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Quel club pour Zlatan ?

Pas besoin d'être devin pour sentir le coup fourré. Transféré de l'Inter Milan vers le Barça contre un pécule frôlant l'indécence (Samuel Eto'o + 45 millions d'euros), Zlatan Ibrahimovic se retrouve déjà tricard en Catalogne. Malgré une première saison correcte niveau comptabilité (16 buts), le géant suédois doit faire ses bagages. Reste deux questions auxquelles il faut répondre : vers où et pour combien ?

J.H, 29 ans, grand, brun, nez encombrant, adepte du ju-jitsu et du football, cherche club pour saison prochaine pour un CDD de 3 à 4 ans. Rémunération conséquente exigée, poste de titulaire obligatoire. Contacter par mail : zibrahimovic@fcbarcelona.com. Voilà, c'est officiel, Zlatan Ibrahimovic est sur le marché des transferts. Pas vraiment une surprise en soi au regard de sa saison. Pourtant, quand on s'intéresse uniquement aux chiffres, l'année du grand brun est plutôt correcte : 29 matches, 23 titularisations, 16 buts. Deuxième meilleur scoreur du club (derrière l'OVNI Messi et ses 34 pions), le Suédois n'a pas démérité. Mais en Espagne, les statistiques passent, le style reste. De surcroît au Barça. Thierry Henry est bien placé pour en parler, lui qui, lors de sa première saison, s'était fendu de 12 buts avant d'en planter 19 l'année suivante pour la considération que l'on sait. L'arrivée de Zlatan à Barcelone s'inscrivait surtout dans une politique de surenchère pour contrecarrer le recrutement démagogique du Real l'été dernier. Néanmoins en perdant Samuel Eto'o, meilleur buteur et bien meilleur défenseur que le Suédois, le Barça s'est fourvoyé. Zlatan est clairement une erreur de casting. L'achat récent de David Villa est un signe, il faut vite recadrer le tir. S'agit maintenant de refourguer un attaquant estimé à 45 millions d'euros minimum.

C'est un secret de polichinelle, les boss catalans veulent se débarrasser de la grande carcasse du numéro 9. Un procédé qui a ulcéré l'agent de l'ancien Intériste cette semaine : « Je ne comprends pas, tous les deux jours, on annonce qu'il veut changer d'équipe. On l'a envoyé au Real Madrid, à Manchester City, à Milan ou à la Juventus. Ibra n'est pas sur le marché. Il y a deux personnes comme Laporta et Begiristain (respectivement président et directeur sportif du Barça, ndlr) qui l'ont défini comme invendable. Il est vrai que Barcelone a acheté David Villa, ce qui peut menacer sa place dans l'équipe. Zlatan n'a pas exprimé son désir de s'en aller. Le fait qu'il y ait tant de grands joueurs ne lui fait pas peur » . Voilà, c'est dit. On ne voit pas Zlatan jouer les chauffeurs de banc. Reste à trouver un club pour le bonhomme. Les conditions sont quasiment cumulatives : il lui faut un club riche, compétitif et au sein duquel l'attaquant sera assuré d'être titulaire. Enfin, il lui faut un système exclusivement dédié à son style de jeu. Ça fait beaucoup... trop.

City, Chelsea, sortez les chéquiers !


Pour le moment, les pistes les plus chaudes envoient Zlatan en Angleterre. Deux noms sortent du lot : Chelsea et Manchester City. Les récents champions d'Angleterre se sont renseignés sur le cas du Suédois. Le hasard faisant souvent bien les choses, selon le quotidien espagnol El Mundo Deportivo, Ibrahimovic et Carlo Ancelotti se seraient rencontrés -fortuitement- dans un hôtel de Miami. L'occasion idéale pour parler de l'avenir de l'“Ikeiste”. Mais là où le bat blesse, c'est l'attaque des Blues. Meilleur gâchette du championnat avec plus de cent gaufres dans les gosiers adverses, l'attaque des Londoniens s'appuie sur Drogba, Kalou, Sturridge et bien entendu Nicolas Anelka. Excusez du peu. Le souci, c'est donc Nico (Drogba étant incontournable). Mais le coach transalpin a récemment milité pour un Nico en numéro 9. Sa "vraie" place selon Carlo. « Nicolas est complet, polyvalent, explique le technicien italien dans les colonnes de L'Equipe. Avec moi, cette saison, il a joué à plusieurs postes. Comme avant-centre, comme neuf et demi, et aussi sur les côtés, à droite comme à gauche. (...) Même si Nicolas est très bon partout, je crois que son meilleur poste, c'est avant-centre » . A priori, c'est mort pour Chelsea donc. Tant pis, Manchester City est à l'affût et possède un “larfeuille de trader”. Soyons clairs, pour les Citizens, l'argent n'est pas un problème. Reste qu'Ibracadabra serait alors confronté à deux problèmes : City ne dispute pas la C1 l'an prochain et la place de titulaire n'est pas assurée. Entre Tevez, Adebayor, Bellamy, Santa Cruz et Robinho -qui devrait rentrer de Santos-, le poste d'attaquant est plutôt chargé (sans parler d'éventuelles nouvelles recrues). Quelle solution de repli pour le Suédois ? United. Pourquoi pas. Sir Alex Ferguson cherche un complément à Wayne Rooney. Néanmoins, pas certain que le profil du Suédois -un peu trop similaire au nonchalant Berbatov- convienne à la philosophie des Red Devils. D'autant que les Mancuniens ne prendront pas le risque de sortir plus de 40 millions d'euros pour un coup aussi tendu, au risque de compromettre le prometteur Javier Hernandez.

Milan comme seul espoir ?


Les pistes rétrécissent donc comme peau de chagrin. Le Real ? Les Madrilènes se délectent de l'erreur des Catalans et préfèrent relancer un Benzema plutôt que de tenter le pari fou d'Ibra. Chacun sa merde. Les Teutons alors ? Le Bayern pourrait représenter un point de chute idéal. La concurrence en attaque n'est pas tellement glamour (Klose, Gomez, Olic) et le duo Ribéry-Robben serait un pourvoyeur idéal de caviars. D'autant que le récent finaliste de la C1 a su se montrer compétitif sur le Vieux Continent et Van Gaal est un ancien de l'Ajax, un amour de jeunesse commun aux deux messieurs. A creuser donc.



Et l'Italie ? Le seul championnat majeur dans lequel l'ancien Ajacide s'est toujours amusé. Même si son départ de la Juventus en 2006 suite au calciopoli lui aura valu de viles représailles de la part des fans juventini (une chanson lui est encore dédiée, "Ora tutta quanta la curvan cantera per te, Zlatan sei un zingaro -grosso modo : "Tout le virage chante pour toi, Zlatan tu es un Gitan"), le Suédois était respecté en Italie. Son passage à l'Inter coïncidera avec son état de grâce. Autant sur le pré (57 buts en trois saisons) que sur le compte en banque (plus de 10 millions par an). Altruiste, très fin techniquement pour son gabarit (1m95), Zlatan était l'idole de San Siro. Sauf que son retour au sein des nouveaux champions d'Europe semble totalement improbable (difficile de changer une équipe qui a tout gagné). Mais Milan peut toujours l'accueillir, le Milan AC notamment, en galère d'avant-centre, qualifié pour la prochaine Ligue des Champions et en recherche d'un tueur de surface depuis le départ de Shevchenko. A vrai dire, c'est le seul point de chute "crédible" de Zlatan aujourd'hui. Son retour à la Juve est hors de question, l'Inter n'en a plus besoin, la Roma s'est rabattue sur Adriano et la Fiorentina ne jouera pas la C1.

Quitte à tirer des plans sur la comète, le Suédois peut la jouer à l'affect et se payer un retour à l'Ajax ou pis, à Malmö son club formateur. Du moment que le bonhomme ne succombe pas aux sirènes du Qatar, question d'éthique. Car il faut bien l'avouer, malgré un palmarès long comme le bras (champion dans trois pays différents), Zlatan est passé à côté de la carrière que son talent hors norme lui prédisait. A 29 ans, Ibra n'a plus le droit de se tromper...

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