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Quelle reconversion pour Pep Guardiola ?

Si Pep Guardiola n’est âgé que de quarante-cinq ans, l’actuel coach de Manchester City a donné une interview à la NBC pour déclarer qu’il pensait déjà à la retraite : « Je suis en train d'approcher de la fin de ma carrière d'entraîneur, je suis sûr de ça. Je ne veux pas continuer à être entraîneur à soixante ou soixante-cinq ans. » Voici quelques pistes pour l’aider à ne pas s’ennuyer une fois le costume d’entraîneur rangé dans l’armoire.

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Golfeur professionnel


« Si vous me cherchez, je serai sans doute sur un parcours de golf. » Au moment de déclarer ce qu’il comptait faire après sa retraite d’entraîneur, Pep Guardiola n’a pas hésité longtemps. Comme tout ancien footballeur qui se respecte, le Catalan va profiter de son temps libre pour améliorer son put. Sa première victime ? Son ancien coéquipier au Barça, Laurent Blanc, toujours présent lorsqu’il s’agit de tâter le fer. Convaincu de son niveau, Guardiola se lance alors dans le circuit pro avec une idée en tête : disputer la Ryder Cup. Car oui, ce qui fait vraiment kiffer Pep, ce n’est pas la Ligue des champions ou le Mondial des clubs, mais bien cette compétition de golf entre les États-Unis et l'Europe. Alors qu’il avait été convié à l’édition 2012 par le capitaine de la Team Europe, José María Olazábal, Guardiola a vécu, depuis les tribunes, sa plus grosse émotion sportive : « L’expérience que j'ai vécue à Medinah ce jour-là a été le moment le plus fort que j'ai jamais connu dans toute ma vie de sportif. Au dernier tour, nous (l'équipe d’Europe, ndlr) étions dans les cordes, nous avions virtuellement dix points de retard. Et avoir vu le public américain réagir alors que nous grignotions point par point notre retard – neuf, huit, sept, six, cinq, quatre... – sur les derniers trous, c'était tout simplement incroyable. » Malheureusement, alors qu'il arrive à squatter une place dans l'équipe de Ryder Cup 2022, Pep enchaîne les triple bogey et laisse les États-Unis célébrer la victoire. Définitivement meilleur avec ses pieds.


Président du Barça


Chez Guardiola, rien n’est laissé au hasard. Alors lorsqu’il évoque sa retraite, en réalité, Pep a déjà son plan en tête. Quitter Manchester City à la fin de son contrat, soit en 2019, après avoir remporté une Premier League, mais surtout la première Ligue des champions de l'histoire des Citizens. Avant de se lancer dans une autre bataille, celle de la présidence du Barça, afin de remplacer Josep Maria Bartomeu, élu en 2015 et qui ne tentera pas de briguer un autre mandat lors des élections de 2021. Une aubaine pour l’ancien coach du Bayern, qui pense avoir une autoroute vers la présidence. C’était sans compter sur son ancien protégé, Gerard Piqué, qui n’a jamais caché son envie de devenir président du club blaugrana. Soutenu par ses fidèles Xavi et Iniesta, Guardiola remporte l’élection haut la main. Son programme : s'inspirer du modèle de Bilbao en ne recrutant que des joueurs catalans. Bye bye Luis Suárez, Neymar et Lionel Messi. Un bel idéal sur le papier. Malheureusement, sur le terrain, les résultats ne suivent pas, et les deux clubs de Madrid se partagent les titres, les supporters blaugrana ne pouvant se consoler qu’avec une finale de Ligue Europa perdue contre Séville. Aux élections suivantes, Gerard Piqué prendra sa revanche et atteindra enfin son but. Avec un programme qui tient en deux mots : « Anti Madridista » .


Colocataire de Bielsa


« Je suis un grand fan de Marcelo Bielsa. Il a donné de la dignité à notre profession. Il sait absolument tout du football. Il est honnête et droit. Je l’admire beaucoup, c’est l’une de mes idoles en tant qu’entraîneur. » Au moment d'évoquer le nom de Marcelo Bielsa, Pep Guardiola n’est jamais avare en compliments. Alors dès qu’il en a l’occasion, il part en Argentine pour discuter avec son mentor. Au point de rester enfermé seul dans une pièce avec El Loco durant onze heures de suite : « J’ai appris énormément. En onze heures, tu peux apprendre beaucoup, mais tu ne peux pas non plus connaître Marcelo Bielsa. Pour ça, il faut vivre avec lui, faire plus de choses avec lui. » Afin de réaliser son fantasme, une fois son contrat à City terminé, Pep passe un coup de fil à Marcelo pour lui soumettre l’idée d’une coloc au Mexique, pays sur lequel les deux hommes ont déjà posé un jour leurs valises. Après six mois de vie commune à parler football, tactique, tactique et encore tactique, Guardiola et Bielsa décident de publier un livre de football sur... la tactique. Un pavé de douze mille pages préfacé par Franck Passi et encensé par la critique.


Maître brasseur


Quelques minutes après avoir annoncé que sa retraite approchait, Pep Guardiola a vu l’ancien tennisman allemand Boris Becker lui envoyer un petit conseil sur Twitter : « Allez Pep ! Tu es soumis à beaucoup de stress ces derniers temps, et les choses ne se passent pas comme prévu, mais nous t'aimons ! Bois une bière anglaise bien fraîche et détends-toi. » Par respect envers l’ancien numéro un mondial, Guardiola s’exécute et s’offre une petite Boddingtons. Assis tranquille sur son canapé devant Top Gear, le Catalan a une idée de génie : se lancer dans la fabrication de bière artisanale. Un projet qui lui avait déjà trotté dans la tête lors de son passage en Bavière durant le traditionnel Oktoberfest. Après avoir révolutionné en partie le football, Pep compte bien marquer le monde de la binouze de son empreinte. À l’image de Gary Bocaly qui se lance dans la fabrication d’un rhum pétillant, l’ancien coach du Barça dégaine, lui, sa nouvelle trouvaille : la bière sans mousse. Une idée saugrenue mais qui finira, comme souvent avec Guardiola, par fonctionner partout dans le monde. Sauf au bar PMU où les irrésistibles continuent d’avaler leur 1664 en pression.



Président de la Catalogne


« S'il avait existé un État catalan, j'aurais joué avec la sélection catalane. Mais à cette époque, ce n'était pas envisageable. » International espagnol à quarante-sept reprises, Pep Guardiola n’a jamais caché son envie de voir la Catalogne indépendante. Mieux, lors de la campagne des élections régionales catalanes en 2015, Pep avait son nom inscrit sur la liste indépendantiste « Convergència y Esquerra » qui proclamait la naissance de l’État de Catalogne. Interrogé sur cette position, l’actuel entraîneur de Manchester City avait dégainé les crocs : « Si quelqu'un est gêné par ma participation à ce processus, c'est son problème. » C’est donc tout naturellement que Guardiola se présente aux élections présidentielles de l’État de Catalogne créé en 2020. Une fois élu, Pep interdit aux clubs catalans de disputer la Liga avec ceux qu’il nomme à présent les « Espingouins » . Une ligue catalane est alors créée, dans laquelle figurent - entre autres - le Barça, l’Espanyol et Perpignan. Une balade pour le Barça qui, tel un vulgaire BATE Borisov, enchaîne onze titres d’affilée mais voit ses stars quitter le néo-pays pour rejoindre l’Angleterre, l’Italie ou, pire, l’Espagne.


Grand maître international aux échecs


Après avoir quitté le Barça lors de l’été 2012, Pep Guardiola s’était offert une petite année sabbatique à New York. Entre deux visites aux galeries d’art contemporain, le Catalan s’était lié d'amitié avec le maître des échecs, Garry Kasparov. Revenu dans son appartement new-yorkais une fois sa retraite sportive officielle, Pep retrouve très vite son ami russe. Compétiteur dans l’âme, l’ancien coach du Bayern se lance alors un défi à lui-même : battre Kasparov aux échecs. Tel un acharné, Pep parvient à réaliser l’exploit après cent vingt-sept échecs consécutifs. Sûr de sa tactique offensive, le Catalan se lance alors chez les pros et révolutionne la discipline. Sa tactique ? Un plan de jeu largement inspiré de son époque barcelonaise. Un seul chien fou, Carles Puyol, pour protéger son roi. Une tour de contrôle, Sergio Busquets, qui mange les pièces adverses qui tentent de traverser la moitié du plateau. Et, contrairement aux autres joueurs d’échecs qui se débarrassent de leurs pions, Guardiola fait de ce petit pion inoffensif, Lionel Messi, sa pièce maîtresse. C’est avec lui que Pep colle échec et mat à tous ses adversaires. Et voilà comment le Catalan se fera surnommer Pep Guardialov.

Par Steven Oliveira
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