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  2. // Bordeaux/Lyon (1-0)

Que vaut vraiment l'OL ?

Qualifié pour les demies de Champion's, en lutte pour le titre en L1, Lyon peut tout perdre, comme connaître une fin de saison exceptionnelle. Au bout du chemin, on saura enfin ce que vaut vraiment cette équipe.

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Tout préliminaire de la Champion's. 19 août dernier. Lyon écrase gentiment Anderlecht, 5-1. Avec un jeu enthousiasmant et beaucoup de réussite. Un premier but de Pjanic, qui avait déjà cette capacité à mettre les décisifs, un péno de Lisandro, un goal de Bastos et deux de Gomis. Les recrues de l'OL avaient frappé. Car l'effectif de Lyon a été pas mal modifié durant l'intersaison. Des cadres voire des monuments sont partis. Des petits nouveaux sont arrivés. Des mecs de Porto, de Lille, de St-Étienne. La saison commençait, et il était difficile de savoir ce que valait vraiment Lyon. A ce moment-là, ça paraissait logique.

Aujourd'hui, la saison se termine, et il n'est pas pour autant plus simple d'affirmer quel est le niveau réel de Lyon. Aujourd'hui, l'OL est second du championnat de France, avec deux points de retard sur Marseille, à égalité avec Montpellier et Auxerre. Montpellier et Auxerre... L'OL est également qualifié pour les demi-finales de Ligue des Champions, avec le Bayern, l'Inter et Barcelone. Le Bayern, l'Inter et Barcelone...

Quel est le niveau de l'OL?

Le niveau de l'OL ? Quelque part entre les deux. Et le cul entre deux chaises (entre deux rives, forcément). En France, le roi Lyon bataille pour retrouver son titre, et, coincé entre le Languedoc et la Bourgogne, se sent forcément un peu à l'étroit. Comme un costume un peu petit pour lui. En Europe, Lyon fait le dos rond, se qualifie sur exploit (mais pas forcément celui de son histoire, espérons qu'il soit à venir) contre le Real, et sur une défaite à Bordeaux. Une qualification à zéro tir cadré. Comme si l'OL devait apprendre par lui-même que certaines fois, on gagne à perdre. Comme le dit Jérémy Toulalan : « C'est peut-être la première fois où je suis content d'avoir perdu » . Sans doute pour cela que cette qualification a été célébrée avec une certaine retenue et une certaine mesure. Sans doute aussi parce que c'est typiquement lyonnais. Pourtant, il ne faut pas s'y tromper, cette qualification est une joie immense pour le club, les joueurs, les dirigeants, les anciens, ceux qui ont connu les éliminations répétées... Porto, le PSV, le Milan en quarts. Puis la Roma et Manchester en huitièmes... Lyon a bien cru ne jamais y arriver. Cette fois-ci est la bonne, alors que son niveau de jeu n'est pas forcément aussi élevé que par le passé.

A nos actes manqués

Champion de France incontestable et incontesté, le Lyon de Gérard Houllier régnait sur son royaume en toute sérénité et arabesques. Il faut se rappeler de la domination aussi constante qu'appliquée que pouvaient exercer les Lyonnais sur leurs opposants. Un serpent à sonnettes. Ce Lyon-là était, avec le Milan et le Barça, l'une des trois meilleures équipes européennes. Peut-être même la meilleure par instants. Et réussir ça, avec les moyens d'un club français, n'était pas un mince exploit. Ce Lyon méritait de jouer une demie de Champion's League, mais un but d'Inzaghi en a décidé autrement. Ensuite, contre la Roma, l'OL a d'abord manqué de réussite (toutes les opportunités lyonnaises en début de match), puis de sang froid (Fred, Juninho), sentant l'élimination arriver, le goût du sang. Dommage, cet OL-là était sans doute le plus accompli de tous. Pourtant, nombreux s'accordent à penser que le vrai gâchis, c'était contre le PSV. Et Govou qui avait le but du 2-0 à l'aller... Un milieu Diarra, Essien, Juninho... Et ce pénalty non sifflé sur Nilmar... Et les Strepsils de Guus Hiddink...

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L'art et la manière

Bref, si l'Olympique lyonnais a incontestablement été plus fort par le passé, c'est bel et bien cette saison qu'il accède enfin au dernier carré européen. Et ça, ça ne se discute pas. Claude Puel a pour lui les résultats, pas forcément la manière. Qui elle, se discute. En poule, Lyon n'a pas forcément brillé de mille feux. Second de son groupe derrière la Fiorentina, l'OL a fait le job. Victoire 1-0 contre la Fio pour commencer, un premier 4-0 passé aux Hongrois de Debrecen, une victoire 2-1 à Liverpool ensuite, un nul un partout contre ces mêmes Reds à Gerland, une défaite en Italie, et un nouveau 4-0 collé aux Magyars histoire de boucler la boucle. En poule, on avait connu l'OL bien meilleur. Ces matchs de folie contre le Real... Un Real que l'OL retrouve justement en huitièmes. Là, on ne va pas se mentir, l'OL doit autant sa qualif à sa résistance qu'au manque de réussite madrilène. Franchement. Et donc ce quart contre Bordeaux, où à l'aller, Lyon s'en est très bien tiré avec ce score de 3-1, qui lui a permis de se qualifier malgré la défaite d'hier. L'OL est donc finalement parvenu à atteindre ce niveau de la compétition alors que son propre niveau a incontestablement baissé. Le Lyon d'aujourd'hui n'est pas aussi brillant que le Lyon d'hier ; pour autant, le Lyon d'aujourd'hui ne mérite-t-il pas lui aussi sa place en demies de LDC ? En tout cas, il l'a dans la poche.

Tirer le maximum de son effectif est, au fond, le seul boulot d'un entraîneur. Claude Puel fait du très bon boulot. Sans doute rodé par ses performances lilloises dans la compétition, il est parvenu à emmener cet OL, hisser cet OL dans le dernier carré européen. Ce qui n'est pas un mince exploit, et n'était certainement pas une partie de plaisir. Et c'est bien là tout le problème. L'OL a paradoxalement des résultats au-dessus de ce qu'il pouvait espérer cette saison, et un niveau de "jeu" inférieur aux attentes. Car Lyon ne régale pas vraiment la chique cette année. Attention, ça joue bien, mais on ne peut s'empêcher de penser que ça pourrait (devrait ?) mieux jouer au ballon.

Les accords de Munich

Entre les résultats et le jeu, il semblerait que Puel ait choisi. Mais jouer ainsi était peut-être la seule manière d'obtenir de tels résultats. Le retour contre Bordeaux le prouve bien. Certes, l'OL a bétonné, certes l'OL se qualifie avec zéro tir cadré, certes, mais l'OL est qualifié. A l'époque du PSV ou du Milan, il aurait volontiers échangé un peu de sa qualité de jeu pour de la réussite.

Demain, afin de clore un peu l'éternel débat jeu/résultats, et surtout de nous montrer ce qu'il vaut vraiment, ce serait bien que l'OL nous sorte un match énorme, que ce soit au niveau du jeu comme des résultats. Pour les retrouvailles avec Van Bommel, ce serait là un joli clin d'œil du destin, et une belle façon de boucler la boucle. D'autant que quand il croise le Bayern, Sidney a pour habitude de lui coller des doublés.

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