Que va-t-il rester de la Serie A ?

Avec les départs de Zlatan et Thiago Silva vers le PSG, les départs de Borini, Lavezzi, Forlán, Nesta, Del Piero, Seedorf, une vraie question se pose : qui va encore jouer en Serie A la saison prochaine ?

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C'est l'expression à la mode dans les médias transalpins. « Nos clubs renflouent les caisses. » D'accord. Renflouer les caisses en vendant des joueurs, c'est bien. Mais ne serait-ce pas là un cache-misère ? Un peu, si. La Serie A perd petit à petit ses champions, tout le monde s'en rend compte, mais chacun essaie de faire l'autruche pour faire croire que « non, en fait, il reste encore Cavani et Pirlo, donc ça va » . Mouais, ça ne va pas vraiment, en réalité. L'an dernier, déjà, on avait regretté les départs de Pastore et d'Alexis Sánchez, même si l'Italie avait accueilli, en contrepartie, des Klose, Forlán, Vidal et Lamela. Mais cette année, l'exode a l'air encore plus conséquent et vient s'ajouter à une vague de départs « en retraite » . Nesta et Di Vaio qui se tirent au Canada, Gattuso en Suisse, Seedorf au Brésil, Del Piero et Inzaghi on ne sait pas encore où : cela fait une sacrée génération de champions qui s'en vont finir leur carrière ailleurs. Ça aussi, c'est un peu nouveau, comme phénomène. Jamais Paolo Maldini ne serait allé disputer ses derniers matches ailleurs qu'à Milan. Roberto Baggio, lui, a terminé à Brescia. Plus tôt, les Rivera, Boninsegna et Boniperti ont tous parachevé leur œuvre en Italie. Aujourd'hui, non. La tendance veut que, pour bien finir, il faut finir ailleurs. Le problème, c'est que pour bien commencer, il faut aussi commencer ailleurs. Et ce ne sont pas Borini, Verratti ou Giuseppe Rossi qui diront le contraire.

Verratti, Cavani et Messi

Il y a, en réalité, deux problèmes en un, qui sont à la fois distincts et liés. D'une part, il y a le fait que l'Italie compte de moins en moins de joueurs italiens. Pour la première fois dans l'histoire de la Serie A, les joueurs étrangers ont joué plus que les joueurs italiens lors de la saison qui vient de s'écouler. Pour la saison qui se profile, 47% des joueurs seront étrangers, pour un total d'environ 370 joueurs, sur quelque 790 professionnels de Serie A. Ce chiffre est en constante augmentation, il était de 43% en 2011, 40% en 2010 et 38% en 2009. Bref : les clubs vont chercher des pépites de 19 ou 20 ans au Brésil, en Argentine, en Colombie ou en Slovénie, et oublient totalement le vivier national. Récemment, un cas fait débat en Italie : celui du jeune Poli. Le joueur, récupéré par l'Inter l'été dernier, a fait une très bonne saison et mériterait largement d'être confirmé pour l'exercice à venir. Mais les dirigeants de l'Inter tardent à négocier son contrat, préférant se concentrer sur l'éventuelle arrivée du Brésilien Lucas. À ce rythme-là, dans deux semaines, Poli signera à Newcastle, tout comme l'avait fait Santon, ou comme l'a fait Fabio Borini vendredi dernier à Liverpool, alors qu'il a réalisé une excellente saison à la Roma et qu'il aurait pu largement progresser avec Zeman. Quant à Verratti, plutôt que de grandir à Pescara ou à la Juve, il a préféré rejoindre Ancelotti à Paris.


L'autre problème, c'est que les grands joueurs, italiens et internationaux, quittent petit à petit l'Italie. Depuis l'arrivée des Qataris, Leonardo a déjà chipé huit joueurs à la Serie A, et non des moindres. Le départ de Zlatan et Thiago Silva, en soi, fait mal. Car les deux joueurs du Milan AC font clairement partie de la caste des meilleurs joueurs du monde. Or, les meilleurs joueurs du monde, où jouent-ils actuellement ? Au Barça, au Real Madrid, à Manchester United, à Chelsea, à Manchester City, au Bayern Munich. Et maintenant, au PSG. L'an dernier, Alexis Sánchez est parti au Barça, Pastore au PSG et Eto'o à l'Anzhi. En Italie, qui appartient encre au top du top du football mondial ? Pirlo et Buffon, oui. Cavani, oui - et encore, on parle de lui en Angleterre. Peut-être encore Milito et Sneijder, même si le deuxième est loin de son niveau d'il y a deux ans (et qu'il est courtisé par l'Anzhi). Mettons aussi Totti pour les romantiques, Boateng pour le kif et Klose pour la carrière. On reste loin de Messi, Iniesta, Cristiano Ronaldo, Rooney, Yaya Touré, Agüero, Falcao. Et Zlatan. Et Thiago Silva.

Challenge sportif, mon cul, oui !

Alors, quelle est donc la conclusion de cette analyse ? On fait comme si de rien n'était ? On continue à affirmer qu'il y a toujours autant de bons joueurs en Italie, que le football est fait de cycles et que les grands joueurs vont finir par revenir ? Milan va acheter Tévez avec les sous récoltés par les ventes de ses joyaux, et tout ira mieux ? Un peu facile. Il faudrait plutôt un signal fort pour montrer que la Serie A ne fascine pas que les jeunes Brésiliens de 20 ans que l'on annonce tous comme les futurs Ronaldo. Un Van Persie à la Juve, par exemple, un Neymar à l'Inter, ou un Luis Suárez au Milan AC. Des vrais coups, des preuves que le temps où Batistuta, Ronaldo et Vieri enchantaient la Serie A ne semble pas dater de Mathusalem (sans aucun rapport avec le joueur de la Lazio, hein).

Le souci est évidemment (mais pas seulement) économique. Aucun investisseur étranger n'a encore osé poser le pied en Italie. Il y a bien l'Américain Di Benedetto à la Roma, mais ses moyens sont loin d'être aussi faramineux que ceux des Qataris du PSG ou des Émiratis de Manchester City. Car finalement, la solution est peut-être là. Les grands joueurs choisissent désormais leur club pour deux choses. L'argent et les trophées. Et que l'on ne parle pas, comme essaient de le faire Drogba et Eto'o, de « challenge sportif » . Challenge ou pas, Eto'o ne serait jamais parti à l'Anzhi si on lui avait proposé le même salaire qu'à l'Inter. Aucune discussion possible là-dessus. Or, en Italie, personne ne peut actuellement rivaliser avec ce que proposent City, Chelsea, le PSG, le Real ou le Barça. La preuve : le joueur le mieux payé de Serie A était jusqu'ici Zlatan. Désormais, il s'agit de Buffon, Sneijder et De Rossi, qui gagnent tous 6 millions d'euros par an. Ibra en gagnera plus du double à Paris. Bon... Bah, au moins, on n'a qu'à dire que l'Italie sera réglo lorsque le fair-play financier sera en vigueur. Youpi ?



Eric Maggiori
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c'est bon, c'est ça, vendez tut. et faudra pas venir pleurer après.
Que va-t-il rester à la série A ? Taye Taiwo, c'est déjà ça.
nikowenji Niveau : DHR
Il renaîtront de leurs cendres!
nikowenji Niveau : DHR
Maldini n'aurait jamais fait son dernier match ailleurs qu'à Milan, mais Milan n'aurait jamais viré Maldini si celui-ci voulait encore jouer!

La direction actuelle n'a pas eu autant de classe avec Del Piero
une juve surmotivee a idée d aborder la ldc.
Abderrahmane_h Niveau : Loisir
Vous avez peut etre oublier que on italie on les fabrique les stars on les achetes pas et Zizou est la pour le confirmer
Dendecuba Niveau : CFA
J’ai sorti mes mouchoirs et j’ai pleuré à chaudes larmes devant ses lignes. Non sérieusement le Calcio est loin d’être en danger. Ils ont bien raison de vendre des joueurs à un très bon prix, d’axer le recrutement sur les jeunes issus du monde entier (économiquement parlant, un joueur coutera toujours moins cher en Italie qu’en France en comparant le niveau d’imposition) sans oublier les centre de formations derniers cris du Milan et de la Juve. Bref comme dit nikowenji , ils s’en relèveront et comment on dit déjà ? Ah oui reculer pour mieux sauter.
Joshua_is_a_tree Niveau : CFA
Clin d'oeil de la vie, après avoir pillé le championnat de France dans les années 90/00 c'est à son tour de se faire pillé par la L1 (plutôt le PSG).
C'est très triste !

La Serie A était pour moi le championnat avec le plus de charme (c'est très subjectif, bien sûr).

Ceux qui prédisent une renaissance sont bien optimistes: Les jeunes prometteurs partent (Pastore, Balotelli...), les stars au sommet de leur carrière partent (T. Silva...), les vieux qui pourraient encore rendre de bons services partent...

Et allez, tant qu'on y est: les stades sont pourraves, le classement UEFA en chute libre, pour moins de places en coupe d'Europe...

Trop triste...
L'article semble occulter l'arrivée de Bacaye Traoré au Milan AC.
Les clubs italiens ne pourront plus rivaliser tout simplement parce que leurs proprios ne veulent plus vivre à crédit et gagner un peu d'argent. Les cons*.
nikowenji Niveau : DHR
J'aime quand tu me cites Dendecuba!
Ca fait des années que la Série A souffre. La victoire de l'Inter en Ligue des Champions avec un Mourinho d'anthologie, là est le véritable cache-misère de clubs italiens qui ont de plus en plus de mal à se frayer un chemin en Ligue des Champions.

Stades pourris, supporters violents, racisme dans les stades, exode des grands joueurs, incapacité à faire confiance aux jeunes... Mais avant de résoudre ces problèmes, il faut avoir conscience de leur existence. Et c'est justement là le drame du football italien : aucune prise de conscience. Fédération, présidents, tous ou presque préfèrent botter en touche et nuancer les actions prises dans les autres championnats pour résoudre ces mêmes problèmes.

J'aurais pensé qu'avec l'arrivée de Prandelli à la tête de la sélection, les choses bougeraient, mais pour l'instant, hormis la Juventus qui possède son propre stade et se prépare à un cycle vertueux, et l'Udinese dont le modèle économique est incroyablement rentable, sans que ça impacte trop les performances sportives (pour un club de cet acabit).
"Bah, au moins, on n'a qu’à dire que l’Italie sera réglo lorsque le fair-play financier sera en vigueur."

C'est vrai ça? Les clubs italiens ont-ils des comptes sains à l'image d'un Arsenal ou d'un Bayern, si ce n'est moins pire que les Real, Barça, ManU, etc. ?
@nikowenji,

Del Piero allait être renouvelé pour 2 ans avec proposition d'intégrer le staff du club ensuite quand il a donné son interview télé où il mettait la pression sur le club. Les négociations se sont arrêtées là.
Par ailleurs, faire allusion à la fin de carrière de Maldini au Milan comme d'un exemple montre que tu as des problèmes de mémoire...
@LBTeam, les comptes des clubs italiens ne sont pas sains du tout. Déjà en 2005, il y a eu une loi spéciale appelée "sauve dettes" parce que les clubs pro étaient sur le chemin de la faillite. Tous sauf 2, l'Udinese et la Juve dont les comptes étaient équilibrés.
Aujourd'hui Udinese, Juve, Roma, Lazio et Naples sont à des degrés divers bien ou sur le bon chemin et à l'opposé Milan, Inter, Genoa sont mal ou très mal.
Leur endettement est moindre que les clubs anglais ou espagnols mais le modèle économique ne tient pas.
Trap: Merci pour cette réponse étayée. J'imaginais aussi que l'Italie n'était pas au mieux face au fair-play financier.
J'ai un problème avec cette vision de déclin au regard des départs des joueurs de Serie A.
Ok des grands joueurs partent mais l'interprétation me gêne. J'ai l'impression qu'il y a vraiment de la schizophrénie des journalistes. On a clairement en Italie la volonté de ne plus dépenser des sommes folles pour recruter afin de se conformer au fairplay financier. Est ce un mal? Alors d'un côté on critique les clubs qui sont endettés, et qui raflent tous les trophées.
Je pense au contraire qu'on devrait encourager ce type de comportement et surtout attendre d'avoir la réponse sur le carré vert. Car j'en ai un peu marre de voir émerger de presque nulle part des dream team avec les sousous de je ne sais quel riche propriétaire.
Et puis personnellement, je préfère de loin voir les quelques pépites qui ne demandent qu'à éclore: je pense à Muriel(Udinese), Ramirez(Bologne), Coutinho(Inter) ou Vargas(Napoli) plutôt que les hurlements de Stéphane GUY devant un Man City - QPR...
@Garricha, bien beau pseudo.
Tu as raison et j'ai même tendance à penser que la fin des "mécènes" italiens marque le début d'un nouveau système. Le foot n'échappera pas à la crise financière. Combien de clubs pro dans le football et en face combien de milliardaires pour les acheter ? Jusqu'ici un seul en L1, 0 en Serie A, 1 en Liga... Ce n'est pas avec eux que l'économie du foot va tourner, c'est juste l'écume des vagues.
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