1. // Copa America 2011

Qui es-tu, la Copa America ?

La Copa America n'a rien à envier à sa cousine européenne. Stabilisée depuis quelques années, elle est aussi devenue attirante. Un incontournable de l'Amérique du Sud, pour les joueurs comme pour les populations locales. Le Brésil en a fait son royaume depuis le milieu des années 90. Mais c'est bien la bande à Messi qui semble la mieux armée pour cette 43ème édition, particulièrement relevée.

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1987, an 0. Après des années de bordel au niveau de l'organisation, les fédérations du football sud-américain se réunissent, au milieu des années 80, pour modifier sa compétition. En effet, à partir de la Seconde Guerre Mondiale, la Copa America rentre dans une période où elle se distingue d'une bien triste manière : le championnat n'est pas joué sur une base régulière (on passe d'une échéance annuelle, à deux ans, à quatre puis on revient le tout sans logique apparente), certaines sélections délaissent le tournoi en envoyant les gamins ou d'autres ne viennent carrément plus. Le coup de grâce semble être porté avec la création de la Copa Libertadores en 1960, puisqu'après deux autres éditions, elle disparaît même des calendriers pour ne revenir qu'en 1987, donc. À cette date, la CONMEBOL tape du poing sur la table et décide de revenir à un système où le pays organisateur tourne en fonction des 10 fédérations sud-américaines (les 2 en plus étant généralement des sélections d'Amérique Centrale, ndlr). Les seules tergiversations se concentrent, finalement, juste sur les phases finales où l'on hésite entre un tournoi « toutes rondes » ou une formule à élimination directe. La première est abandonnée dès 1991. Une refonte qui permet au plus vieux évènement footballistique continental de s'attirer les capitaux des télévisions, mais qui devient dominé par un seul pays : le Brésil.


Le Brésil : adversaire à abattre


En faisant abstraction de l'année 2001, qui a vu la Colombie faire la compétition de son histoire (6 matchs en autant de victoires), depuis 1997, le patron en Amérique du Sud, c'est bien le Brésil. Depuis sa victoire sur les hauteurs boliviennes, la Seleçao empile les trophées comme de vulgaires bibelots. La faute à un réservoir de talent qui n'a de cesse de se renouveler au fil des années. Flashback en 1997, donc. Sur le papier les Cafu, Dunga, Leonardo et Ronaldo, meilleur buteur, se débarrassent des Boliviens en finale pour la première fois de leur histoire. Deux ans plus tard, les mêmes avec en plus Rivaldo ou Zé Roberto fument les Uruguayens par trois à zéro. 2004 et 2007 ? Pareil avec en prime une double gifle adressée à l'Argentine (notamment un 3-0 en 2007). Pourtant, la donne a quelque peu changé pour cette 43ème édition. La faute à une Coupe du Monde à domicile en 2014...

En effet, l'objectif avoué et demandé à Mano Menezes, le sélectionneur brésilien, c'est d'ajouter une sixième étoile sur le maillot jaune et vert. Pendant quatre ans, il a ainsi quartier libre pour construire une machine invincible qui triomphera en juillet 2014 sur la pelouse du Maracana. Alors, autant commencer dès maintenant. Pour ces trois semaines, ouste les anciens cadors (Kaka ou Ronaldinho), bonjour aux futurs grands joueurs qui seront à maturité dans trois ans. Les clés de l'attaque auriverde seront confiées à Neymar, Pato, Ganso et Robinho, qui, malgré son visage de pré-pubère, fait déjà office de cadre avec ses 27 bougies et 84 sélections au compteur. Pour autant, on ne se débarrasse pas de sa compétition fétiche si facilement. Notamment parce qu'un certain record est détenu par l'Argentine depuis plus de 60 ans. Double tenant du titre, le Brésil peut réaliser le meilleur coup de son histoire : égaler les trois victoires d'affilées argentines (1945, 46 et 47, ndlr) sur le territoire de son rival. Ambiance.


Un menu relevé


Cette 43ème Copa America affiche une promesse de buts. Ils ont massacré les défenses anglaises, espagnoles, portugaises ou italiennes cette année. Ils sont soit en forme, soit en très grande forme. Tous veulent succéder à Pelé, Sanfilippo, Batistuta et Rivaldo, jadis sacrés goleadores de la compétition. De Buenos Aires à La Plata, de Cordoba à Mendoza, de Jujuy à Salta, il y aura du Messi et du Tévez, du Neymar et du Robinho, du Suarez et du Cavani, du Falcao, du Alexis Sanchez, et d'autres encore. Bien que naturellement favoris, l'Argentine et le Brésil ne sont pas seuls. Six des douze équipes de cette Copa America étaient en huitièmes de finale en Afrique du Sud. Quatre en quarts de finale.

Si l'Argentine semble se détacher légèrement du lot, il faudra bel et bien compter sur l'Uruguay, le demi-finaliste latino du Mondial, le Paraguay, sorti de justesse par la grande Espagne, le Chili, ce beau joueur, ou encore la Colombie, qui se remet doucement mais solidement d'un gros passage à vide. Del Bosque, le sélectionneur espagnol, prévient les deux grands. «  Ils doivent faire attention parce qu'il y a des sélections qui se rapprochent de leur niveau. L'Uruguay, mais aussi le Chili et le Paraguay vont être difficiles à battre. Même les équipes considérées comme les plus faibles ont des options, comme le Venezuela, qui en a mis trois au Mexique récemment. Ceux qui aiment le football vont se régaler » , a-t-il déclaré dans As.

Messi en son pays

Cette Copa America est celle de l'Argentine. Des huit organisées au pays du tango, six ont été remportées par les locaux, les deux autres étant pour le voisin uruguayen. Ca pose le décor. En gros manque de trophée à exposer depuis le balcon de la Casa Rosada, siège présidentiel devant lequel le peuple argentin acclamait Evita Perón et pleurait sa joie quand la bande à Maradona brandissait la Coupe du Monde, cette édition est sa chance, son obsession. Même Mano Menezes, à la tête de la sélection brésilienne, le reconnait. « Tout comme le Brésil sera favori pour le Mondial 2014, l'Argentine est favorite. Si on prend en compte le facteur local ainsi que le manque de titre récemment remporté par l'Argentine, on voit qu'ils ont tout fait et feront tout pour gagner cette fois-ci » , assure-t-il.

Etant donné la passion des peuples latino-américains pour le football, ce « facteur local » est loin d'être un élément neutre. La Copa America, c'est aussi ça, diffuser le football dans tout le continent. Une coupe populaire, dans des stades populaires. La première division argentine met aux prises 20 équipes, dont 14 à Buenos Aires et dans sa province. Pourtant, seule la finale aura lieu dans la capitale. En outre, cette édition argentine, Messi veut la dompter, la griffer de son empreinte et lui casser les reins. La sélection est le seul endroit où le meilleur joueur du monde doit encore faire ses preuves, alors la Copa America à domicile, il l'a cochée depuis un moment comme étant sa priorité. « En Argentine, j'ai toujours été très discuté. Parce que, malheureusement, on ne peut pas tout gagner. En club, je l'ai fait et j'ai été reconnu. A présent, j'espère pouvoir le faire avec mon pays. La gagner, c'est mon plus grand rêve. Nous savons tous ce que cela signifie pour moi et aussi pour l'Argentine. C'est l'objectif numéro un » , assène le Ballon d'Or du Barça. Entrée en piste aujourd'hui, avec un Argentine-Bolivie inaugural. Que la fête commence.

Leo Ruiz et Nicolas Bach

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L'Argentine va gagner cette compétition, et Messi va enfin offrir un trophée à son pays !
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