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Qui es-tu, le Luxembourg?

La France va l'avaler en première période puis la roter en deuxième. Alors qu'on parle de la sélection luxembourgeoise comme d'un bout de jambonneau, il est temps de s'attarder de manière un peu sérieuse sur une génération qui a tapé la Suisse du grand Hitzfeld il y a deux ans.

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La conférence de presse française qui a eu lieu hier à Saint-Symphorien était assez gênante. Pas parce que Laurent Blanc a snobé un adversaire 130ème au FIFA Coca-Cola world ranking, coincé entre le Turkménistan et l'Indonésie. Ce qui était pénible, c'était d'entendre « on va les respecter » , la phrase qui n'a aucun sens quand deux minutes plus tôt, on entamait sa tirade par : « Bon, ils viennent de faire 0-0 contre... la Bosnie ? Non, la Biélorussie ? » qui en disait long sur le désintérêt que Blanc prête à l'adversaire qu'il affrontera ce soir. La vérité, c'est que si la France snobe autant le Luxembourg, les joueurs du Grand-Duché ne se font pas une montagne de ce match. Le fait de jouer contre un voisin ne les excite pas plus que ça, eux qui sont d'une manière générale plus intéressés par la Bundesliga que par la Ligue 1 Orange. Pour être tout à fait honnête, ce match est particulier pour trois gars : Jeff Strasser, 36 ans, 97 sélections, qui a joué toute une vie pour affronter la France, et qui au moment de passer à l'acte va devoir renoncer, la faute à une blessure au genou contractée il y a quatre mois.

Mario Mutsch, lui, est le seul pro de l'effectif. Arrivé au FC Metz il y a un an et demi, il s'est hissé dans le onze type de l'Equipe de la première moitié du championnat de L2. En sélection, il reste sur deux cartons rouges lors de ses trois derniers matches. Il y a cinq ans, il était mécanicien. En 2010, il est l'ambassadeur d'un pays qui compte aussi dans ses rangs Jonathan Joubert. Le gardien, 31 ans, a été formé à Metz (génération Louis Saha), était en équipe de France en catégorie jeunes, un cran au-dessus de Sébastien Frey et Rémy Vercoutre aux dires d'Antohony Réveillère. Aujourd'hui, il est fan de l'OM et joue au F91 Dudelange, club le plus riche du pays avec son petit million d'euros de budget.


Tony Vairelles, Mustapha Hadji et la bouteille de vodka


A la tête de Dudelange, il y a un mécène qui s'appelle Flavio Becca et qui après avoir fait son beurre dans l'immobilier fait joujou avec le F91. Il y a deux ans, un des paquets cadeaux contenait Tony Vairelles. Dans le même style, il y a le Fola Esch, présidé par Gérard Lopez, boss de Renault Formule 1, fondateur de Skype et patron de la société d'investissements Genii Capital. Lui avait offert à son club Mustapha Hadji, encore présent dans les rangs du club la saison dernière. Pour le reste, on est dans l'amateurisme et malgré ça, quelques Luxembourgeois parviennent à égayer le paysage.

Fer de lance d'un Luxembourg décidé à abandonner son costume de victime, Guy Hellers. Le hic, c'est que celui qui a entraîné la sélection pendant six ans a décidé de tout arrêter sur un coup de tête juste avant le début des éliminatoires. Alors Luc Holtz, 42 ans et physique à rouler des pelles à Julia Roberts dans des comédies romantiques, a repris le bateau et obtenu un bon point contre la Biélorussie, quand ses prédécesseurs avaient attendu de longs mois avant d'en gratter un. Côté pelouse, le pays profitera très bientôt des générations d'immigrés italiens, portugais, bosniaques et capverdiens, qui font déjà le bonheur des équipes jeunes et arrivent avec une mentalité nouvelle. En attendant, les Roud Léiwen se bagarrent avec leurs armes et deux-trois mecs au-dessus du lot. Au milieu de terrain, le racé gaucher Gilles Bettmer et le moteur Ben Payal jouent en se disant qu'avec leur pote Miralem Pjanic -avec qui ils ont partagé les sélections jeunes-, leur pays serait sans doute aujourd'hui moins moqué.

En pointe, Joël Kitenge, valeur sûre de l'ancien sélectionneur, est dans le creux de la vague. Avant le match face à la Bosnie au début du mois dernier, il a été mis sur le banc pour avoir égaré son passeport. Une fois refait le jour du match, le document ne lui a servi à rien pour le voyage en Albanie trois jours plus tard puisque Holtz a décidé d'écarter Kitenge. La raison s'explique par une scène. Lors de la séance matinale au lendemain de Luxembourg-Bosnie, Holtz déroule une serviette et sort une bouteille de vodka trouvée dans la chambre de son joueur. Les deux hommes se sont expliqués. Malgré ça, Kitenge ne devrait pas avoir l'opportunité de s'exprimer ce soir en dépit de ses qualités évidentes. Dans le rayon des jeunes loups, il y a aussi ces joueurs qui se font les dents dans des centres de formation à l'étranger et qui se voient projetés en équipe nationale du fait de la faiblesse du championnat local. C'est le cas de Tom Laterza, 18 ans, qui sévit avec les U19 de Sedan. Quelques mois après être allé en demi-finale de la Gambardella, il devrait se coltiner Malouda ce soir. Et ça tombe bien : « Mes potes de Sedan m'ont demandé de faire un gros tacle à Malouda » .


Tous ces types savent que si les choses sont bien faites, ils se prendront une petite claque à Saint-Symphorien. 3 ou 4 à 0. Mais leur 4-5-1, système le plus raisonnable et adopté depuis une petite éternité, est capable de faire des miracles. Avant de prendre un point vendredi (0-0) contre une Biélorussie qui avait cogné les Bleus au Stade de France début septembre (0-1), les profs de sport, chauffeur de bus, barman, employé de banque et animateur de centre aéré avaient déjà connu leur quart d'heure de gloire. C'était en septembre 2008 à Zurich. A peine arrivé à la tête de la Suisse, Hitzfeld se faisait humilier par le Luxembourg (1-2). La légende dit qu'il lui arrive de sursauter en pleine nuit en revoyant le visage de Jeff Strasser. La France qui sue a parlé de honte nationale en évoquant la sortie prématurée du Mondial et la manière qui l'a accompagnée. Une leçon de sémantique pourrait avoir lieu ces jours-ci en cas de séisme à Saint-Symphorien.

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"Fer de lance d'un Luxembourg décidé à abandonner son costume de victime, Guy Hellers. Le hic, c'est que celui qui a entraîné la sélection pendant six ans a décidé de tout arrêter sur un coup de tête juste avant le début des éliminatoires"

Faut un peu réviser tes classiques Mister Pécot, que tu te sois documenter un peu pour nous faire un joli article sur l'équipe du Luxembourg, soit, mais que tu traites la démission de son sélectionneur le plus charismatique par un "coup de tête" sans en donner les raisons, c'est plus que léger, l'investigation non merci pas pour moi Matthieu. Pour précision, Guy Hellers a quitté son poste car la fédération n'était pas prête à s'adapter aux exigences professionnelles et aux structures que demande une petite équipe Nationale qui veut progresser et se développer, autrement dit Guy a prévenu la Fédé que les structures et l'encadrement de l'équipe Nationale n'étaient pas assez professionnels et qu'il fallait s'adapter à ces exigences pour l'équipe Nationale progresse et ne reste pas dans un système qui ne lui donne plus la possibilité d'avoir des performances que ce soit pour la formation, les clubs ou la Nation, comme la Fédé n'a rien voulu savoir, Guy Hellers a donc démissionné car il ne pouvait pas apporter plus à l'équipe Nationale puisque trop limité par les moyens mis en oeuvres, ça n'a rien d'un coup de tête....
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