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Qui a tué la Liga ?

En Espagne il y a les meilleurs joueurs du monde mais aussi les pires dirigeants d'Europe. Essentiellement fondé sur la dette, toute l'économie du foot ibère est menacée de disparition. La faute à qui ?

4 milliards d'euros de dette (contre 200 millions en Ligue 1), 21 clubs professionnels placés sous contrôle judiciaire (soit autant que dans toute l'Europe), 42 millions d'euros de salaires impayés et plus de 300 joueurs professionnels affectés. Au moment où les millions voyagent d'un compte à l'autre, où les rumeurs de transferts remplissent les pages vides, le foot espagnol danse sur des braises ardentes. Certains, comme le Rayo Vallecano (cf So Foot numéro 87) s'étaient pourtant mis à rêver à des jours meilleurs à la faveur de repreneurs optimistes. Mais le rêve n'a pas duré longtemps. Depuis lundi dernier, le Rayo est placé lui aussi sous contrôle judiciaire. Martin Presa n'a pas réussi à éponger la dette du club (47 millions d'euros). C'est maintenant au juge de trancher et d'organiser (ou pas) la viabilité économique du Rayo. Et un juge, ça ne rêve pas. Ça compte.

Comme d'habitude, c'est la faute à la conjoncture. Pour se faire peur, il suffit d'aller traîner dans la chambre à statistiques : 9,2 % de déficit, 22 % de chômage, un jeune sur deux sans emploi, -0,1% de croissance en 2010 et un FMI qui rôde aux portes. Certes l'Espagne, ce n'est pas la Grèce, mais ce n'est pas l'Allemagne non plus. Ici, à part du Gaspacho, de l'huile d'olive, des footballeurs et des Anglais en short, on ne produit pas grand-chose. Avec la fin de l'orgie immobilière et les mesures d'austérité imposées par l'Europe, les caisses sont vides et les mines sont tristes. Les deux principaux bailleurs de fonds du foot espagnol (collectivités locales et immobiliers) sont donc les premiers touchés par la récession. Le Racing Santander a pris en pleine face la cessation de paiement de son actionnaire principal SEOP en 2008, puis la disparition de son repreneur mégalo indien Ali Syed. Résultat : 20 millions de dettes et un Conseil régional contraint de se porter garant pour le club devant les banques. Foutue conjoncture ?

Au service de la dette

« Ce n'est pas qu'une question de politique d'austérité. Dans certains clubs, c'est la gestion qu'il faut mettre en cause » . Albert Soler, secrétaire d'État espagnol aux sport, appuie là où ça fait mal. La crise économique, c'est moche, mais ce n'est pas de sa faute si les clubs se sont sur-endettés pour se payer les stars locales, si les banques ont fermé les yeux devant les garanties proposées, si certains clubs ont refusé la création d'une DNCG locale, si les repreneurs mentent bien ou si le réalisme budgétaire n'est pas une valeur cardinale de ce côté-ci des Pyrénées. En dix ans, le Deportivo La Corogne s'est endetté à hauteur de 160 millions d'euros. Certes le SuperDepor est champion en 2000 et remporte deux fois la Coupe du Roi (1995, 2002), mais dix printemps plus tard, le club ne s'en est toujours pas remis. La saison prochaine, après vingt piges en Première Division, le Depor habitera à l'étage inférieur. Mais les souvenirs étant le dernier trésor qu'il reste aux malheureux, Augusto Leidoro, président du club, ne se cache même plus : « J'ai passé plus de cinquante ans dans le foot. Je sais bien comment tout ça fonctionne (...) sans dettes, nous n'aurions jamais été champions » . Et c'est bien là le problème.


Car en Espagne, la dette, c'est la vie. Les meilleurs sont aussi les plus endettés. Avec respectivement 660 et 548 millions d'euros à rembourser, Real Madrid et Barcelone génèrent suffisamment de richesse pour pouvoir maintenir le bateau à flot. D'ailleurs, ces deux institutions ne risquent pas grand-chose. La preuve en 2009, l'Espagne s'enfonce dans la crise, les banques nationales vacillent et n'acceptent plus de financer la trésorerie des clubs surendettés (Valence, Santander, Atletico). Pourtant, ce sont les banques Santander et Caja Madrid qui accordent les 94 millions d'euros nécessaires au Real pour que Perez puisse se payer Ronaldo. Jamais une banque n'assumera d'être le fossoyeur d'un des deux porte-avions même si pour cela, il faut sacrifier d'autres financements beaucoup moins rentables. Du coup Real et Barça accaparent maintenant 51% des ressources de la Liga (dont 50 % des droits télé) et 43% des dépenses globales. Le crime parfait.

Thibaud Leplat, à Madrid

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