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Quelle fin de saison pour les clubs de Manchester ?

Fin des années 80, les Stone Roses et autres Happy Mondays ouvrent la voie d'un nouveau courant musical venu de Manchester. Bien aidé par le label Factory Records et son club de l'Haçienda, la révolution culturelle mêlant la pop, le rock et la house est en marche. En 2012, c'est un autre folie qui voit le jour dans le Nord de l'Angleterre. United contre City, à la lutte, pour le titre. A quatre matches de la fin de saison, tout peut arriver...

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Manchester United émarge à 82 points. Manchester City n'en possède "que" 77. Les autres regardent ça de loin. Depuis le mois d'août, ils zieutent les deux entités se disputer le Graal. La couronne anglaise sera rouge ou bleue. C'est comme ça. Dans une semaine, les deux équipes entreront en même temps dans l'arène des Citizens. Ca, c'est un derby. Il ne sera pas forcément décisif pour l'attribution dut titre, mais il peut s'avérer déterminant, car, il faut l'admettre, Manchester United a une longueur d'avance. Un joker, en quelque sorte. 5 points les séparent. 12 sont encore en jeu. Difficile de savoir comment se terminera la saison, mais une chose est certaine, les deux Manchester ont mis le Royaume à leurs pieds. United en vieux briscard, City en jeune soiffard.

United à l'expérience

Pour United, en dépit de l'exercice collectif le plus faible depuis dix ans, on s'estime plutôt heureux. Au coeur de l'automne, quand les Citizens surfaient sur la vague du derby (1-6), United n'en menait pas large. D'autant qu'il a fallu gérer la piteuse campagne européenne de Ligue des Champions (éliminé dès les poules après trois finales en cinq ans). Forcément, quand on a connu la mort, on relativise. Même Bobby Charlton qui, lui, a vraiment tutoyé la faucheuse en 1958, savoure cette fin de saison presque miraculeuse. « Énormément de mérite revient à Alex et ses entraîneurs, pour la manière dont United s'est raccroché à la course au titre cette saison, lance-t-il sur le site officiel du club. Vu la malchance terrible qui s'est abattue sur United au niveau des blessures, il est proprement époustouflant nous voir occuper cette première place. Tellement de choses ont été dites sur Alex, surtout cette saison avec son 25e anniversaire au club, qu'il est difficile de rajouter quoi que ce soit. Il est tout simplement merveilleux, et la manière dont il inspire tout le monde autour de lui est incroyable. Le meilleur exemple en est la réaction à la victoire 6-1 de City à Old Trafford, plus tôt dans la saison. Toutes les personnes associées au club ont subi un véritable choc de jour-là. C'est le genre de chose qu'on espère ne plus jamais revoir » .

L'ancien Ballon d'Or a soulevé le problème. C'est presque miraculeux de voir MU en tête de la Premier League à quatre journées de la fin. Les blessures n'expliquent pas tout. Le fonds de jeu n'y est plus. Le collectif est approximatif. Alors que le millésime 2012 est sur la route d'un 13e titre en 20 ans, on oublie vite que, d'un point de vue comptable, l'exercice est pourtant réussi. L'an dernier, United a été sacré avec 80 points seulement. Il en compte 82 à quatre journées de la fin. C'est là, tout le paradoxe. Bon, on ne va pas se mentir, si Man. Utd remporte sa vingtième étoile, c'est avant tout à Man City qu'il le doit. Autre paradoxe.

City paye pour apprendre

Début février, City et Roberto Mancini se disent que l'argent fait le bonheur. Après trois saisons d'apprentissage, les "riches" vont enfin connaître la consécration. Deux mois plus tard, City a vu United revenir sur lui, le doubler et l'attaquer peu avant la flamme rouge. Surpris, les Citizens n'ont pas eu le réflexe de sauter dans la roue de son voisin honni. Forcément, ils galèrent pour combler le retard. C'est con, parce qu'avec 77 points, les ouailles de Roberto Mancini réalisent leur meilleur parcours de l'ère moderne. Il aura juste manqué au collectif l'expérience du sprint final. City a été en forme trop tôt. Beaucoup trop tôt. Tout le monde sait qu'un titre se gagne en mars et, éventuellement, durant le Boxing day. Deux périodes que la bande à Kompany n'a pas su gérer. Comme son encombrant voisin, City a également raté son printemps européen. Malchanceux pour sa première en Ligue des Champions (dans la même poule que le Bayern, Villarreal et Naples), City est tombé sous les coups du Sporting en Ligue Europa.

Et puis il y a eu ce bordel humain. Entre Carlos Tevez et Mario Balotelli, Mancini a dû faire avec deux mômes. Le premier a boudé pendant six mois. Le second n'a pas la lumière à tous les étages. Mais quand les deux sont on fire, la machine est imprenable. Ou presque. Un Balotelli qui a sérieusement fait marrer les romantiques. Mais pas ses coéquipiers. C'est la rumeur du moment. Selon le Daily Star, une grande partie de l'effectif de City aimerait que Super Mario ne soit pas de la partie lors du prochain derby, présenté comme le match de la dernière chance. Quoi qu'il en soit, une place de dauphin confirmerait la montée en puissance du club Monopoly. Qu'on se le dise, les Citizens sont en place. Et pour longtemps.

Du lourd cet été, des deux côtés

On le sait, les deux clubs sont dotés d'une impressionnante puissance financière. City paie cash quand United peut se vanter d'être le club le mieux valorisé selon Forbes (2,235 milliards de dollars). Alors, cet été, ça va aller taquiner les agents de joueurs sur le marché des transferts. MU est un peu obligé. Paul Scholes n'est pas éternel. Même David Gill, le directeur exécutif du club l'a annoncé : « Nous devons nous occuper de plusieurs contrats, nous allons regarder les acquisitions possibles et certains joueurs vont nous quitter. Cette période est toujours intéressante » . Le profil coché est toujours le même que l'an dernier : un milieu axial capable d'abreuver en bons ballons Wayne Rooney. Sneijder, Modric, Fellaini ou, plus récemment, Özil, sont dans les petits papiers. A l'inverse, Berbatov, Owen et Bébé iront crécher ailleurs.

Quant à City, ça sera l'orgie de Livres Sterling. Par valises. Et en grosses coupures. Pour le moment, on ne parle "que" de Fernando Llorente, Robin van Persie, Edinson Cavani et Robert Lewandowski. On n'est qu'en avril, ceci expliquant sans doute cela. Côté départ(s), Dzeko est pressenti à Dortmund. Reste le cas Balotelli. Voire celui de Tevez. Une chose est certaine, les deux Manchester sont en train de creuser un certain fossé avec les autres clubs. Le centre névralgique est en train de quitter Londres pour s'installer plusieurs centaines de kilomètres plus au Nord. L'année prochaine par contre, il s'agira de ne pas se rater en C1, cette fois...


Les quatre dernières journées
MU - Everton / Wolverhampton - Man City

Man City - MU

MU - Swansea / Newcastle - Man City

Sunderland - MU / Man City - QPR


Par Mathieu Faure
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