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Qui es-tu, l'enfer turc ?

Mourinho l'avait résumé ainsi après une défaite de Chelsea contre Galatasaray : « Notre adversaire n'a pas joué avec 11 joueurs, mais avec 50 000. » Les soirées sont parfois chaudes en Turquie, comme ont pu l'expérimenter les Pays-Bas dimanche. Quelle est vraiment l'atmosphère de ces stades à la réputation torride ?

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Le Chaudron, l'Enfer, les Flammes… Quand on parle des stades turcs, le champ lexical se fait brûlant. Chants étourdissants, tifos grandioses, supporters complètement dingues, la légende dit qu'il n'est jamais facile de venir jouer à Istanbul, même si Gianluigi Buffon a balancé après une élimination de sa Juve en Turquie qu'il n'avait jamais vu un supporter marquer un but. « Quand je suis arrivé, le groupe des supporters s'appelait Çarşı. On me disait qu'ils étaient les plus fous d'Europe. Mais voilà, j'avais connu Paris et Marseille, donc tu te dis que tu es habitué à tout ça. » Le jour où Édouard Cissé pose ses valises à Beşiktaş, il pense donc avoir fait le tour des stades bouillants. Eh ben non. C'est maintenant qu'il va vraiment voir ce que c'est, la chaleur. Dans une ville où on ne vit que pour son club, il va entrer dans un vrai bouillon. Cissé a ainsi l'occasion de faire la connaissance du capo. « C'est une tradition chez tous les supporters turcs. Il fait stopper les chants, demande le silence, puis il compte jusqu'à 3 avec tout le stade, et ça repart derrière. On peut comparer cette célébration au haka ! Après, t'entends plus rien sur le terrain et le match est lancé. Ça te galvanise... »

« Toujours avoir un ou deux maillots de Beşiktaş dans la boîte à gants »


L'ambiance des stades stambouliotes ne se limite pourtant pas au football. En basket également, les supporters turcs savent impressionner le visiteur. Le Galatasaray SK, un des grands clubs du pays et qui se distingue aussi régulièrement sur la scène européenne, accueille chaque semaine des fans complètement fous de leur club, dont l'influence est semblable à celle de leurs homologues footeux. « Indéniablement en basket, c'est plus confiné, concède Laurent Sciarra, l'ancien international français. Tu perds en affluence, mais tu gagnes en ambiance... Dans notre équipe, on avait Herman Reid, qui avait connu la NBA... Il nous a dit à la fin du match : "Les gars, j'ai jamais connu un truc comme ça !" » Sur place, les joueurs sont vus comme de vrais dieux. Vu l'importance que le foot a dans la vie des supporters turcs, les footballeurs se doivent de représenter le plus dignement possible. Et si c'est le cas, l'enfer les emmène au paradis. Cissé s'est très vite rendu compte de cette situation, même en dehors des terrains. « Les membres du club m'ont dit : "Édouard, ce qui très important ici, c'est toujours d'avoir un ou deux maillots de Beşiktaş dans la boîte à gants. Tu verras, si jamais un jour tu es en retard ou coincé dans les bouchons, tu vas voir des flics, tu leur offres un petit maillot, et c'est réglé, ils t'escortent !" » Même son de cloche du côté de Sciarra. « Ce sont des gens qui sont fiers de leurs couleurs, que ce soit l'Efes Pilsen, Fernerbahçe... Ils sont à fond derrière leur club. En deux mots, j'assimile ça à l'engouement et au supportérisme (sic)... Voire au fanatisme. »

Quand Bilba traverse une porte vitrée


Ça, c'est quand on se trouve du bon côté… Car les antres stambouliotes peuvent aussi se révéler être démentes pour leurs adversaires. En 2010, Stéphane Dumont, alors sociétaire du LOSC, découvre l'ambiance Fenerbahçe lors du 16e de finale retour de la Ligue Europa. « Quand ils marquent, on sait qu'à ce moment du match, on est éliminés. Il fallait laisser passer l'orage et faire le dos rond jusqu'à la mi-temps, car l'ambiance était folle. » Heureusement pour le Lillois, ils parviendront à égaliser et à passer au tour suivant sans encombre. Mais ce n'est pas toujours aussi facile. Retour au basket : en 1997, Villeurbanne se déplace à Istanbul pour y affronter Efes Pilsen en quart de finale de l'Euroligue. Vainqueurs 57-62, les Français pensent pouvoir fêter ça tranquillement, mais ils commencent à recevoir des projectiles dans la tronche dès la fin du match. Pris dans la cohue alors qu'il court vers les vestiaires, Jim Bilba ne peut éviter une porte vitrée qui éclate littéralement. Passé pas loin d'une fin de carrière prématurée, le Français s'en sortira avec une rupture des ligaments du pouce.

Mais les débordements ne se font pas qu'après la rencontre, Laurent Sciarra se souvient d'un match d'Euroligue avec Trévise. « On arrive dans une salle plongée dans le noir, on annonce nos numéros, ça siffle... Toujours dans le noir. À un moment, j'entends Željko Rebrača qui hurle. Il revient au banc pour constater les dégâts : il s'était fait entailler le front par le jet d'une bouteille d'eau en plein dans la gueule... C'est beaucoup d'intimidation, mais si tu remarques, l'équipe turque fait toujours des gros résultats à domicile. » Et comment passer à côté de la mésaventure des joueurs de Manchester United lors de leur visite à Galatasaray en 1993 ? « On nous jetait des trucs dessus alors qu'on était dans le bus. Les fans ont chanté toute la nuit à la porte de notre hôtel pour s'assurer qu'on ne puisse pas dormir, des gens téléphonaient dans nos chambres. Et quand le coach nous a dit d'aller tester l'atmosphère sur la pelouse… Les supporters étaient là depuis des heures, les chants passaient d'un côté à l'autre du stade. » Incapable de marquer, Man U se fera jeter avant même les phases de poules de la Ligue des champions.

« Il faut le vivre au moins une fois dans sa vie »


Quel que soit le camp qu'on représente, il faut de toute façon un sacré caractère pour résister à l'ambiance des stades de la cité turque. « Je pense que si tu arrives dans ce climat à 22 ans, tu peux être inhibé et y a de quoi péter les plombs » , estime Édouard Cissé, débarqué en Turquie à 30 ans. En basket, c'est pareil : pas question de décoller dans un club d'Istanbul si tu n'as enchaîné que des matchs au Havre et à Antibes. « Tu es dans un endroit inhabituel, et si tu n'es pas préparé à ça, tu exploses littéralement » , prévient Sciarra. Loin d'être exagérée, la réputation des stades turcs, en plus de faire office de 30 000e homme, fait frémir quiconque doit affronter l'équipe locale, au risque de lui foutre carrément les jetons. À Sciarra la conclusion : « Il n'y a que ceux qui ont vécu l'expérience qui peuvent comprendre cela. Il faut le vivre au moins une fois dans sa vie. Les gens peuvent dire qu'il s'agit uniquement d'un mythe... Un mythe de rien du tout ! Allez demander à Jim Bilba… »


Par Émilien Hofman et Antoine Donnarieix PS : article actualisé, préalablement publié en février 2014
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mackallaway Niveau : CFA2
Un article sympa surtout avec la comparaison du basket. Maintenant, la chaude ambiance et l'enfer, c'est exact pour le club qui n'est pas habitué aux joutes européennes et qui débarque. Mais bon, les Eto'o, Terry and co en ont vu d'autres avant. Et puis même si 50000 mecs sont les plus fervents du monde, si tu as 11 chèvres sur le terrain...car bon, ils ont battu la Juve sur un terrain plus que dégueulasse. Ce soir, ça ne va pas etre la même!
Les gars c'est bien de vouloir faire la comparaison basket/foot mais c'est Efes Pilsen et non Plzen c'est plutôt des tchèques.

Sinon merci pour l'article et oui les supporters transcendent effectivement l'équipe. Suffit de voir Besiktas qui en a mis 2 à liverpool lors du premier match mais qui s'est pris 8-0 au retour.
avanti partenope Niveau : DHR
pour ceux qui disent que le public ne compte pas, l'Aris Salonique est invaincu en 26 confrontations européennes à domicile (!!!) et la SSCN a actuellement la deuxième série ouverte en cours a domicile en C1 après le RMCF (ou il est invaincu) en ayant battu consécutivement Man.City,Chelsea,Borussia D,OM,Arsenal.
Message posté par The Joker
Les gars c'est bien de vouloir faire la comparaison basket/foot mais c'est Efes Pilsen et non Plzen ça c'est plutôt des tchèques.

Sinon merci pour l'article et oui les supporters transcendent effectivement l'équipe. Suffit de voir Besiktas qui en a mis 2 à liverpool lors du premier match mais qui s'est pris 8-0 au retour en 2008.
avanti partenope Niveau : DHR
aucun mot sur Galatasaray-Leeds 1/2 C3 2000 ?? oh my days...
Note : 7
Message posté par avanti partenope
aucun mot sur Galatasaray-Leeds 1/2 C3 2000 ?? oh my days...


Les incidents qui ont conduit aux 2 anglais morts poignardés étaient en dehors du stade.
Ah l'Efen Pilsen...
La victoire des grecs hier doit leur döner (kebab) envie de gagner ce soir ! Au moins qu'on puisse négocier une canette gratuite ou deux ce we
All_In_Klusive Niveau : Loisir
1) Citation du grand Maldini à la suite d'une élimination contre GS en 99-00 en groupe de CL : "Personne ne me fera croire qu'il n'y a que 25000 personnes dans ce stade (Ali Sami Yen l'ancien stade) ... Je n'ai pas entendu une seule fois mon gardien me parler"

2) "pour résister à l'ambiance des stades de la CAPITALE turque" : Euh la capitale c'est Ankara et non Istanbul ...

3) Le mec quand il dit : "Supporters dingues, fous, etc" il est complètement dans le vrai ... Je me rappelle, étant plus jeune, être allé à un match de CL à Ali Sami Yen ... On dégoulinait des tribunes, littéralement, tellement on était nombreux ... J'ai les oreilles qui ont sifflé pendant 2 jours après le match !

Bref vas y avoir du beau spectacle encore ce soir ... Tifos et folie dans les tribunes garantis !!!
On pourrait ajouter un épisode : le match Turquie - Suisse le 16 novembre 2005, qualificatif pour la Coupe du Monde en Allemagne.

Les supporters suisses ont du faire face à des bars interdits aux Suisses, des prix supérieurs, caillassage en bonne et due forme du car, des jets de projectiles (bouteilles, fumigènes, pièces de monnaie, barres métalliques, hampes de drapeau, pots de peinture, gobelets remplis d'urine…).

Sans parler des joueurs : interminables formalités douanières, jets d’objets à l’aéroport et dans le stade, agressions physiques des joueurs à la fin du match (Grichting blessé au bas ventre...). Sans oublier les provocations turques pendant l’échauffement (à chacun leur tour chaque joueur turc est venu au milieu du camp suisse pour aller chauffer les supporters), les appels du speaker officiel à siffler chaque fois qu’un Suisse avait le ballon, les pressions incessantes sur l’arbitre…

La justification de Fatih Terim et des autorités turques pour tout ce déchaînement de haine et de violence ? Des supporters suisses ont sifflé l'hymne turc lors du match aller.
Arthur-FAFI Niveau : DHR
Allez José, t'es pas chiche de les provoquer. Fais-nous une petite Mourinade, cela pourrait être marrant. Histoire d'entendre des chants de supporters à ta gloire. Tu es sur un beau trend, il ne faut pas faiblir.
Et puis tu sais qu'il n'y a pas mieux pour stimuler ton équipe. C'est l'un de tes principes de coaching. Vaz-y Cassius!
Mr_Bigglesworth Niveau : DHR
Message posté par mackallaway
Un article sympa surtout avec la comparaison du basket. Maintenant, la chaude ambiance et l'enfer, c'est exact pour le club qui n'est pas habitué aux joutes européennes et qui débarque. Mais bon, les Eto'o, Terry and co en ont vu d'autres avant. Et puis même si 50000 mecs sont les plus fervents du monde, si tu as 11 chèvres sur le terrain...car bon, ils ont battu la Juve sur un terrain plus que dégueulasse. Ce soir, ça ne va pas etre la même!


11 chèvres ? D'un côté tu cites Eto'o comme un joueur expérimenté et de l'autre tu classes Drogba, Sneijder, Yilmaz, Chedjou, Bruma ou encore Muslera (le mec qui couvre les fesses de Suarez et Cavani en équipe nationale) comme des chèvres. C'est un peu fort non ?

J'aime bien les mecs qui résument Galatasaray à un coup de chance sur un terrain de merde. Bonjour le mépris. Sur les 15 derniers mois, battre le Man U de Sir Alex à Istanbul, passer Schalke sans trop de soucis en 8ème, battre le Real à Istanbul (bon, y a aussi eu de belles branlées), faire 2-2 A TURIN, et enfin battre la Juve au retour ca fait quand même un sacré paquet de coup de bol !

Puis, pour ce que ça vaut, ils ont gagné la vieille Emirates Cup en bois des gunners en pré-saison. En battant au passage des équipes de Porto et d'Arsenal très proches de leurs équipes types actuelles.

Je suis pas turc mais faut arrêter la condescendance deux secondes. Actuellement, Galatasaray a largement le niveau du Zenit, de Schalke, de l'Olympiakos (bravo à eux pour hier) voire du Milan actuel. Comme le Shakhtar y a peu, le Fc Bâle (que les équipes anglaises connaissent bien) ou le flippant Red Bull Salzburg cette année, Galatasaray est typiquement le genre de club qu'on sous-évalue en raison de son championnat.
J'ai vécu 1 an à istanbul et donc eut l'occasion de me rendre à ce stade là 2 fois et je peux vous assurer que les équipes en face se chiaient dessus.

Même l'arbitre a l'air de souffrir lorsqu'il siffle une faute contre Galata.

Et puis cette communion avec les joueurs .... Et puis galatsaray c'est aussi ça

http://www.youtube.com/watch?v=WbGPNdrRjxU
All_In_Klusive Niveau : Loisir
Ambiance :

http://www.youtube.com/watch?v=8_JEmwDwYV4 ---> L'époque des psychopathes !

http://www.youtube.com/watch?v=sCe1ADGUQtU ---> Ecoutez bien à partir de 01:50 !

http://www.youtube.com/watch?v=hAbZnCa0p4o ---> Décibels !

http://www.youtube.com/watch?v=RP8b60HJ97g ---> Et quelques gribouillis !








mackallaway Niveau : CFA2
@Mr_Bigglesworth

Je me suis mal exprimé, c'est plus une idée globale et pas un ciblage sur Galatasaray. Bien évidemment, ce club a des joueurs de grandes qualités avec ceux que tu cites, tout comme Fener ou Besiktas. Ce que je dis, c'est que ce concept de feu, de peur est aujourd'hui un peu dépassé. De la même manière, y'a 20 ans, lorsque galatasaray devait débarquer au Camp Nou, ça devait être l'extase (stade impressionnant en dimension...) que tu ne retrouves plus aujourd'hui dans les grands (bons championnats). Après, là où les clubs comme Bâle ou Salzbourg ont plus de mal, c'est sur le lg terme et surtout sur le système aller retour. Faire un coup à domicile, c'est bien mais il ne faut pas non plus oubler le retour. On ne m'enlèvera pas l'idée aussi que pour Salzbourg jeudi dernier, c'est avant tout l'Ajax qui se sort tout seul (équipe remaniée, Europa moins "sexy" que le ldc)
@GoonCH : c'est bien vrai. Les turques s'étaient comportés comme des animaux ce soir là. Ca va bien au dela du "folklore" avec des mecs qui chantent sous tes fenetres.

Cela dit je crois qu'ils ont été plutot severement punis non ? Il me semble leurs matchs suivants a domicile ont du se tenir a huis clos voire meme sur terrain neutre ?
Plus de rédaction.. Encore.. On li plu vos dissert les mec.. Le mien OUI
Je vais peut être passer pour une fiotte mais je suis pas vraiment fan de ce genre d'ambiance. Ok c'est intimidant mais on arrive à un stade où c'est "trop" intimidant justement. Enfin je sais pas, si tout le monde se ramène avec une arme à feu pointée sur la pelouse ça aussi ça va impressionner les adversaires mais je suis pas sûr que ce soit vraiment intéressant.
On critique beaucoup les stades anglais mais personnellement je préfère un public qui reprend un coeur un beau chant au début et à la fin du match, qui se lève à l'unisson quand un but est marqué et qui balance pas de menace au milieu de la recontre.
Mr_Bigglesworth Niveau : DHR
Message posté par mackallaway
@Mr_Bigglesworth

Je me suis mal exprimé, c'est plus une idée globale et pas un ciblage sur Galatasaray. Bien évidemment, ce club a des joueurs de grandes qualités avec ceux que tu cites, tout comme Fener ou Besiktas. Ce que je dis, c'est que ce concept de feu, de peur est aujourd'hui un peu dépassé. De la même manière, y'a 20 ans, lorsque galatasaray devait débarquer au Camp Nou, ça devait être l'extase (stade impressionnant en dimension...) que tu ne retrouves plus aujourd'hui dans les grands (bons championnats). Après, là où les clubs comme Bâle ou Salzbourg ont plus de mal, c'est sur le lg terme et surtout sur le système aller retour. Faire un coup à domicile, c'est bien mais il ne faut pas non plus oubler le retour. On ne m'enlèvera pas l'idée aussi que pour Salzbourg jeudi dernier, c'est avant tout l'Ajax qui se sort tout seul (équipe remaniée, Europa moins "sexy" que le ldc)


Au temps pour moi dans ce cas l'ami, je t'ai mal compris.
Pour le Red Bull, je suis un peu plus inquiet que toi par contre. Eux aussi sont en train de multiplier les coups de chance. Ils ont fait un sans faute en phase de groupe d'Europa (avec pas mal de buts à la clé), ont tapé 3-0 un Bayern qui avait toujours une bonne gueule en amical y a un mois, et maintenant le 3-0 à Amsterdam. Et ils ont des joueurs vraiment impressionnants à l'image de Sadio Mané. Pour moi ils sont sans aucun doute l'épouvantail en Europa cette année.
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