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Quel objectif pour le Milan AC ?

Depuis quelques semaines, le Milan AC va mieux. Le club rossonero enchaîne les victoires et remonte au classement. Désormais septièmes, les Milanais entrevoient la zone Europe. Mais peuvent-ils vraiment y prétendre ?

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Il y a encore quelques semaines, on ne donnait pas cher de la peau du Milan AC. Le 11 novembre dernier, l’équipe de Massimiliano Allegri perd à domicile contre la Fiorentina, 3-1. Un quatrième revers en sept rencontres à San Siro, record négatif. Au terme de cette déconvenue, les Rossoneri se retrouvent dans la deuxième partie de tableau, à quelques points, seulement, de la zone de relégation. Une situation quasi-inédite pour une équipe toujours habituée à camper les premières places du classement. La folle dégringolade semble se poursuivre la semaine suivante lorsque, au bout d’une demi-heure de jeu, le Milan AC est mené 2-0 sur la pelouse de Naples. Bizarrement, c’est justement au moment où il touche le fond que Milan va se décider à remonter. À l’origine de la révolte, un homme. Stephan El Shaarawy. Le nouveau phénomène de la Serie A invente une merveille de frappe dans la lucarne pour réduire l’écart, puis égalise en fin de partie, bien servi par Robinho. Un match nul aux arômes de victoire pour les Milanais. Et surtout, le sursaut d’orgueil qui peut relancer une saison. Car la semaine suivante, c’est la Juve, leader, qui se présente à San Siro. Avec un pénalty plus que litigieux, les Lombards s’imposent, 1-0. Peu importe la manière, la victoire face aux anciens invincibles relance les ambitions rouges et noires. Parce qu’on ne peut pas tuer le Diable.

Quelques coups de pouce, beaucoup de courage

Les deux dernières semaines confirment l’embellie. Milan est allé s’imposer sur deux pelouses hostiles, à Catane et au stadio Olimpico de Turin. Deux succès similaires : la formation d’Allegri qui concède l’ouverture du score, qui égalise, qui prend l’avantage, et qui s’impose. Avec, toujours, quelques petites faveurs de l’arbitre. Face à Catane, l’égalisation d’El Shaarawy aurait dû être annulée car le Pharaon était nettement hors-jeu. Contre le Torino, c’est en revanche le troisième but de Pazzini qui n’était pas valable, l’ancien de la Samp ayant commis une faute sur Masiello, que même lui semblait surpris de ne pas voir sanctionnée. Mais bon. Même credo : peu importe la manière. Il fallait remonter. Milan l’a fait et, grâce à ces trois succès de rang en Serie A, se retrouve désormais septième. Le duo Roma-Fiorentina n’est qu’à cinq longueurs, tandis que la troisième place, qualificative pour le tour préliminaire de la Ligue des champions, est à neuf points. Impensable ? Compte-tenu de la dynamique, on pourrait être amené à dire que non. Que ce Milan a les épaules pour aller chercher une place sur le podium. Ça, c’est la version optimiste, quasi idéaliste.

Mais la réalité est, pour l’instant, tout autre. Ce Milan AC est dans une phase de reconstruction, il ne faut pas l’oublier, et est surtout beaucoup trop dépendant d’El Shaarawy, auteur de 13 des 28 buts milanais en championnat, et dont les pions ont rapporté directement dix points à son équipe. « Oui, mais le Napoli est dépendant de Cavani, et la Lazio de Klose » . Pas faux. Le problème, c’est que le Milan AC est un club qui ne peut pas se permettre d’être dépendant d’un seul joueur, qui plus est d’un joueur de 20 ans. Certes, le petit Pharaon semble avoir la maturité d’un vétéran, mais il demeure un joueur de 20 ans, qui peut connaître une baisse de régime, une blessure, une période de doute. Et dans ce cas-là, quoi ? Le Milan AC devra s’en remettre à Pazzini, qui a réalisé deux bons matchs depuis son arrivée à Milan rive rossonera ? Ou à Robinho qui, s’il demeure génial et imprévisible lorsqu’il est en forme, passe la moitié de l’année à l’infirmerie ? Non. C’est un fait : si Milan veut viser plus haut cette saison, Berlusconi va devoir faire un geste pendant le mercato. S’il parvient à trouver quelques pièces au fond de ses poches. Ou au fond de celles de ses nouveaux amis chinois.

Jouer à fond la Coupe d’Italie


Autre coup dur : dimanche dernier, les Milanais ont perdu pour le reste de la saison Nigel de Jong, blessé au tendon d’Achille. Le Néerlandais était pourtant l’un des tout meilleurs joueurs de l’équipe, et incarnait surtout cet esprit de révolte qui avait cruellement manqué pendant les mois de septembre et d’octobre. Il va donc falloir lui trouver un remplaçant. Car ce que l’on oublie, c’est que ce Milan AC, avec ses doutes, ses faiblesses et ses interrogations, sera bien sur la ligne de départ des huitièmes de finale de la Ligue des champions (on connaîtra d’ailleurs son adversaire dans quelques jours). Il va donc falloir être en mesure de présenter une équipe compétitive, capable de respecter la tradition du club dans cette compétition. Donc, quasi-inévitablement, des renforts. Une hypothèse que le Cavaliere n’exclut pas. « Des arrivées en janvier ? On va voir. On a eu encore un blessé qui va devoir manquer toute la saison. Il va donc falloir faire en fonction des exigences du Milan AC » a-t-il déclaré juste après la victoire face au Toro. En Italie, les spéculations vont donc bon train. Lors des dernières semaines, on a évoqué (encore) Yanga Mbiwa, Strootman du PSV, le Brésilien Casemiro (également convoité par l’Inter) et même Mario Balotelli. Mais Adriano Galliani a préféré tempérer. « Je n’attends aucun cadeau de Noël. Si personne ne part, personne n’arrive » a-t-il affirmé. Logique.

Du coup, les tifosi ne savent plus trop sur quel pied danser. Leur équipe va mieux, mais au fond, tout le monde semble être conscient que ce Milan-là n’a pas le niveau pour aller chercher mieux qu’une qualification en Europa League. Ce qui serait déjà un bel exploit compte-tenu du début de saison catastrophique. Après, il y a une autre solution. Jouer à fond la Coupe d’Italie, la gagner et ainsi s’assurer un billet pour la prochaine C3. Un moindre mal, d’autant qu’il « suffit » de gagner quatre matchs (quart de finale, demi-finale aller, demi-finale retour, finale). Bref. Avant la trêve, Milan a encore deux matchs de championnat à disputer. Objectif : six points, pour passer Noël au chaud. Mais c’est loin d’être gagné. Si le match de dimanche face à Pescara est largement à leur portée, le second, un déplacement à Rome pour y affronter une Roma en pleine bourre, sent le traquenard à plein nez. Mais il permettra, au moins, de savoir ce que vaut vraiment ce Milan AC. Et de savoir ce à quoi il peut prétendre. Ou ne pas prétendre.

Eric Maggiori
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