamaria et le Français Kopa, le Real Madrid s’adjuge les cinq premières éditions de la nouvelle compétition. Une domination sans partage qui doit beaucoup à la politique déjà galactique de Santiago Bernabéu. Avec son bras droit et secrétaire Raimundo Saporta – interlocuteur de Franco – il réussit à aligner cette pléiade offensive sans remou. Raymond Kopa se souvient dans son autobiographie Kopa par Raymond Kopa « d’un avocat corpulent, chaleureux, qui fume d’énormes cigares. Son charme, sa gentillesse, tout son personnage me touchent. J’ai face à moi un grand dirigeant. »


Grâce à sa proximité avec le pouvoir, le Real Madrid de Bernabéu devient le symbole d’une Espagne ouverte, chaleureuse et joviale, en contradiction avec le catenaccio italien… Ce qui fit dire à José Solis, ministre-secrétaire du Mouvement national, parti unique sous Franco : « Les gens qui nous haïssent maintenant nous comprennent, grâce à vous, parce que vous avez fait tomber nombre de murailles… Vos victoires constituent un orgueil légitime pour tous les Espagnols, dans et hors de la patrie » (cité dans Futbol y franquismo de Duncan Shaw). À son insu, ou pas, le Real devient l’arme de propagande de Franco aux yeux du Vieux Continent. Ainsi, en 1959, pour services rendus au sport et à la presse française, Santiago Bernabéu reçu la Légion d’honneur. Quelques mois après la mort de Franco, le même Raimundo Saporta faisait fi d’un Real franquiste dans les colonnes d’El Pais : « Le Real est et a été apolitique. Il a toujours été assez puissant pour être au service de la colonne vertébrale de l’État. Quand il fut fondé en 1902, il respectait Alphonse XIII, en 31 la République, en 39 le Généralissime et maintenant il respecte Sa Majesté don Juan Carlos. Parce qu’il est un club discipliné et qu’il se soumet avec loyauté à l’institution qui dirige la nation. » Quoi qu’il en soit, cela n’empêchera pas Santiago Bernabéu de déclarer en 1956 : « Je crois que nous avons simplement accompli notre devoir.  »

Par Robin Delorme, à Madrid (et avec l’aide de la bible de Paul Dietschy, Histoire du football).

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