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Que se passe-t-il à la Lazio ?

Un entraîneur viré, un autre qui débarque alors même qu'il était encore sous contrat en Croatie, un président plus que jamais contesté, un centre d'entraînement saccagé par les supporters et un déplacement en forme de dernière chance sur la pelouse de Parme, dimanche. Mais bon sang, que se passe-t-il donc à la Lazio ?

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Le 9 février dernier, Edoarda Reja s'est réveillé calmement sur l'île de Brac où le Hajduk Split, qu'il entraîne depuis son départ du Napoli 2009, est en stage. Il a pris un espresso au bar de l'hôtel, a dirigé un entraînement le matin, un autre l'après-midi, a résilié son contrat, et a salué chaleureusement joueurs, dirigeants et supporters. Puis il a pris un bateau jusqu'à Spalato où l'attendait une voiture. Direction Trieste, puis Rome pour s'engager avec la Lazio. La journée avait été un peu moins douce dans la ville éternelle : mille supporters avaient manifesté leur mécontentement à Formello, le centre d'entraînement du club. Intervention des CRS locaux, six blessés, onze arrestations. Et des joueurs obligés de s'entraîner dans un gymnase.



Un centre d'entraînement à feu et à sang, donc, une toute récente humiliation contre le Catania à domicile, et une 18ème place, celle du premier relégable, avec 22 points. Non, Eddy Reja n'a pas le temps de cogiter et le match d'aujourd'hui, sur la pelouse de Parme, est d'ores et déjà décisif. Dans l'urgence, il a concocté un premier entraînement des plus simples : un match, onze contre onze, avec un 3-5-2 pour les deux équipes. Son deuxième entraînement a été consacré, peu ou prou, à la même chose : travail tactique et match avec le même module. Le fameux 3-5-2 avec lequel jouait le Napoli, son Napoli, celui qu'il a fait grimper de la Serie C à l'élite.


Edy a du caractère, a fait des miracles à Naples, exerce le métier depuis 1979 et commence donc à avoir du vécu. Sa dernière expérience avec l'Hajduk Split a été un succès (il a amené le club de l'avant-dernière place à la zone qualificative pour l'UEFA ainsi qu'en demi-finale de la coupe nationale), bref, pourrait être l'homme de la situation.


Problème : d'abord, beaucoup considèrent que ce changement d'entraîneur intervient trop tard. Ensuite, qu'il ne suffira pas à bouleverser les choses. Car au vrai, un homme est tout désigné par les observateurs –mais aussi par les supporters– comme responsable du désastre actuel : le président Claudio Lotito, une sorte de génie du mal doté d'un sens de l'humour bien à lui. De l'avis de tous, Lotito n'a jamais rien compris au football, ni au sport en général. Mais voilà, un peu pour son ego, et un peu pour la déconne, il a toujours mis un point d'honneur à mettre son nez dans le secteur sportif.



Comme si de rien n'était, il a déclaré que le nouveau Mister aurait carte blanche. Une grande nouveauté, évidemment. Car son prédécesseur, Davide Ballardini, ne bénéficiait pas d'un tel luxe et voyait régulièrement son président intervenir dans son travail. C'est d'ailleurs l'une des choses qu'on a reprochées à Ballardini : accepter sans mot dire tous les caprices de Lotito, qui pour se sauver sa poire a décidé de le sacrifier en lui mettant sur le dos toutes les erreurs dont il était en fait responsable. Pour les observateurs, c'est la goutte de trop. Même le directeur de Tutto Sport a pris sa plume pour demander le départ du président de la Lazio.



Loin de toutes ces considérations, Edy Reja s'installe sereinement. Lorsqu'il entraînait le Napoli de 2005 à 2009, l'homme avait modestement dormi pendant quatre ans dans la même chambre de l'Holiday Inn de Castel Volturno, en face du centre d'entraînement. Selon certains journalistes italiens, il aurait déjà jeté son dévolu sur un hôtel de Formello où il aurait solitairement peaufiné la tactique à adopter contre Parme. Les supporters, eux, par crainte de débordements, n'ont pas reçu l'autorisation de faire le déplacement.

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