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Qui es-tu, la culture européenne ?

Chaque année, les clubs français qui se font sortir prématurément sur la scène européenne invoquent le manque d'expérience, le besoin d'apprendre et de se forger une « culture européenne » . Quelle est cette notion qui fait défaut à de nombreux clubs français, mais permet à certains clubs portugais ou russes de remporter des trophées ?

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« Si un club comme Rennes a connu des désillusions quand un autre comme le Bate Borisov a su faire mal à des équipes plus riches, c'est grâce à une certaine habitude des matchs internationaux. » La comparaison ne va pas faire plaisir en Ille-et-Vilaine - en même temps, qui a réussi à attirer Hleb ? -, mais Luc Sonor, taulier du Monaco du début des années 90, rompu aux belles épopées européennes avec l'ASM, connaît la musique. Sur le Rocher, il l'a toujours jouée à fond, encouragé aussi en haut lieu : « Jouer la Coupe d'Europe, c'est se créer une identité, cela permet d'exporter le nom de sa ville, et le prince Albert en a toujours eu conscience. » On ne sait pas si l'enjeu touristique a aussi compté au Portugal, du côté du FC Porto ou de Benfica, mais l'expérience du terrain est un véritable plus. Comme le résume Daniel Bravo, « en Coupe d'Europe, ce n'est pas toujours le meilleur club qui gagne, mais celui qui connaît le mieux l'épreuve. » Sinon, un club comme Manchester City aurait déjà atteint au moins une fois le dernier carré en Ligue des champions.

« À Lyon, beaucoup étaient surpris de ne plus nous voir fêter les victoires en L1 »


Les Citizens ont cela dit déjà balisé leur futur européen. Comment ? En se forgeant un effectif profond, variable indispensable pour aller loin. « À mon époque, j'avais parlé de turn over, on m'avait rit au nez au nom des automatismes, se souvient Luis Fernandez, vainqueur de la Coupe des coupes 1996 à la tête du PSG. Avoir un effectif fourni, cela permet de décharger certains joueurs, de faire face aux blessures. Une Coupe d'Europe, cela se gagne à 20-25, pas à 11. » S'il est question de moyens financiers, cela n'est pas encore suffisant. Car le groupe doit avoir l'état d'esprit conforme à la pratique du turn over. « Il faut être prêt à la concurrence, à ne pas jouer tous les matchs de la saison, car pour briller sur deux ou trois tableaux, il faut du monde, confirme Grégory Coupet. On a su le faire à Lyon, on n'avait pas beaucoup de titulaires indiscutables, mais un vrai groupe. » Mais pour que ce groupe soit compétitif à l'échelle européenne, il faut du temps, comme dans le cas de l'OL, victime de plusieurs désillusions avant de taper le Bayern Munich ou le Real Madrid. Et développer une habitude de la victoire. « À Lyon, beaucoup de nouveaux joueurs étaient surpris de ne plus nous voir fêter les victoires en matchs de Ligue 1, avoue l'ancien portier lyonnais. Nous, on ne les considérait plus que comme une étape pour atteindre nos objectifs européens. » Une stratégie de hiérarchisation des matchs qui présente naturellement un risque, notamment sur le plan mental. « Il faut être perpétuellement sur le qui-vive, car une élimination européenne peut transformer la saison en échec » , termine Coupet.

Savoir se transcender


Pour qu'au contraire, le parcours européen se transforme en épopée, une qualité prévaut parmi sur les autres : la motivation. « Les matchs européens, c'est totalement différent, il y a d'autres exigences » , assure Fernandez. Parmi elles, la capacité à se transcender, « ce qu'a fait le PSG contre Chelsea à 10 contre 11 » . Et il en faut de la motivation pour un exploit européen. Pour Daniel Bravo, il s'agit d'une « capacité à élever son niveau de jeu, mentalement et physiquement, à imprimer une haute intensité » , ce que le PSG des années 90, fort de joueurs confirmés, avait su faire contre le Real Madrid, le FC Barcelone ou encore le Bayern Munich. Pour arriver à ce niveau d'excellence, il faut surtout éviter de se poser les mauvaises questions ou de trop craindre son adversaire. Quand le Marseille de Bernard Tapie aimait frotter les crampons jusqu'à l'étincelle dans le tunnel, le Paris de Canal Plus partait avec une grosse confiance. « On n'avait aucune peur et beaucoup de motivation, pas besoin de nous regarder pour nous comprendre, et on savait que si on n'était pas sûr de gagner, on serait forcément durs à battre » , se souvient Bravo.

Quand les paysans auxerrois se rebiffent


Milieu de terrain d'Auxerre lors de la campagne en Coupe UEFA de 1993, Daniel Dutuel avait su puiser dans le trop plein de confiance de l'adversaire pour renverser une montagne : la référence européenne et tenante du titre, l'Ajax Amsterdam. Un pays qui n'a rien contre le melon. « Quelque chose nous avait marqués contre eux en 1993, une certaine arrogance des joueurs de l'Ajax, se rappelle le milieu de l'AJA. Ils jouaient contre une petite équipe, des paysans, c'est ce que l'on avait ressenti. Frank Verlaat nous avait fait part de certains commentaires des journaux locaux, qui ne connaissaient aucun joueur et pour qui on n'était rien de plus qu'une formalité. » Au final, les Bourguignons avaient battu les Bataves 4-2 à la maison avant d'assurer la qualification au retour pour vivre une demi-finale d'anthologie contre le Borussia Dortmund, malgré l'élimination aux tirs au but. Un cran plus haut dans l'émotion encore. « C'était plus fort que contre l'Ajax, en termes d'intensité, rembobine Dutuel. On avait tout mis, on était chacun arrivé à un niveau d'excellence incroyable. » Il n'aura finalement manqué qu'un peu de réalisme pour atteindre la finale. Aujourd'hui, l'ancien Auxerrois regrette surtout que cette capacité à se transcender, avant même de penser au réalisme, ait disparu du paysage français. « Beaucoup trop de joueurs sont dans la gestion, pensent au prochain match de championnat, alors que nous, on donnait tout, quitte à ne pas être bien au match d'après. »

La force du 12e homme


Ce sacrifice est sans doute plus facile à consentir dans certains stades, où le public privilégie les affiches européennes, comme à Saint-Étienne. « Si on joue un match de Coupe d'Europe en semaine, le stade est plein » , rappelait Loïc Perrin, dans nos colonnes en juillet. Ce qui n'est plus forcément le cas partout en France, et représente un manque, car en Coupe d'Europe, « le public, toute la ville participe » souligne Luc Sonor. Même à Monaco, selon l'ancien défenseur, où « les matchs européens nous prouvaient qu'on avait un public derrière nous » . Notamment parce que sur la scène continentale, l'ASM représentait l'ensemble du football français. Un bémol cependant : si la ferveur était réelle à Louis-II, le stade manquait de sueur, « un peu trop accueillant comparé aux coupe-gorge en Grèce ou à Rotterdam » , sourit Sonor. Daniel Bravo, qui a écumé plus d'un stade hostile, confirme : « Dans les grosses enceintes, avec une grosse ambiance, il fallait être costaud, et surtout être unis, faire les efforts ensemble pour ne pas sombrer. » Parce qu'en face, la ferveur du public ajoute un supplément d'âme, permet « de ne pas trop sentir la fatigue, de se remobiliser après un but… » , énumère Bravo, qui avoue que le Parc des Princes « a quand même sublimé » ce PSG, « même si des gros clubs comme le Real n'étaient pas perturbés par l'ambiance » .

Par Nicolas Jucha
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Bob le Flambeur Niveau : DHR
Il faut aussi dire qu'une épopée européenne, c'est largement plus de matches aujourd'hui qu'en 1993 ou 1996 : en 1993, il fallait 5 matches pour être en finale de l'UEFA, 4 pour la C2 et 8 pour être en finale de C1. Ca laissait beaucoup plus de place pour un club comme l'AJA - il suffit de comparer ça avec Chelsea qui a dû disputer 17 matches pour gagner l'Europa League en 2013. Ca impose à la fois un effectif très large et le fait de n'avoir aucune période de vide dans l'année.
 //  08:39  //  Aficionado du Togo
Note : 2
@bob, vrai mais bon quand tu dis 5 matchs c'est plutot 10 matchs en A/R, et la finale uefa se disputait aussi en 2 matchs. Mais ça explique pas le manque d'ambition des clubs francais aujourdhui en europe league
Line_est_branlable Niveau : District
Invoquer le manque d'expérience ? Lille a déja joué un 1/8 eme de finale de CL, Bordeaux un Quart, Sainté devrait avoir dans ses gênes une haine de la défaite de par son histoire ... Non c'est juste que les joueurs sont d'un niveau moyen voire médiocre pour certains et le jeu trop brouillon et défensif de la L1 se ressent en Ligue Europa où il est commun de voir un club français "tenir en échec " un club chypriote 0/0
 //  09:11  //  Passionné de l'Ukraine
Note : 10
Message posté par Line_est_branlable
Invoquer le manque d'expérience ? Lille a déja joué un 1/8 eme de finale de CL, Bordeaux un Quart, Sainté devrait avoir dans ses gênes une haine de la défaite de par son histoire ... Non c'est juste que les joueurs sont d'un niveau moyen voire médiocre pour certains et le jeu trop brouillon et défensif de la L1 se ressent en Ligue Europa où il est commun de voir un club français "tenir en échec " un club chypriote 0/0


Le problème à Saint-Etienne c'est que les supporters mêmes sans avoir connu l'Europe (hormis les 2 dernières années catastrophique et pas de bol et le bon parcrous de 2009), ont une plus grande culture de l'Europe que n'importe quel joueur de l'effectif (sauf Clerc, Perrin, Clément, Sall) de part les récits des matchs contre Split, Liverpool, Kiev ou encore la finale contre le Bayern.

Ca fait un peu con de dire ça voir cliché, ou tradition orale, mais bon c'est comme ça. Tout supporter des verts connait ses matchs, leur scénario, et les joueurs qui faisaient l'équipe à ce moment là (je suis quasiment capable de cité l'équipe type du match contre Kiev, alors que je suis incapable de sortir plus de 5joueurs ayant évolué entre 83 et 93). Donc pour un supporter, l'Europe a Saint-Etienne même sans l'avoir vu ou connu c'est dans l'ADN, malheuresement j'ai le sentiment que les dirigeants se serve de cette culture plus comme un argument marketing qu'un atout sportif pour bien faire comprendre aux joueurs ce que veut dire "Coupe d'Europe" à Saint-Etienne.

Bon après c'est sur que c'est pas en recrutant des attaquants en mal de confiance pour les relancer (Erding, Roux, Ricky,... ) que l'on arrivera à faire quelque chose en Europe. Donc du coup parier sur la jeunesse (Maupay, Eysseric, Bahebeck,...) qui est plus influençable et peut être plus sensible à la ferveur d'un match de coupe d'Europe peut être un pari interessant pour faire quelque chose cette année en Europa League.

En espérant que Galtier ne va pas joueur la mère prudence en alignant une équipe ultra-défensive ou faire rentrer Brison à la 70ème à la place d'un joueur offensif pour assurer le 1-0.
@bob : c'est vrai, à l'époque il fallait jouer moins de matchs pour remporter un trophée européen, mais c'est pas pour autant que les clubs français y sont arrivés...
Si les dotations etaient plus importantes en Europa League ,
Peut etre que les clubs seraient plus enclins à la jouer.

parce qu'aller se taper une équipe moldave en barrage d'EL avec la reprise de la L1 faut quand même arriver à motiver le staff et les joueurs...
TheDoctor Niveau : CFA2
Alalah le doux parfum des joutes européennes c'est toujours quelque chose de spécial !
Je vais revenir sur ce que dit Bravo que "le Parc des Princes à quand même sublimé le PSG". C'est pour cette raison que tant que le Parc sonnera creux, je vous assure qu'ils n'iront pas au bout de la C1. Les dirigeants doivent comprendre ça, un ambiance délétère en coupe d'Europe est essentielle, contre l'adversaire et pour se sublimer (imaginez Ibra, Cavani, Verrati, D.Luiz serait certainement survoltés dans un parc des grands soirs).
A titre d'exemple je suis allé voir Guingamp - Kiev en semaine, sous la flotte par 5° max, et le stade était plein et l'ambiance incroyable, une véritable arène (et Guingamp a gagné avec beaucoup moins de qualité).
Les instances françaises ne n'ont cures des supporters, préférant les sanctionner et laisser les clubs dans la médiocrité sur la scène continentale. Que d'incompétences...
PI : Je ne suis ni supporter du PSG ni de l'EAG
Le problème est avant tout dans l'approche des matchs. Les discours de coach "c'est trop de matchs" "c'est trop fatiguant""on a pas l'effectif assez fourni"... ils tombent si vous regardez 95% des adversaires qui ne sont pas mieux lotis.
Il faut avoir l'envie de le faire : croire que c'est possible contre les gros et jouez à fond contre les soi-disant petits. Si l'intensité n'y est pas, vous pouvez perdre contre n'importe qui (on voit ça régulièrement en coupe nationale également). L'Europe ça doit rester l'exceptionnel, l'aboutissement. Quand vous êtes dans la gestion c'est pathétique.
Honnêtement qui se souviendra si Saint Étienne a fini 4, 5 ou 6 en championnat dans 10 ans. Personne. Tout le monde s'en fout. Alors qu'une épopée européenne ça marque les esprits. et si on veut raisonner business, ça draine des supporters/consommateurs. Donc à terme c'est rentable également.
Note : 3


Il y a surtout pour les clubs une approche différente de la notion de risque, pas uniquement pour les équipes françaises d'ailleurs si l'on en juge par les résultats difficiles de certaines équipes Anglaises (Southampton et West Ham) ou Italiennes (Samp).

- Variété des systèmes économiques des clubs qui crée un déséquilibre

Pour certains clubs huppés (Manchester United, Real Madrid, Manchester City, PSG...), les investissements des actionnaires sont tels que ces clubs peuvent disposer chaque saison d'une équipe compétitive. Les clubs sont protégés en cas de saison blanche ou de contre performance, sauf si un jour le mécénat s'arrête. Dans leurs situations, il y a obligation de résultats mais aussi des moyens importants pour les satisfaire. La place du risque est minime: au pire, une crise passagère de quelques matches, mais en aucun cas l'accident industriel. Les équipes sont compétitives d'une année sur l'autre, et absolument pas menacées en cas de non participation en LDC (ou du moins dans une mesure bien moindre que d'autres clubs).

Pour des clubs moins friqués qui ne sont pas sous la protection d'un mécène, la situation est bien plus complexe: le problème est que si un club comme Lyon ou Marseille participe en LDC et qu'il doit en conséquence renforcer son effectif, il doit absolument faire en sorte de se qualifier en LDC la saison suivante pour maintenir la compétitivité de l'équipe, sans quoi l'équipe va connaitre une baisse de qualité la saison suivante, avec le départ de certains éléments talentueux vers des clubs plus huppés pour compenser les hausses de salaires et autres dépenses. Le risque est bien plus élevé puisque la participation à la LDC est la condition du maintien de compétitivité de l'équipe: sans participation, le club prend le risque de reconstruire son ossature. On a vu avec Lyon le temps que pouvait prendre une telle entreprise depuis leur dernière participation. On voit avec Marseille depuis quelques temps une transformation assez radicale de l'équipe depuis la dernière LDC à laquelle le club a participé.

Alors maintenant pour un club qui a un budget moindre que les deux cités, je ne vous raconte pas à quoi tient la compétitivité des équipes. Les éléments les plus prometteurs seront systématiquement convoités par des équipes plus huppées, même en cas de LDC. Une participation représente presque un pois puisque la revalorisation des meilleurs éléments va nécessairement être préjudiciable en cas de départ. J'imagine que pour ces clubs, une deuxième partie de tableau ou un pied de podium est mille fois plus confortable pour sécuriser les investissements qu'une LDC.

On arrive maintenant à ces fameux clubs obscurs contre qui des équipes Européenes galèrent souvent en barrage. Ces clubs n'ont pas la même visibilité que les championnats Européens majeurs, et sont donc moins dépendants des droits TV ou autres revenus extérieurs. Les joueurs sont moins vus, sont jugés moins attractifs pour les clubs majeurs alors que certains sont clairement intéressants et talentueux. Dans cet anonymat, les équipes se construisent sans pression et attentes, et participent à ces championnats comme Carquefou à la coupe de France. Une défaite ne change pas grand chose, si ce n'est des revenus qui ne sont pas indispensables au fonctionnement du club.

- Plus le risque d'instabilité est fort, plus les décideurs sont pragmatiques.

Ces cas ne sont pas exhaustifs mais montrent jusque que selon les cas et les sommes en jeu, le risque est plus ou moins important et, selon les cas, est trop pesant pour certains clubs qui veulent avant tout sécuriser ce qu'ils ont, y compris si cela doit se traduire par un jeu défensif et solide. On peut évidemment critiquer la manière et certaines compositions d'équipe ultra défensives, la préférence à certains profils de joueurs, certains systèmes de jeu. Les présidents de club souhaitant sécuriser l'investissent (certains n'étant que peu liés au monde du football), ils pensent que la solidité est la clef pour durer sur le long terme, d'où un recrutement en conséquence de profils défensifs et physiques et un jeu tourné vers la prise de risque minimale (pas de brèches en défense mais peu d'occasions en attaque).

L'illusion est de croire qu'une prise de risque minimale se traduit nécessairement par la capacité d'une équipe à ne pas encaisser de buts plutôt que d'en marquer un de plus que l'adversaire. Dans la même idée, proposer du jeu et de la technique n'est pas nécessairement gage de réussite.

- Ce pragmatisme se traduit par une priorisation des objectifs.

Si encore ce pragmatisme ne concernait que les systèmes de jeu... l'omniprésence de l'argent et des revenus dans la direction des clubs les pousse parfois à snober clairement une compétition jugée trop peu rémunératrice. On s'offusque de certaines défaites françaises contre des petites équipes mais le plus choquant n'est il pas cette saison West-Ham qui dit merde à l'Europa League en mettant une bonne grosse équipe bis/ter en match retour à risque?

Au fond, le choix des compétitions pourrait se comprendre à une époque ou les équipes jouent un nombre incalculables de matches en une saison mais là, on assiste quand même à quelque chose de fort pour un club qui a des moyens nouveaux et n'a pas souhaité s'investir à l'échelle Européene car elle ne lui rapportait pas de sous. Quand Gilot sort son couplet sur l'Europa League qui lui pompe ses forces, on oublie qu'il a pour financeur un bon gros radin qui n'a sans doute jamais souhaité lâcher de la thune pour être compétitif en Europa League.

Lorsque l'on voit des contre performances sur l'Europa League, c'est aussi parce que les investisseurs et présidents ne souhaitent pas en faire une priorité, car elle ne rapporte pas de sous à court terme (alors que l'apport d'une compétition Européene sur le long terme est salutaire).

Il est évident que s'il existait un système économique viable pour un club qui lui permette de réduire la dépendance aux droits TV et qui puisse couvrir les salaires d'une saison, notamment avec les recettes d'un stade en pleine propriété, le but d'une saison ne consisterait pas à préserver les revenus extérieurs sur l'année suivante, et donc de jouer en conséquence, en choisissant les compétitions les plus lucratives, quitte à délaisser les plus énergivores.

En attendant, on voit que la coexistence de ces différents modèles économique tire les inégalités, avec des leaders intouchables: la domination passe par des revenus démentiels qui seront utilisés pour dépouiller les clubs formateurs qui n'auront jamais la capacité sportive de tenir tête aux plus forts. Il existe bien sur des exceptions qui ont certes connu une grosse saison Européenne mais n'ont pas réussi à confirmer leur état de forme la saison suivante(Dortmund, Athletico). L'une s'est fondée sur un collectif joueur, l'autre sur un collectif solide et rugueux (c'est schématique, hein?).

Bref, tout cela pour dire aussi que l'expérience Européene, il faut la vouloir et que même l'Europa League représente un investissement qui en vaut la chandelle: ça permet à une équipe de découvrir d'autres styles de jeu, et même de s'en inspirer par la suite. Les clubs français galèrent peut-être mais au moins ils alignent les équipes pour: ce soir, si on se retrouve avec quatre clubs en Europa League, ce sera peut être la première fois depuis bien longtemps que 6 équipes de L1 sont engagées dans des compétitions Européennes, et ça fait plaisir.
 //  11:18  //  Passionné de l'Ukraine
Message posté par Soutine


Il y a surtout pour les clubs une approche différente de la notion de risque, pas uniquement pour les équipes françaises d'ailleurs si l'on en juge par les résultats difficiles de certaines équipes Anglaises (Southampton et West Ham) ou Italiennes (Samp).


Le problème est principalement là, les clubs français ne peuvent pas se permettre de rater leur saison pour faire un bon parcours en Europe, car la DNCG les épingles la saison d'après si le budget n'est pas équilibré comme il lui convient.

Et puis faut l'admettre que les clubs français, depuis 10ans (donner au pif et à minima) dépendant des droits télés, montre bien que malgré leur statut pro, la plupart des clubs de L1 et même nos 2 divisions professionnelles n'ont jamais réussi à faire le grand saut dans le foot du 21ème siècle (ça fait qu'on comme expression je vous l'accorde).
HerbyCohen Niveau : CFA
Mouais, je ne suis pas trop convaincu par le coup des ambiances. Les gros clubs, même dans les grands soirs, n'ont pas d'ambiances survoltées (Barça, Real Man Utd ou city), oui ça fait du bruit, ça chante, mais pas plus qu'à Djurgardens ou aux Shamrock rovers. Tout comme le coup des dotations... C'est aberrant, ça ne devrait pas rentrer en jeu lorsqu'il s'agit de compétitions européennes, Guimgamp l'a prouvé l'an passé, et de nombreux "petits clubs" aux moyens réduits jouent à fond à fond l'EL.

Je suis d'accord pour dire que la faute, si on peut s'amuser à pointer du doigt comme cela, serait plutôt à mettre sur le dos des présidents de clubs, des instances et des entraineurs (même si ces derniers subissent aussi les pressions de leurs présidents. Les premiers, comme les derniers, sont beaucoup trop frileux, tactiquement et financièrement. Comme je lisais plus haut, le discours des présidents qualifiés pour l'EL fait peine entre Triaud ou l'autre des verts (désolé son nom ne me revient plus). il n'y a pas la pression des objectifs sur la scène européenne, mais simplement sur la scène national afin de toucher le chèque européen en fin de saison pour gonfler les comptes. Après, faire 6 matchs nuls contre des équipes pouraves ou perdre contre un obscur bulgare, ça ne gêne personne. Les coachs enfin, avec la tactique "made in Ligue one" qui pensent que bétonner et attendre c'est gérer les matchs... J'irais jusqu'à dire que la formation des coachs doit être revue pour espérer faire quelque chose. Et puis bon, les instances... haha, je crois que je ne vais pas épiloguer dessus.

Globalement, j'ai l'impression que l'EL est vécue comme une sanction en France, alors que, clairement, la CL c'est trop haut pour la plupart de nos équipes... ON grille un peu les étapes.
HerbyCohen Niveau : CFA
Note : 6
Les arguments sont cohérents et développés, la structure est bonne, nous cernons très bien où Soutine veut en venir. Attention cela dit à la longueur du texte, l'exercice est de synthétiser ici. Continuez dans cette dynamique et ne ménagez pas vos efforts. Encouragements.

Message posté par Soutine


Il y a surtout pour les clubs une approche différente de la notion de risque, pas uniquement pour les équipes françaises d'ailleurs si l'on en juge par les résultats difficiles de certaines équipes Anglaises (Southampton et West Ham) ou Italiennes (Samp).

- Variété des systèmes économiques des clubs qui crée un déséquilibre

Pour certains clubs huppés (Manchester United, Real Madrid, Manchester City, PSG...), les investissements des actionnaires sont tels que ces clubs peuvent disposer chaque saison d'une équipe compétitive. Les clubs sont protégés en cas de saison blanche ou de contre performance, sauf si un jour le mécénat s'arrête. Dans leurs situations, il y a obligation de résultats mais aussi des moyens importants pour les satisfaire. La place du risque est minime: au pire, une crise passagère de quelques matches, mais en aucun cas l'accident industriel. Les équipes sont compétitives d'une année sur l'autre, et absolument pas menacées en cas de non participation en LDC (ou du moins dans une mesure bien moindre que d'autres clubs).

Pour des clubs moins friqués qui ne sont pas sous la protection d'un mécène, la situation est bien plus complexe: le problème est que si un club comme Lyon ou Marseille participe en LDC et qu'il doit en conséquence renforcer son effectif, il doit absolument faire en sorte de se qualifier en LDC la saison suivante pour maintenir la compétitivité de l'équipe, sans quoi l'équipe va connaitre une baisse de qualité la saison suivante, avec le départ de certains éléments talentueux vers des clubs plus huppés pour compenser les hausses de salaires et autres dépenses. Le risque est bien plus élevé puisque la participation à la LDC est la condition du maintien de compétitivité de l'équipe: sans participation, le club prend le risque de reconstruire son ossature. On a vu avec Lyon le temps que pouvait prendre une telle entreprise depuis leur dernière participation. On voit avec Marseille depuis quelques temps une transformation assez radicale de l'équipe depuis la dernière LDC à laquelle le club a participé.

Alors maintenant pour un club qui a un budget moindre que les deux cités, je ne vous raconte pas à quoi tient la compétitivité des équipes. Les éléments les plus prometteurs seront systématiquement convoités par des équipes plus huppées, même en cas de LDC. Une participation représente presque un pois puisque la revalorisation des meilleurs éléments va nécessairement être préjudiciable en cas de départ. J'imagine que pour ces clubs, une deuxième partie de tableau ou un pied de podium est mille fois plus confortable pour sécuriser les investissements qu'une LDC.

On arrive maintenant à ces fameux clubs obscurs contre qui des équipes Européenes galèrent souvent en barrage. Ces clubs n'ont pas la même visibilité que les championnats Européens majeurs, et sont donc moins dépendants des droits TV ou autres revenus extérieurs. Les joueurs sont moins vus, sont jugés moins attractifs pour les clubs majeurs alors que certains sont clairement intéressants et talentueux. Dans cet anonymat, les équipes se construisent sans pression et attentes, et participent à ces championnats comme Carquefou à la coupe de France. Une défaite ne change pas grand chose, si ce n'est des revenus qui ne sont pas indispensables au fonctionnement du club.

- Plus le risque d'instabilité est fort, plus les décideurs sont pragmatiques.

Ces cas ne sont pas exhaustifs mais montrent jusque que selon les cas et les sommes en jeu, le risque est plus ou moins important et, selon les cas, est trop pesant pour certains clubs qui veulent avant tout sécuriser ce qu'ils ont, y compris si cela doit se traduire par un jeu défensif et solide. On peut évidemment critiquer la manière et certaines compositions d'équipe ultra défensives, la préférence à certains profils de joueurs, certains systèmes de jeu. Les présidents de club souhaitant sécuriser l'investissent (certains n'étant que peu liés au monde du football), ils pensent que la solidité est la clef pour durer sur le long terme, d'où un recrutement en conséquence de profils défensifs et physiques et un jeu tourné vers la prise de risque minimale (pas de brèches en défense mais peu d'occasions en attaque).

L'illusion est de croire qu'une prise de risque minimale se traduit nécessairement par la capacité d'une équipe à ne pas encaisser de buts plutôt que d'en marquer un de plus que l'adversaire. Dans la même idée, proposer du jeu et de la technique n'est pas nécessairement gage de réussite.

- Ce pragmatisme se traduit par une priorisation des objectifs.

Si encore ce pragmatisme ne concernait que les systèmes de jeu... l'omniprésence de l'argent et des revenus dans la direction des clubs les pousse parfois à snober clairement une compétition jugée trop peu rémunératrice. On s'offusque de certaines défaites françaises contre des petites équipes mais le plus choquant n'est il pas cette saison West-Ham qui dit merde à l'Europa League en mettant une bonne grosse équipe bis/ter en match retour à risque?

Au fond, le choix des compétitions pourrait se comprendre à une époque ou les équipes jouent un nombre incalculables de matches en une saison mais là, on assiste quand même à quelque chose de fort pour un club qui a des moyens nouveaux et n'a pas souhaité s'investir à l'échelle Européene car elle ne lui rapportait pas de sous. Quand Gilot sort son couplet sur l'Europa League qui lui pompe ses forces, on oublie qu'il a pour financeur un bon gros radin qui n'a sans doute jamais souhaité lâcher de la thune pour être compétitif en Europa League.

Lorsque l'on voit des contre performances sur l'Europa League, c'est aussi parce que les investisseurs et présidents ne souhaitent pas en faire une priorité, car elle ne rapporte pas de sous à court terme (alors que l'apport d'une compétition Européene sur le long terme est salutaire).

Il est évident que s'il existait un système économique viable pour un club qui lui permette de réduire la dépendance aux droits TV et qui puisse couvrir les salaires d'une saison, notamment avec les recettes d'un stade en pleine propriété, le but d'une saison ne consisterait pas à préserver les revenus extérieurs sur l'année suivante, et donc de jouer en conséquence, en choisissant les compétitions les plus lucratives, quitte à délaisser les plus énergivores.

En attendant, on voit que la coexistence de ces différents modèles économique tire les inégalités, avec des leaders intouchables: la domination passe par des revenus démentiels qui seront utilisés pour dépouiller les clubs formateurs qui n'auront jamais la capacité sportive de tenir tête aux plus forts. Il existe bien sur des exceptions qui ont certes connu une grosse saison Européenne mais n'ont pas réussi à confirmer leur état de forme la saison suivante(Dortmund, Athletico). L'une s'est fondée sur un collectif joueur, l'autre sur un collectif solide et rugueux (c'est schématique, hein?).

Bref, tout cela pour dire aussi que l'expérience Européene, il faut la vouloir et que même l'Europa League représente un investissement qui en vaut la chandelle: ça permet à une équipe de découvrir d'autres styles de jeu, et même de s'en inspirer par la suite. Les clubs français galèrent peut-être mais au moins ils alignent les équipes pour: ce soir, si on se retrouve avec quatre clubs en Europa League, ce sera peut être la première fois depuis bien longtemps que 6 équipes de L1 sont engagées dans des compétitions Européennes, et ça fait plaisir.




Plasil Power Niveau : CFA
Message posté par Line_est_branlable
Invoquer le manque d'expérience ? Lille a déja joué un 1/8 eme de finale de CL, Bordeaux un Quart

T'es gentil mais bordeaux ça n'est pas qu'un 1/4 mais aussi une 1/2 épique contre la Juve de Platoche et une finale d'UEFA contre le Bayern. Merci
Skywalker Texas Ranger Niveau : DHR
Pour Soutine, on en revient vraiment à la question qui fait que certains clubs ont oublié que le principal peut-être même avant les trophées, c'est l'émotion et faire quart ou demi d'Europa sera je pense un plus gros kiff que de finir 4-5e surtout pour Sainté ou Bordeaux qui ont l'Europe dans les gènes.
Exactement. Les perdants dans l'histoire sont les joueurs qui peuvent perdre le plaisir de jouer et qui ne se satisfont pas d'avoir des consignes frileuses et surtout les supporters et téléspectateurs qui vont avoir globalement peu de frissons devant un match fermé qui met en valeur les défenses. C'est un cercle vicieux en plus puisqu'à force de peu toucher la balle, on perd en finesse technique, en mouvements (pas qu'en L1).

Ce qui est encore plus frustrant c'est que certains joueurs de L1 ont certainement des qualités pour bien jouer, lorsque l'on voit par exemple ce qu'avait fait Sainté au derby la saison dernière, ou encore contre Paris: je me souviens d'une forte intensité et de parties assez serrées. Après, les équipes qui peuvent jouer de manière fluide comme Lyon ou Marseille avaient dans leurs effectifs des denrées rares qu'étaient Payet et Fékir en 10 (Gourcuff quand il jouait rarement à Lyon et surtout à Bordeaux). Ces joueurs sont très prisés et finalement très rares aussi, ou alors accaparés par des clubs huppés. Beaucoup de clubs n'ont plus les moyens de disposer de ce joueur capable de gérer le tempo d'un match

Quand je regardais le match de Bordeaux la semaine dernière contre le club Georgien ou Kazakh, je sais plus, on voyait qu'un joueur de l'équipe était clairement le leader technique, et que tant qu'il était en forme, l'équipe bougeait très bien autour de lui et construisait de belles attaques.

@Herby (La prochaine fois j'évite le coté dissertation =p)
L'argument sportif lui-même du : si je joue à fond la ligue europa ça va avoir des conséquences néfastes sur mon classement en championnat... est discutable.
A ce que je sache Guingamp n'est pas descendu et Saint E n'a pas été en C1.
La coupe d'Europe ça te solidifie un groupe également et de bons résultats peuvent créer des cycles vertueux.
Enfin l'argument de stabilité financière : oui, mais. Ca te change pas drastiquement ton budget, déjà... et si tu la joues jamais vraiment la coupe d'europe comment veux-tu attirer (ou garder) des joueurs qui veulent la jouer ?... et donc te stabiliser à ce niveau.
Imaginez les retombées si un club français gagne une coupe d'europe... c'est non négligeable et durable en marketing. il faut oser y croire pour y arriver.
 //  14:17  //  Passionné de l'Ukraine
Note : 1
Message posté par luckystar
L'argument sportif lui-même du : si je joue à fond la ligue europa ça va avoir des conséquences néfastes sur mon classement en championnat... est discutable.
A ce que je sache Guingamp n'est pas descendu et Saint E n'a pas été en C1.
La coupe d'Europe ça te solidifie un groupe également et de bons résultats peuvent créer des cycles vertueux.
Enfin l'argument de stabilité financière : oui, mais. Ca te change pas drastiquement ton budget, déjà... et si tu la joues jamais vraiment la coupe d'europe comment veux-tu attirer (ou garder) des joueurs qui veulent la jouer ?... et donc te stabiliser à ce niveau.
Imaginez les retombées si un club français gagne une coupe d'europe... c'est non négligeable et durable en marketing. il faut oser y croire pour y arriver.


Bah d'un autre côté en 2009 Sainté joue les 1/4 ou les 1/8ème d'EL face au Werder, et est 17ème en championnat. L'équipe marchait à l'envers et le groupe comportait pas mal de têtes de con pour en avoir servit lors de leurs passage plus que régulier au Quick. Mais là je m'écarte.

Au moment de ce fameux match la direction a décidé de lâcher l'EL pour aller "chercher" le maintien et donc du coup le Werder est passé alors qu'il y avait la place pour l'ASSE d'aller plus loin au moins 1/2 finale.
Message posté par Skywalker Texas Ranger
Pour Soutine, on en revient vraiment à la question qui fait que certains clubs ont oublié que le principal peut-être même avant les trophées, c'est l'émotion et faire quart ou demi d'Europa sera je pense un plus gros kiff que de finir 4-5e surtout pour Sainté ou Bordeaux qui ont l'Europe dans les gènes.


Perso j'ai toujours trouvé l'argument de "ce club à l'expérience des grands matchs' nul: si tes joueurs on déjà joué la coupe d'Europe, ok, mais si ton club n'a pas joué la coupe d'Europe depuis 1976, à ce que je sache les gars sur le terrain ne l'ont pas joué...
Message posté par garagnas


Bah d'un autre côté en 2009 Sainté joue les 1/4 ou les 1/8ème d'EL face au Werder, et est 17ème en championnat. L'équipe marchait à l'envers et le groupe comportait pas mal de têtes de con pour en avoir servit lors de leurs passage plus que régulier au Quick. Mais là je m'écarte.

Au moment de ce fameux match la direction a décidé de lâcher l'EL pour aller "chercher" le maintien et donc du coup le Werder est passé alors qu'il y avait la place pour l'ASSE d'aller plus loin au moins 1/2 finale.


L'histoire ne dit pas ce que Saint E aurait fait sans lever le pied (si tant est qu'ils l'ont fait) contre le Werder... rien ne dit qu'ils seraient descendu non plus.

Et même en étant jusqu'au boutiste, ne préfèrerais tu pas une ou deux saisons en L2 + une europa league que des places honorables en L1 ?
 //  14:38  //  Passionné de l'Ukraine
Message posté par luckystar


L'histoire ne dit pas ce que Saint E aurait fait sans lever le pied (si tant est qu'ils l'ont fait) contre le Werder... rien ne dit qu'ils seraient descendu non plus.

Et même en étant jusqu'au boutiste, ne préfèrerais tu pas une ou deux saisons en L2 + une europa league que des places honorables en L1 ?


Bah Justement pour Sainté non, même si une EL me ferait rêver je préfère quand même le maintient plutot que le titre surtout à l'époque, ou le club était instable. Quand tu vois qu'il a fallu attendre 20-25 ans pour retrouver un semblant de stabiliser à l'ASSE une descente à l'époque ou aujourd'hui serait préjudiciable au club.
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