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  2. // PSG/Salzbourg

Quelle Europe pour Paris ?

« Et le numéro 27, Javier Pastore ! » Eh oui, Paris a changé. Ou plus exactement, Paris est redevenu lui-même. Pas trop tôt dirons certains. « Ah, déjà! » dit Antoine Kombouaré. Tiraillé entre ambitions logiques et prudence de rigueur, le technicien kanak s'apprête à débuter sa campagne européenne. Quel visage aura la C3 du nouveau PSG ?

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Ça y est. Paris est magique. Et maintenant ? Maintenant, le football, le vrai, peut (re)prendre ses droits. Forts d'un bon début de saison, les Parisiens ne passent pas outre le vieil usage qui veut qu'au logique emballement médiatique, la raison oppose la patience. Après tout, la saison ne fait que commencer, et à la crise estivale de l'éternel rival marseillais, le club de la capitale a souvent opposé la crise hivernale. Tabou à l'époque où l'équipe d'Antoine Kombouaré était encore une équipe fébrile, le champ lexical de la lose n'est plus proscrit. Logique, maintenant que les résultats se sont mis au diapason du recrutement galactique. A Paris, la saison 2011-2012 est celle d'un nouveau tabou : les ambitions. Dans les couloirs du Parc des Princes, pas la peine de parler de titre(s). Comme le Jean-Michel Aulas des années post-domination de l'OL, joueurs et dirigeants de la capitale éludent le sujet de la conquête de trophées dès qu'ils le peuvent. La prudence est de mise, logique au vu de la conjoncture sportive actuelle au club. Neuf nouveaux arrivants, et pas des moindres, et une mayonnaise pas encore montée. Une pauvre sauce évoquée et encore évoquée lorsque les protagonistes du football français sont invités à s'exprimer sur le nouveau caïd du championnat. Surement parce que la moutarde leur monte au nez, journée après journée. Alors oui, Paris n'est pas Lille, Paris n'est pas Lyon. D'ailleurs, pendant que les comparaisons clairvoyantes sont à la mode, l'Europa League n'est pas la Ligue 1. Et n'en déplaise aux dirigeants parisiens, cette compétition fait partie de leurs objectifs.

Equipe A ou équipe bis ?

“Une équipe à Paris”, les supporters du Paris Saint-Germain en ont une belle, flambant neuve, inédite comme les problèmes d'Antoine Kombouaré sur son banc de touche. Cette première sortie européenne pour le Paris Saint-Germain se fait sous le signe de la découverte des problèmes de riches. La logique voudrait que le Kanak profite de la réception de Salzbourg pour “faire tourner”, ce qui, grosso merdo, revient à faire plaisir aux anciens et au cocu de l'année 2011, Nicolas Douchez. Un choix respectable, tant sur le point humain que sur celui de la gestion, puisqu'en vue du déplacement dominical à Evian, les néo-cadres parisiens pourraient se reposer. Mais – car il y a évidemment un mais – un match officiel de plus ne constitue-t-il pas l'occasion pour Kombouaré de remédier à l'un des seuls problèmes auxquels son effectif doit logiquement faire face en ce début de saison, le relatif manque de cohésion ? 90 nouvelles minutes à jouer ensemble ne sont pas négligeables et si, tranquilles dans leur groupe F, les Parisiens devraient se qualifier pour la phase suivante, la question aura le mérite de se poser une fois ce tour passé. Aligner une équipe bis en Coupe de la Ligue, oui. Aligner une équipe bis en Europa League, lorsque l'enjeu est aussi peu important que les ambitions du club, oui. Aligner une équipe bis lorsque la compétition peut logiquement constituer un des objectifs phares de la saison, non. Si ce soir, Antoine Kombouaré devrait logiquement opter pour la première solution, en titularisant Armand, Douchez et sans doute quelques autres, la question devra se poser d'ici quelques mois. Le voile tactique se lèvera alors, certainement en même temps que le flou qui entoure les ambitions sportives parisienne cette année.

Jouer le doublé

Peu de temps après son recrutement, Jérémy Menez évoquait la qualification en Champions League comme objectif principal de club de la capitale. Hier, dans les colonnes du Parisien Javier Pastore brisait enfin le tabou du titre : « Nous avons une bonne équipe, même s'il faut continuer à travailler. L'objectif est de terminer le plus haut possible et de jouer les premiers rôles. Ce que nous désirons le plus, c'est être champions » . Rien d'illogique à délaisser l'Europe. Après tout, le dernier succès notable des joueurs de la capitale a été à l'échelle européenne, et, sur une pure question d'ego, un titre de champion de France ferait certainement plus maigrir la concurrence qu'un sacre en Europa League. Tout le monde l'a compris, ce que les coéquipiers de Mamadou Sakho veulent, c'est la C1. Après tout, le club de la capitale s'est fortement italianisé cet été, et quand on sait l'intérêt que les clubs transalpins portent à l'Europa League, il n'y a pas vraiment de quoi vouloir allumer le poste ce soir. Mais Pastore & Co le savent, cette campagne de C3 est aussi un excellent moyen de préparer les campagnes futures en Ligue des champions. Alors les Franciliens se lancent dans l'Europa League, comme ça, à tâtons. Un peu comme en championnat. Avec les moyens de faire de belles choses, mais la tête encore un peu trop sur les épaules. C'est vrai que ce serait con de jouer le doublé.

Par Swann Borsellino

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on dit "champ lexical", cher journaliste.

à moins que tu ne fasses un jeu de mot avec les chants de supporters (inexistants) du psg...
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