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Quel sélectionneur pour la Corée du Sud ?

Après le refus de Bert van Marwijk de prendre les rênes de la sélection, le président de la Fédération sud-coréenne a récemment déversé son spleen dans le Guardian : personne ne veut de ce poste de sélectionneur national. Pourtant, il y a de quoi faire et ils sont nombreux à n'attendre que ça. Éléments de réponse.

Le choix de la raison : Hwang Sun-hong


Hwang Sun-hong a pris une bonne habitude : soigner ses stats. Pendant les quatorze ans qu'il passera à la pointe des Guerriers Taeguk – avec, en climax, cette demi-finale au Mondial 2002 – le natif de Yesan plantera 50 banderilles en 103 sélections. Une décennie plus tard, en 2011, il s'installe sur le banc des Pohang Steelers. En quatre ans, Hwang aura terminé deuxième (2011), remporté un championnat (2013) ainsi qu'un trophée d'entraîneur coréen de l'année (2013). Et aux deux tiers de l'exercice 2014, les Pohang Steelers collent au train du leader Jeonbuk Hyundai Motors. Salué pour sa méticulosité et ses capacités d'observation, Hwang pourrait bien reprendre le poste laissé vacant par Hong Myung-bo, autre vétéran de la campagne nippo-coréenne de 2002. Façon Blanc-Deschamps en 2012.

La filière néerlandaise


Même si Bert van Marwijk a récemment décliné la proposition de la Fédération sud-coréenne, cette dernière pourrait toutefois approfondir ses recherches en matière de filière batave. Car oui, après le Barça, la Corée du Sud fait figure de seconde colonie pour coachs néerlandais. Lancée par Guus Hiddink en 2001 avec le succès qu'on lui connaît, elle a depuis vu passer Jo Bonfrère, Dick Advocaat et Pim Verbeek, sans véritable conviction. Du coup, depuis sept ans, plus rien, Séoul préférant recruter local. Pourtant, l'offre est pléthorique, à défaut d'être toujours fiable : Martin Jol, René Meulensteen, Jimmy Floyd Hasselbaink, Patrick Kluivert et surtout Frank Rijkaard pointent à l'heure actuelle au Pôle Emploi. Mais pas Ruud Gullit. Ce bon vieux mercenaire préfère se concentrer sur le challenge sportif qui l'attend à la tête du Mumbai FC en Indian Super League, l'automne prochain.

Le choix du cœur : Park Ji-sung


Après une dernière pige au PSV, et malgré ces mots en mai dernier - « Je pars sans regret. J'ai apprécié jouer au football et j'ai accompli plus que ce que je n'aurais pu l'imaginer » - Park Ji-sung s'ennuie ferme depuis qu'il est à la retraite. De son côté, l'équipe de Corée du Sud est en pleine reconstruction après un Mondial brésilien moribond. Alors qu'il a quitté la sélection nationale en 2011, Park possède encore assez de repères pour que la fédé ose lui confier les clés du camion. En revanche, l'inconnue réside dans le jeu pratiqué par l'ancien de Man U, inexpérimenté à ce poste. Coup d'essai ou coup de maître, il développe un jeu tout en intuition et spontanéité. En 2015, il remporte la Coupe d'Asie des nations face à des formations sclérosées par l'automatisme à outrance. Une première depuis 1960 pour les Diables rouges. Dès lors, on le surnomme « Alex Fergusung » et on parle de lui pour remplacer Louis van Gaal chez les Red Devils.

La hype italienne


Alberto Zaccheroni qui termine sa carrière à la tête de la sélection japonaise, Marcello Lippi sur le banc du Guangzhou Evergrande jusqu'en 2017. Deux exemples qui valent ce qu'ils valent, mais qui confirment une chose : l'Italien se sent bien dans cette humide Asie. Prenant exemple sur ses frères ennemis, la Fédération sud-coréenne décide de faire dans le Transalpin. Claudio Ranieri parti se dorer la pilule sur les bords de la mer Égée, c'est Luciano Spalletti, récemment débarqué par le Zénith Saint-Pétersbourg, qui remporte le sésame. Sauf que la plaie ouverte par Ahn Jung-hwan et Byron Moreno le 18 juin 2002 suinte toujours de part et d'autre de la Botte. En conséquence, Spalletti est officieusement interdit de coacher toute équipe italienne dans le futur. Mais il s'en fout. L'ancien entraîneur de la Roma veut juste mettre en pratique ce qu'il sait faire de mieux : jouer vite et bien. Un peu moins de quatre ans plus tard, Spalletti s'offre une qualification en huitièmes de finale avec les Guerriers Taeguk au Mondial russe en éliminant l'Italie.

Un sorcier blanc. Ça marche (presque) à tous les coups.


Modèle qui a fait ses preuves en Afrique, le « sorcier blanc » d'inspiration française peine encore à s'installer en Asie de l'Est. Seul Philippe Omar Troussier, Claude Le Roy et désormais Alain Perrin ont osé franchir le pas en un peu plus de quinze ans. Et recruté par la Côte d'Ivoire, Hervé Renard ne viendra pas traîner ses chemises blanches du côté de Séoul. Pourquoi ne pas s'en remettre à un sorcier blanc... allemand ? Depuis bon nombre d'années, les joueurs sud-coréens viennent muscler leur jeu du côté de la Bundesliga chaque année. En témoignent les parcours de Cha Bum-geun et son fils Cha Du-ri, et plus récemment Son Heung-min. Du coup, la Fédération sud-coréenne applique le système inverse. L'idéal étant de recruter un aventurier chevronné : Berti Vogts ou Bernd Schuster, par exemple. La qualité allemande au pays de la voiture en plastique, donc.

Par Matthieu Rostac
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